‹ Les tendresses du Sacré-Cœur de Jésus [microforme]Chapitre 6 sur 12 · LE · texte numérisé non relu

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sant que moi. Je ne suis pas digne de porter ses sandales. ni me prosternant à ses pieds, de délier la courroie de ses souliers ; celui-là c'est dans l’Esprit-Saint et dans le feu qu’il vous baptisera.

Et cependant Jésus vient à Sa rencontre au bord du Jourdain. Il requiert de iui le baptême, Mais, dit Jean, c'est moi qui ai besoin d'être baptisé par vous et c'est Vous qui venez à moi. Laissez-moi faire, reprend le Sauveur, pour l'heure présente c’est ainsi qu’il faut que nous accomplissions toute justice. Quelle humilité de Part et d'autre et quelle gloire commune !

Mais ils vont parler l’un de l'autre, et voyez comment ils s'expriment: Au milieu de vous, dit le précurseur, il en est un que vous ne connaissez point... Voici l'agneau de Dieu... Je vu l'Esprit descendu du cicl sous la forme d’une colombe et se reposer sur lui... Je témoigne qu’il est le Fils de Dieu... Je ne suis pas le Christ, mais j'ai été envoyé devant lui... Et puisqu'il est venu, je n'ai qu’à disparaître, pendant que lui rayonnera de plus en plus. Et Jésus dit de Jean: Qui êtes-

vous allés voir dans le désert ? Un roseau agité par le

M peser

vent ? Qui êtes-vous aller voir ? Un prophète ? Oui je vous le dis, et plus qu’un prophète. Parmi ceux qui sont nés de la femme, il n’en est point de plus grand que Jean-Baptiste. Est-il rien de plus touchant, même à Prendre ce récit dans le sens simplement historique et humain. Deux arnis qui travaillent à la même oeuvre et qui se rendent ainsi mutuellement témoignage dans les limites de la vét té, mais avec toute la sincérité d’une affection sans réserve. Voilà ce que l'amitié nous offre de plus beau sur la terre.

Plus tard Jésus apprendra la mort de Jean, son prophète, victime du libertinage et de la cruauté d'Hérode, et il déclarera vouloir s'éloigner du pays auquel s’attache le souvenir de ce crime. Et ne serais-ce pas ce même souvenir qui vient émouvoir Jésus quand il reproche à Jérusalem de tuer ses prophètes, et qu'il se laisse aller jusqu'à verser les larmes de son coeur sur cette villecoupable.

Dans les deux circonstances les plus glorieuses de sa vie, Jésus se complait à parler de Jean. Après sa Trans-

figuration sur le Thabor : Jean, dit-il, étair une lampe

de 4 a arr nd;

ardente et brillante, et au jour même de son Asceasien : Jean a baptisé dans l'eau; vous serez sous peu de jours baptisés dans l'Esprit-Saint, C'est avec le souvenir de son Précurseur que Jésus termine sa vie terrestre.

Nous avons ici assurément l'amitié la plus vraie dans toute sa noblesse et sa divine beauté.

Continuons sous ce même aspect l'étude du coeur de Jésus. Notre-Seigneur s’acheminait un jour vers Jéru- Salem. Il était entouré de ses disciples. On lui apporte un message. C'est Marthe et Marie, la même qui avait jadis répandu des parfums sur ses pieds et les avait essuyés avec ses cheveux, qui lui envoient dire: Seigneur celui que vous aimez est malade. Jésus répond : Cette maladie n'est pas pour la mort, mais pour la gloire de Dieu afin que de Fils de Dieu soit glorifié par elle, Or Jésus aimait Marthe et sa soeur Marie et Lazare, leur frère malade. Cependant, il attend deux jours. Puis il dit: Lazare notre ami dort. Les disciples ne comprennent point. Il insiste. Lazare est mort. On

s’achemine vers Béthanie. Lorsque Jésus arriva, on tui dit que Lazare était dans le tombeau depuis quatre jours.

