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de croix que l'on jette sur ses épaules ensanglantées, cloué sur cette croix, Pour y endurer les plus épouvantes tortures durant une agonie de trois heures, abreuvé de fiel et de vinaigre, son sang s’échappant goutte à goutte de ses plaies cruelles, Jésus est bien véritablement le grand lépreux, l'homme de douleur, en qui il n’est pas, de la tète aux pieds, un endroit de son corps qui soit testé sain et sans douleur et échappe à la cruauté du sup- Plice. Il a vraiment pris sur lui toutes les infirmités humaines et sur le gibet où il expire, il s'élève au-dessus de l'humanité souffrante pour lui offrir le double modèle à da douleur qui gémit, et à l’amour qui la soulage. Grâce à Jésus-Christ, désormais dans le monde, comme la pauvreté et le travail, a souffrance acceptée par un Dieu, subie par dui, sera secourue en son nom et Jésus lui-même récompensera à da fois ceux qui souffrent pour
lui, et ceux qui pour son amour vont à la souffrance
pour l'aider et la guérir. Et rien ne résume mieux cette pensée que le spectacle offert si souvent parmi nous dans la demeure d’un malade où, en entrant on aperçoit deux crucifix, d’un dans les mains de celui qui souffre,
l'autre dans celles de la religieuse qui le soigne et le console,
À l’époque où Jésus Parait sur la terre, l'humanité courbée sous une loi qui ne connait que la rigueur de ses préceptes sans y joindre les adoucissements de la miséricorde, est tourmentée en elle-même par ce jeu de toutes les passions qui naissent spontanément de l’égoisme le plus implacable, Ceci se traduit dans la vie publique Par l'exercice d’une autorité qui prétend faire régner la justice en ignorant la Charité; dans !a vie privée par la lutte incessante et morbide des intérêts personnels, écartant toute pitié et tout ménagement, c'est la Guerre in-
testine en permanence. La fraternité des peuples et la Communion des âmes sont des choses inconnues. Quel remède Jésus apporte-t-il à la misère morale et par quel bienfait rétablira-t-il dans de monde l'ordre troublé par le péché? Ici encore nous allons voir à l'oeuvre la tendresse du coeur divin.
Jésus apporte une loi toute nouvelle, Quel est le premier commandement ? C'est l'amour de Dieu, ceci ne
souffre aucune replique. Quel est le second ? Vous
aimerez votre prochain comme vous-mêmes pour l’amour de Dieu. Et qui est mon prochain ? Tout le monde sans exception. Voilà qui renverse toutes les notions acceptées jusqu'à ce jour. Mais alors quelle en est la conséquence générale: Ne faites pas À autrui ce que vous n'aimeriez pas que l’on vous fit à vous-mêmes ; faites lui au contraire ce que vous aimeriez que l'on vous fit. Cette règle est universelle. Voyons en l'application pratique.
Voici une malheureuse pêcheresse. Elle doit être lapidée, la loi est formelle, il faut l'exécuter. Que celui d'entre vous qui est sans péché, dit Jésus, lui jette la première pierre. En entendant cette parole, tous se dispersent lentement. Jésus demeura seul avec la femme qu'il renvoie en lui disant: va et à l'avenir ne pèche plus.
Il a été dit: Oeil pour oeil e dent pour dent. C'est la loi de la vengeance, chacun pouvait la suivre, Et moi je vous dis au contraire: Si quelqu'un vous frappe sur
la joue droite, présentez-lui l’autre joue. On vous a dit:
Vous haïrez votre ennemi ; et moi: aimez vos cnnemis,
faites du bien à EUX qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous Persécutent et vous calomnient, Ne gardez Point de rancune. Avant de rentrer dans ie temple et de faire votre offrande, allez d’abord vous réconcilier avec votre frère. Cessez de vous dire des in jures, de soupçonner le mal à tout Propos, de vous juger et de vous condamner les uns les autres, de vous mépriser, de vous calomnier, Ne cherchez point 1a paille dans l'oeil de votre frère, sans voir la Poutre qui est dans Je vôtre, N’ambitionnez point les Premières places, Pratiquez l'humilité. Ne soyez pas jaloux du bien que possède ou que peut faire votre Prochain, Et pour tout dire en un mot : aimezvous les uns les autres, c’est là mon esprit et mon coeur, c'est là ce qui doit être désormais Je Principe et la règle de ia vie sociale.
