I. Joan., xvn, i
i5a LES TENTATIONS DU JEUNE HOMME
Le vieillard dans son animation se leva et, avec la noble attitude qui lui était naturelle, il dit : (( Je voudrais que ma voix devînt forte comme un tonnerre et résonnât jusqu'aux confins du monde, je crierais aux hommes : N'écoutez plus ces faux docteurs qui vous prêchent et de paroles et d'exemples que la vie doit être la réunion de tous les plaisirs, et que hors de là elle est un non -sens. Ils distribuent une sagesse désastreuse, hardis éducateurs de l'épicurien timide qui se cache au fond de tout cœur humain.
« Comprenons notre destinée ; une question unique est posée à chacun de nous : Seras-tu fidèle ou infidèle à la loi morale? Et la fidélité est au prix de la souffrance ; il faut rectifier ses aff'ections, se séparer de ce que l'on aime, couper « sa main, son pied, son œil' ». Si vous n'êtes prêts à la vivisection, vous êtes prêts au péché. Qui n'a pas de vive force, comme on enfonce à grands coups un coin dans le bois, enfoncé et planté dans sa conscience l'idée de sacrifice, ne possède pas la doctrine de la \ie. Le grand devoir a été promulgué par le Christ, quand il a dit avec précision et insistance : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-rnême et quit prenne sa croix tous les jours ^... »
I. Marc, IX, 42-44 et 46. — Matth., 39-80, et xviii, 8-9. 3. Luc, lï, 28, et XIV, 27; Marc, viii, 34; Matlh., 38, et