Beaucoup de juifs s'étaient rendus près de Marthe et de Marie pour les consoler de la mort de leur frère. Seigneur, dit Marthe à Jésus, si vous eussiez été ici, mon frère ne serait pas mort, mais je sais que maintenant encore, tout ce que vous demanderez à Dieu, Dieu vous l'accordera. Jésus lui répond: Ton frère ressuscitera.… Marthe entre dans la maison et dit à sa soeur : le Maitre est là et il t’appelle. A ces mots Marie se leva aussitôt et alla vers Jésus. # Les juifs disaient, elle va sans doute pleurer au tombeau. Arrivée à l'endroit où se tenait Jésus, elle se jeta à ses pieds. Seigneur, dit-elle, si vous eussiez été ici, mon frère ne serait pas mort. En la voyant pleurer, en voyant les juifs qui l'accompagnaient pleurer avec elle, Jésus frémit en son esprit et se troubla lui-même. Où l’avez-vous mis ? demanda-t-il. Seigneur, venez, et voyez. Et Jésus pleura. Voyez comme il l’aimait, dirent alors les juifs. Et Jésus, frémissant de nouveau en lui-même, alla jusqu'au sépulcre et rendit la vie à Lazare. Jésus se montre donc ici à l'égard d’une famille, et plus particulièrement de l’un de

ses membres, rempli d'une affection très spéciale et dans

laquelle il se laisse aller aux plus nobles et aux plus saintes émotions humaines. C’est l'ami plein de com- Passion, que la pitié émeut jusqu’à le faire pleurer avec

ceux qui pleurent, partageant leur douleur et souffrant

avec eux. C’est l’ami généreux, qui use de tout le pou-

voir dont il dispose pour mettre la joie et le bonheur là où il n‘y avait que deuil et tristesse. C'est l’ami qui console, dont le dévouement, allant jusqu’à l'extrême, fait accomplir de prodige à la suite duquel sa mort à luimême sera définitivement arrêtée, C'est l'ami qui ne saurait attendre ou recevoir aucune autre récompense de ses bienfaits que la reconnaissance affectueuse de ceux à qui il les prodigue, Jésus fut-il payé de retour ?

L'Evangile lui-même reste muet sur ce point, mais la tradition nous apprend que la famille de Béthanie, messagère du Christ, vint apporter sur les rives de la Gaule l'Evangile de celui qui lui avait marqué tant d'amour, que Lazare lui-même subit le martyre pour son Maitre et son ami, disant fièrement au milieu des supplices : ressuscité par Jésus, je n'avais à vivre que pour lui, et

je n’ai plus rien à faire que de mourir pour lui. 1l ren-

dait ainsi à son ami divin, et pour le confesser devant les hommes la vie qu’il en avait reçue. Et Jésus en récompense le couronnait Ge sa gloire.

N'est-ce pas encore une amitié véritable qui existe entre Jésus et Pierre, son apôtre, amitié dans laquelle celui-ci, pour ne point parler du Sauveur, mit tout ce qu’il avait de Coeur, de sincérité et de fougue. Il avait répo: du au premier appel; il s'était, plus que tout autre, attaché aux pas de Jésus qui montait dans sa barque et l’aidait dans ses pêches. Un miracle avait été opéré dans sa demeure. Il avait reçu de son Maitre tous les témoi- &nages de l'affection jointe à la confiance, à ce point qu’il avait la promesse d'être le chef de ses frères et le fondement de l'Eglise. Pierre répondait à toutes ces avances par un attachement sincère, qu'il atteste en des termes dont de Sauveur doit caimer l’exaltation et l’enthousie-me. Il avait assisté à la transfiguration du Thabor et aux divers triomphes du Christ. Il avait toujours, plus que la plupart de ses frères, joui de l’intimité de son Maitre et de ses colloques personnels. Quoi de plus touchant que ce qui se passe au cénadie, alors

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que Jésus arrive à Simon Pierre avec un bassin rempli d'eau et un linge attaché à sa ceinture :

Seigneur, s'écrie Pierre, vous me laver les pieds... à moi !