C'est l'enseignement du Christ, en voici les actes. Pour donner dans sa personne au monde entier l'exemple sublime de tout ce qu'il a prêché, il a voulu, semblet-il, condenser en lui-même, comme Pour la douleur physique, tout ce que des hommes dans leur méchanceté peuvent faire endurer moralement à leurs semblables. Le
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voici en butte au SOUpÇon, aux injures, aux faux rap- Ports, aux insultes, à la persécution, à tous les outrages, On l’accuse de Profaner le sabbat, de faire des prodiges au nom du démon, d’exciter Iles siens à refuser l'impôt, de soulever Je peuple contre les autorités légitimes, de fomenter les séditions, de prétendre à la royauté, de se dire le Fils de Dieu. Renié, trahi, vendu, abandonné par ses disciples les plus chers et les plus intimes, on lui préfère le plus infâme des criminels, on le traite comme un insensé, comme un roi de théâtre, on le livre en pâture à 4 curiosité populaire, on couvre ses épaules d'un manteau de moquerie, on le force à Porter dans sa main en guise de sceptre un roseau, on jette sur sa tête une sen-
tence de mort. Au milieu des plus épouvantables blas-
Phèmes et d’une Populace en délire, on le conduit au supplice. Jusque sur la croix, lui refusant toute pitié, on l’accable de Sarcasmes, On lui lance des défis, on se moque de ses douleurs, ses Compagnons de supplice euxmêmes ne l’épargnent point et l’un d'eux persiste jusqu'à la fin dans ses insultes. Sous ses yeux, au pied du Sibet, des soklats, en se jouant tirent au sort {a robe sans
Couture, tissée jadis par l'amour maternel. Est-il donc une souffrance morale qu'on lui ait épargnée ! Et pour Sa Consolation, il a la vue de sa mère qui pleure et qui Partage ses humiliations et ses douleurs.
O Jésus! vous qui êtes Dieu et Tout-puissant, vengez- Vous Sur ce peuple ingrat qui oublie vos bienfaits, chàtiez ces méchants dont la haine s'épuise contre votre Personne sacrée, Mais non, attendez, Jésus qui s’est fait la souffrance pour là diviniser, se fait Maintenant Je Pardon pour Je sanctifier. Il ne répond :ien, ni aux juifs, ni aux bourreaux, ni au mauvais larron. La parole qui tombe de ses lèvres exprime la charité qui remplit son coeur, et pardessus tous ces Outrages, toutes ces insultes, toutes ces abominations dont on l'abreuve, elle fait entendre un mot nouveau: Père, pardonnez-leur, Parce qu'ils ne savent ce qu'ils font. Oui, il prie, il s'adresse à son Père, il demande le pardon, il en donne le motif, c’est la Supplication de son Coeur divin, cherthant une excuse jusque dans le crime de ceux qui le font mourir, Et par là, il confirmait pour l’humanité tout entière la grande leçon, qui est en même temps un
grand bienfait, qu'il avait auparavant donnée à ses apôtres en leur dictant la prière qui doit être désormais sur les lèvres de tout disciple du Christ : pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés.
La grande loi de l'amour et du pardon était promulguée.
