CHAPITRE IV
Les Causes des tentations (suite)
Les démons
Leur existence — Leurs attaques. — Les limites de leur pouvoir.
Ne semble-t-il pas que les influences des hommes, la fascination des biens terrestres et la turbulence de notre nature suffisent à expliquer nos tentations et qu'il soit superflu de chercher d'autres causes?
Cependant, il en existe une autre dont la réalité est établie par les saints livres* : je veux par-
I. Ce n'est pas ici l'endroit d'instituer un Traité des Anges. Simplement, à travers les buissons épineux de l'Angclologie, l'auteur se fraye une voie vers son but. S'il arrive par la force des choses que des questions soient tout juste effleurées, la légitime curiosité du lecteur, éveillée et non satisfaite, trouvera à se contenter pour la période patristiqae : dans Pétau et dans trois articles de la Revue d'Histoire et de Littérature (année 1898) informées et limpides, m«i« qu'il convient de ne pas lire sans dresser l'oreille j pour la période scolastique : dans S. Thomas, Summa iheolO"
1er de cet être qui est désigné sous le nom de Satan par sa qualité d'adversaire, d'opposant, de contradicteur ; sous le nom de diable devenu aujourd'hui le synonyme badin d'espiègle, par sa qualité de calomniateur; sous le nom de serpent, par son astuce ; sous le nom grec de démon, par son intelligence fine et perçante. Au reste, c'est par figure, en prenant le principal pour tout le reste, qu'on parle de cette puissance au singulier ; elle est multiple. Le Christ, ayant demandé à l'un des possédés de Gérasa : Quel est ton nom ? — Je sais légion, lui fut-il répondu*. — Éloignez-vous de moi, maudits, dira le Juge, et allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. ' » Et dans l'Apocalypse, au chap. xii, v. 9, nous lisons : « Le grand dragon, antique serpent qui est appelé diable et satan, fut précipité en terre et ses anges avec lai. » Les incrédules, quand on leur parle des esprits mauvais, branlent la tête et esquissent un fin sourire. Ce sont contes de nourrices, à leur sens, épouvantails pour les enfants. Cette croyance
gica, l, quaest. L-LXV, et surtout Suarbz, qui a traité avec le plus grand détail de toutes les certitudes et d'à peu près toutes les hypothèses possibles au sujet des bons et des mauvais Anges. Cf. les 8 livres du tome II, dans l'édition Vives (Paris, i856).