Ce que je fais, lui dit Jésus, tu ne le comprends pas maintenant, mais plus tard tu le comprendras .

Non, proteste Pierre, jamais vous ne me laverez les pieds.

Si je ne te lave, tu n'auras point de part avec moi.

Alors Simon répondit : Seigneur, non seulement des pieds, mais encore les mains et la tête.

Ce que redoute Pierre, c’est évidemment d’être séparé de Jésus dont il accepte l’humiliant service.

Aussi quelques instants après, Jésus ayant dit aux

apôtres: où je vais vous ne pouvez venir. — Où allez-

vous donc, reprit Simon Pierre ? — Où je vais, répondit Jésus, tu ne peux me suivre présentement. Plus tard tu me suivras, — Et pourquoi, demanda Pierre, ne puisje vous suivre à présent? .. je donnerai ma vie pour vous... Avec vous, Seigneur, je suis prêt à aller et en

prison et à la mort. — Tu donneras ta vie pour moi. ©

Pierre, en vérité je te le dis, avant que le coq ait chanté deux fois, tà m’auras renié trois fois. Simon, Simon voilà que Satan a dertandé à vous passer au crible, à VOUS passer au crible comme du froment. Mais moi, j'ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille point, Et toi, une fois converti, soutiens et affermis tes frères. On le voit—Pierre est ardent. Ses protestations sont sincères, Jésus les acpepte. Hélas! il sait aussi Ja faiblesse de son ami, il prévoit sa chute, même il la prédit et semble la pardonner d'avance.

Au jardin des Olives, les trois disciples privilégiés Succombent au sommeil, c’est à Pierre que Jésus en fait un doux reproche: Simon tu dors. Ainsi vous n'avez pu veiller une heure avec moi. Et quand arrive la cohorte pour s'emparer de Jésus, c'est encore Simon Pierre qui, ayant une épée, la tire du fourreau, en frappe un valet du grand prêtre. Et Jésus le calme en lui disant : remets ton épée dans le fourreau. Mais Pierre avait jusque là donné, avec le témoignage multiple, la preuve de la sincérité de son attachement à son Maitre.

Et cependant Jésus est pris, chargé de chaines, et

trainé chez le grand prêtre au milieu de la foule en délire. Pierre s'y est aussi rendu, il est avec les satellites

et les valets, se chauffant autour du brasier, au milieu

de la cour. Une servante, le regardant bien en face, lui

dit: Tu étais avec Jésus de Gallilée — Femme, répond-il

je ne le connais pas... Je ne sais, je ne puis comprendre ce que tu dis. Pierre cherche à se dérober, va de la cour dans le vestibule, et une autre servante, s’écrie : Celui-ci était certainement avec Jésus de Nazareth. Un serviteur l’interpelle : Et toi aussi, tu es de ces gens là. Le coq chante. Les valets continuent à demander à Pierre: N'étais-tu pas de ses disciples ? Une seconde fois, il le nie avec serment : Non, vous dis-je, non, je ne connais aucunement cet homme. — Mais oui, assurément, tu es de la bande, car tu es de Gallilée, ton langage te trahit... Ne t’ai-je pas vu dans le jardin avec lui. — Pierre ajoute au serment les imprécations : Non, répétait-il, je ne connais pas cet homme-là, je ne sais ce que vous voulez dire. Et le coq chanta pour la seconde fois. Et Jésus que l’on venait de souffleter et qui savait

tout, sortait au même moment et rencontrait Pierre, cet

EP 7e

ami qui venait de lui ‘aire de si énergiques protestations de fidélité. Hélas ! lui qui avait dit avec trop de présomption, se Croyant plus fort que ses frères et ne redoutant aucun danger : Quand tous les autres se scandaliseraient à votre sujet, moi jamais je ne me scandaliserai.