Jésus-Christ est venu sur la terre pour sauver ceux qui étaient voués à la perdition. Durant toute sa vie mortelle, il a préludé, par des actes nombreux d’une bienfaisance toute spirituelle, à la consommation de son oeuvre qui devait s'effectuer sur la croix: Je suis venu pour les pécheurs et pour le salut. Et si sa tendresse s'exerce sans relâche à l'égard des détresses physiques et des misères morales, elle pénètre plus avant dans les âmes pour atteindre la racine même de ces maux dont souffre le monde, et qui ne sont que la faible image d’un mal beaucoup plus grand et beaucoup plus effroyable, Puisque par lui l'homme est séparé de son Dieu, et qu'il
est devenu l'objet de sa juste colère, exposé à ses étcr-
nelles vengeances. Aussi voyons-nous, qu’en faisant ces
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miracles qui guérissent les corps, ou en livrant ses préceptes qui doivent ramener un peu de douceur et de joie dans les relations humaines, il veut qu'on aperçoive en lui le grand guérisseur des âmes, et celui qui doit rattacher par une expiation Suprême l'humanité à son Créateur et l’homme à son Dieu.
Allez et ne péchez plus. Votre foi vous a sauvé, AÀ cette femme il sera beaucoup pandonné parce qu’elle a beaucoup aimé. Ecdrtez les vaines solicitudes qui vous assujettissent aux choses de ce monde. Assurez-vous des trésors pour le ciel. L'enfant prodigue peut être encore accueilli par le père de famille, les ouvriers d: la onzième heure seront payés comme les autres, faites de dignes fruits de pénitence. Ne Craignez point ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme, mais craignez plutôt celui qui peut perdre en enfer et le corps et l'âme. Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à pendre son âme. Une seule chose est nécessaire c'est le salut, Je suis venu vous l’offrir et l'opérer pour vous. Ses enseignements sont Pressants, ils communiquent l'espoir, la joie, le Courage. C'est donc qu'il est
PU es
encore possible à l'humanité déchue de reprendre son rang et ses destinées. C'est donc que le ciel si longtemps fermé peut encore s'ouvrir pour elle. C'est donc que Dieu peut encore être appaisé dans sa colère, satisfait dans sa justice et détourné de la vengeance,
Oui, et c'est Jésus lui-même qui en donne la pleine assurance. Et le peuple le comprend. La pensée des fins dernières et de la vie éternelle devient sa préoccupation : Seigneur, que faut-il Pour renaitre à la vie, pour obtenir le bonheur du ciel? lui demande-t-on. Mais la condition essentielle au salut du monde et dont le monde ne se doute point, c’est qu’une victime soit offerte, assez noble, assez pure, assez sainte, assez libre pour présenter l'expiation parfaite qui puisse par ses mérites combier l’abime creusé par le péché. Ii fallait quelqu'un qui püt à la fois tenir de Dieu et de l'homme, il fallait l'Homme-Dieu, et que, par le parfait cor ientement donné à la plus parfaite immolation, il püt exiger de son Père le pardon de ses frères. Et c’est là son bienfait suprême.