Il a, peu d'heures après, lächement renié son Maitre. Sans doute, son Cœur protestait en lui-même contre cette parole que Prononcent ses lèvres tremblantes: je ne connais point cet homine, Mais l'affront en est-il moins sensible au Coeur de Jésus. Ce fut certainement l’une des plus grandes tristesses du Sauveur durant sa Passion si douloureuse, Qui pourra jamais concevoir ce qu’il y eut d'amertume dans le regard qu'il laissa tomber dans les yeux de Pierre en passant près de lui, mais sans lui adresser aucun reproche. L’ami le meitleur et le plus tendre était publiquement dédaigné par l'ami jusque-là le plus ardent et en apparence de plus sûr. Mais la faute si rave qu'elle püt être, n'atteignait pas cependant les profondeurs de l'âme. C’en était une de frayeur et de faiblesse, de présomption et d'imprudence, Elle

était aussitôt regrettée, elle devait être constumment pleurée et amplement expiée. Au repentir et aux larmes de son ami Jésus répondait sur le champ par la miséricorde et le pardon. Muni de grâces plus fortes, avec une humilité plus grande, Pierre pourra sans crainte renouveler ses protestations d'amour et cette fois, il y sera fidèle jusqu'à la fin. Prêchant la doctrine de son Maitre, avec un zèle et une constance dont rien ne saurait diminuer l'ardeur, cité devant le tribunal, battu de verges, jeté en prison, persécuté partout, il continuera quand même à parler de Jésus et de sa doctrine, déclarant qu'il ne peut s'arrêter de le faire. Et ainsi depuis les jours de da Pentecôte, jusqu’à la fin de 5: vie. Sa mort sera son triomphe, Condamné à la croix, comme Jésus, il sollicitera dans son humilité et au souvenir de sa défection la faveur d’être crucifié la tête en bas. Moi misérable pécheur, je ne suis pas digne de mourir comme mon Maitre.

Sa pénitence est accomplie sur la terre, «t la gloire

pour lui commence dans le ciel. En Judas, hélas! quel

contraste. Lui aussi avait reçu toutes les faveurs join-

tes aux marques d’une confiance toute Personnelle, L'hy pocrite s'empressait d’ailleurs extérieurement à tous les services. C'est lui qui voyait aux besoins matériels de Jésus et de ses disciples. Il sembla même parfois prendre, jusqu'à l'exagération, les intérêts de son Maitre, par exemple lorsqu'il dit en voyant Madeleine répandre ses arômes : pourquoi n’a-t-on vendu ce parfum au lieu de les perdre ainsi, on Pouvait en avnir trois cents deniers qu'on aurait donnés aux Pauvres. il disait ceci non qu’il s'inquiétait des Pauvres, mais parce que c'était un larron et qu'ayant ia bourse, il portait l'argent qu’on y mettait. L'avare se masque ici du ‘oile d’une fausse Charité, mais le vice qui doit le perdre est déjà enraciné dans son coeur.

Judas continue à garder toutes les apparences d’un dévouement véritable, mais dans ses loisirs, quand il peut s'échapper, il conspire avec les ennemis déclarés de Jésus. 11 parle et travaille contre lui. Mü par une une cupidité sordide il convient avec les princes des prètres de l'endroit, de l'heure, du signal, et surtout du prix

de sa trahison. Satan est entré en lui. Que voulez-vous

ne 2

me donner et je vous le livrerai ? La somme fut fixée à trente pièces d‘argent et dès lors Judas cherche une occasion favorable de livrer celui qu’il a vendu au prix d'un esclave. Lui-même est devenu un démon. A la dernière cène Jésus, qui connait le fond de son âme réprouvée, semble vouloir multiplier les avertissements, pendant qu'il est encore temps pour lui de revenir à son ami et à son Maitre. Vous êtes purs, dit-il, mais non pas tous... Il faut que s’accomplisse cetts parole de l'Ecriture: celui qui mange le pain avec mni, lèvera le talon contre moi. La pensé du crime et de la perte éternelle de son apôtre obsède en quelque sorte le coeur de Jésus. En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un de vous me trahira, et celuià mange avec moi. . C'est l'un des douze... Oui, il y en a un qui met sa main dans le plat avec moi et qui doit me trahir... Malheur à lui, mieux faudrait pour lui qu'il ne fùt jamais né... A Judas luimême qui l’interroge hypocritement, sachant bien ce qui en est: Est-ce moi, Seigneur ? II répond tout douce-