‘S'adressant à son Père: vous n'avez point voulu d’hos-
tie, ni d’oblation, mais vous m'avez formé un corps : me voici, je viens Pour faire votre volonté. Et c’est cette volonté qui nous a sanctifiés par l'oblation du corps de Jésus-Christ, c’est-à-dire par sa Passion et par sa mort. Le bon pasteur, avait-il dit, donne sa vie pour ses brebis. Je donnerai la mienne, Il n’est point de marque plus réelle et plus grande de l'amour que celle qui consiste à se sacrifier Pour ceux que l’on aime. Je me sacrifierai. Je serai votre! médiateur, Et Jésus s’est donné. En vertu du Pacte divin, àl a pris sur Jui toutes les iniquité des hommes, comme il avait voulu en subir toutes les douleurs et toute la malice, Pour les racheter, il faut qu’il soit maintenant Ja victime, qu’il soit immolé à la place du coupable, mais avec toute la rigueur qui doit châtier le pécheur lui-même. C'est dans son agonie, effondré sur la pierre, dans l'obscurité de la nuit, que se produira cet étrange et divin Phénomène : celui qui n'avait jamais connu le péché devient, sans la faute, le péché lui-même, pour en Porter le châtiment et ce châtiment est épouvantable,
La terreur, l'ennui, la tristesse s'emparent de l’âme
encore possible à l'humanité déchue de reprendre son rang et ses destinées. C'est done que le ciel si longtemps fermé peut encore s'ouvrir pour elle. C’est donc que Dieu peut encore être appaisé dans sa colère, satisfait dans sa justice et détourné de la vengeance,
Oui, et c'est Jésus lui-même qui en donne la pleine assurance. Et le peuple le comprend. La pensée des fins dernières et de la vie éternelle devient sa préoccupation : Seigneur, que faut-il pour renaitre à la vie, pour obtenir le bonheur du ciel? lui demande-t-on. Mais la Condition essentielle au saltit du monde et dont le monde ne se doute point, c’est qu’une victime soit offerte, assez noble, assez pure, assez sainte, assez libre pour présenter l'expiation parfaite qui puisse par ses mérites combler l’abime creusé par le péché, Il fallait quelqu'un qui püt à la fois tenir de Dieu et de l'homme, il fallait l’Homme-Dieu, et que, par de parfait consentement donné à la plus parfaite immolation, il pût exiger de son Père le pardon de ses frères. Et c'est à son bienfait su:
prême.
S'adressant à son Père: vous f’avéz point voulu d'hos-
tie, ni d’oblation, mais vous m'avez formé un corps : me voici, je viens pour faire votre volonté. Et c’est cette volonté qui nous a sanctifiés par l’oblation du corps de Jésus-Christ, c'est-à-dire par sa Passion et par sa mort. Le bon pasteur, avait-il dit, donne sa vie pour ses brebis. Je donnerai la mienne. Il n’est point de marque plus réelle et plus grande de l'amour que celle qui consiste à se sacrifier Pour ceux que l’on aime. Je me sacrifierai. Je serai votre’ médiateur. Et Jésus s’est donné. En vertu du pacte divin, ël a pris sur Jui toutes les iniquité des hommes, comme il avait voulu en subir toutes les douleurs et toute la malice. Pour les racheter, il faut qu’il soit maintenant la victime, qu’il soit immolé à da place du coupable, mais avec toute la rigueur qui doit châtier le pécheur lui-même. C'est dans son agonie, effondré sur la pierre, dans l'obscurité de la nuit, que se produira cet étrange et divin Phénomène: celui qui n’avait jamais connu le péché devient, sans la faute, le péché lui-même, Pour en porter LL : 1îtiment et ce châtiment est épouvantable,
‘La terreur, l'ennui, la tristesse s'emparent de l’âme
de Jésus. La vue parfaite de fa majesté divine outragée et du malheur affreux qui pèse sur l'humanité pécheresse pénètre jusque dans la moelle de ses os. La vision de tant de crimes commis par toutes les générations et s'ajoutant à la prévarication originelle, se transforme Pour lui en une sorte de lapidation morale, sur son âme tombant comme une lave pestilentielle le torrent des iniquités humaines. I] voit tout, il accepte tout. I] est écrasé sous le poids de toutes ces iniquités dont il est Maintenant justiciable. I] a revêtu la malédiction comme un vêtement de feu, il est comme au sein des souffrances même de l'enfer. Toute consolation lui est, pour un moment, retirée ; il boit le calice jusqu’à la lie, ayant accepté d’être victime pour ses frères, il faut qu'il aille à travers la plus douloureuse passion, jusqu’à la croix, jusqu’à le mort.
En mourant, il remet lui-même victorieusement, son âme de Rédempteur. entre les mains de son Père. L’expiation est accomplie, la rançon est payée, le monde est
racheté, Jésus avait consommé son oeuvre en accordant au monde son bienfait suprème. .....
À lui soit gloire dans tous les siècles des siècles.
ÉFERE
sas, 2!
2 met Ve om