ment : Oui, c’est toi... Le repas continue, Jésus trem-

pe du pain, le donne à Judas, en lui disant: ce que tu

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fais, fais le vite. Et Judas, laissant croire aux autres

* qu'il allait faire quelqu’achat, sortit pour accomplir son forfait. Toute la douceur et toute la longanimité de Jésus s'était pour lui dépensée en pure perte. Mais le souvenir du traitre continue d'occuper le coeur de Jésus. Et quand après sa longue prière, il retourne vers ses disciples pour les avertir que l'heure est venue, que le Fils de l'homme va êtré livré aux mains des pécheurs, c’est Judas qu'il aperçoit et qu'il désigne à la tête de la troupe qui s'avance: celui qui doit me trahir approche. Judas s'avance en effet, il jette ses bras autour du cou de son Sauveur et le baise en lui disant: Maître, je vous “lue, Mon ami, lui répond doucement Jésus, qu’es-tu venu faire ici? Tu trahis le Fils de l’homme, en te servant, pour cette trahison même des marques de la plus tendre amitié.

Oh! Judas, toi que l'amour à recueilli dans l’abjection pour t’admettre si dongtemps dans la plus douce des intimités, toi le témoin privilégié de tant de merveilles, toi qui as reçu des lèvres sacrées de Jésus ses divins

<nseignements, toi Objet de sa confiance et de son inef-

tres

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fable tendresse, toi nourri de sa chair et de son sang, oui toi, son apôtre, son ami, tu l'as vendu pour quelques sous | Homme abominable, crois-tu donc qu'ils aient besoin d’un signe pour reconnaître celui dont ils ont si souvent admiré la sagesse et la Puissance et qui viennent de l’acclamer dans le plus éclatant triomphe. Oh! mais c'est Parce que c’est la nuit et Parceque, grâce aux confidences de l'amitié, tu connais toi la retraite préférée de Jésus. Et c’est l'amitié qui guide ici la trahison. Traïtre, ingrat, n’entends-tu Pas cette parole que t’adresse Jésus au moment où tu consommes ton crime ? Judas reste sourd à cette voix si connue pourtant, ayant livré son Maitre, il va lui-même, jetant au loin l'argent qu'il avait reçu, s’abandonner au désespoir sans repentir, et termine sa misérable vie par le suicide épouvanta-

ble à la suite duquel l’Ecriture nous dit qu’il fut enseveli dans d'enfer,

Pour lui Jésus avait épuisé toutes les tendresses d’une miséricorde qui n'attend Pour pardonner qu’un rayon

d'espoir et d'amour.

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Chose remarquable : c’est Pierre, le repentant pardonné qui, au Cénacle, avant la Pentecôte, rappellera à ses frères le vide créé parmi eux par l'impénitence du traitre, et demandera qu’on lui donne un remplaçant dans le Collège Apostolique.

Hâtons-nous de regarder ailleurs pour chercher une âme avec laquelle celle de Jésus se soit unie dans une amitié qui n'aura connu aucune de ces tristes défaillances.

C'est Jean dont l'Evangile nous dit qu’il était le disciple bien-aimé, Et pourquoi ? Sans doute à cause de sa jeunesse et de la limpidité de son âme virginale dans laquelle celle de Jésus aimait à se complaire. Peut-être parceque Jean avait pressenti la trahison de Judas. Peutêtre aussi parceque Jean devait avoir pour mission très spéciale de faire connaître davantage le coeur de son Maitre, et de prêcher toute sa vie l'amour dont il était venu sur la terre allumer le divin brasier. Peut-être encore parce qu'il avait pour la Vierge-Marie un attachement déjà plus marqué et que la mère du Sauveur le payait de retour.

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Quoiqu'il er. soit, c’est bien Jean le disciple que Jésus aimait, qui l'approche davantage et échange avec lui le dialogue le plus intime. Il avait vu la transfiguration du Thabor. Il devait être au jardin de Gethsemani. A la dernière cène il est comme les autres ému d'entendre dire à Jésus : Voici Pourtant que la main de celui qui doit me trahir est avec moi à cette table. Les apôtres se de. mandaient lequel d'entre eux serait capable d'un pareil forfait. Or à ce moment le bien-aimé reposait sur le sein de Jésus. Simon Pierre lui demande par signe ; de qui parle-t-il ? Et Je disciple s'étant penché sur la poitrine de Jésus lui dit: Qui est-ce Seigneur ? Et Jésus lui répond: c’est celui à qui je vais présenter du pain trempé. Et l’instant d'après Jean connaissait le nom du traitre,

Cette confidence indique bien jusqu'où allait l'affection du Sauveur Pour son plus jeune disciple. Durant la passion Jean cédera au sommeil, à la fatigue, ses forces pourront le trahir quelque temps, mais son coeur

reste le même. Il suivra Jésus jusqu'au sommet du

calvaire et du haut de la croix Jésus mourant daignera

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recevoir en même temps, comme consolation suprême et sensible, au milieu de ses douleurs, l’offrande de ce qu'il y a peut-être de plus fort en ce monde, l'amour d’une mère et la fidélité affectueuse d’un ami. Et Jean sera donné comme fils d'adoption à la mère qui se prête à l’immolation de son enfant pour le salut de l'humanité.

Après sa con glorieuse Jésus retrouvera Jean et le disciple retrouvera lui-même Jésus avec toute sa tendresse, Il recevra de son affection un témoignage très particulier qui aura même le don d’intriguer les autres apôtres. Pierre, en effet, ayant vu le disciple que Jésus aimait, demande au Sauveur : et celui-ci Seigneur qu'en adviendra+-il ? Jésus répondit : si je veux qu’il demeure ainsi jusqu’à ce que je vienne, que t'importe. Pour toi suis moi.

Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait point. Or Jésus n'avait point dit: Il ne mourra point, mais si je veux qu'il demeure ainsi jusqu'à ce que je vienne, que t'importe. Or l’histoire de Jean projette une vive clarté sur ces paroles prophétiques. Jean prècha l'Evangile, comme tous les apûtres, il leur survécut à tous, 11 subit les mêmes persécutions.

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Comme eux, il fut condamné à mort, trainé au supplice et mérita da gloire du martyre. Cependant la puissance divine lui conserva la vie qu'il avait offerte pour l'amour de Jésus. Ses anné:s se prolongèrent durant lesquelles il lui fut donné de plonger son regard de prophète jusque dans les splendeurs du ciel, et d'y voir Jésus l’agneau divin au sein du triomphe qu’il décrit dans son apocalypse, Et ce n’est que lorsqu'il fut arrivé aux dernières limites de l’âge qu'une mort paisible vint couronner une vie tout entière consacrée à l'amour de Jésus que lui-même avait tant savouré et dont il aurait : voulu embraser le monde.

Et c'est sans doute l'intensité du bonheur qu’il y avait goûté qui portait le disciple bien-aimé au désir ardent de voir régner parmi les hommes, et spécialement parmi les chrétiens, l'amour dont le coeur de Jésus est toujours la source et le foyer, et Pour cela qu'il ne cessait de leur

répéter: mes petits enfants aimez-vous les uns les au-

Besse me me De er fe-ne e oc ae mr oût ctee

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