‹ Les tentations du jeune hommeChapitre 63 sur 76 · I. Joan., IV · texte numérisé non relu

I. Joan., IV

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affectueux ; puis il sent sa petite vie, frêle activité de sa chétive personne, se dilater et s'agrandir sans mesure, car il la voit partie de Dieu, alimentée par Dieu et destinée à revenir vers Dieu au ciel. La prière apporte encore avec elle un autre bienfait; il n'est pas sain pour l'homme de se trop mépriser, une excessive dépréciation de soimême étant une pente facile vers les vices ; je ne crois pas, par exemple, que les matérialistes, qui se figurent n'être que des agrégats d'atomes, trouvent dans leur théorie de puissants motifs de pratiquer la vertu. Quel respect, au contraire, sans préjudice pour l'humilité, n'éprouve pas pour sa propre personne celui qui priel II lui vient de suite à la pensée qu'il agit sous les regards de Dieu, des anges et des élus; qu'il est candidat au ciel et, si peu que sa religion lui soit connue, qu'il a été racheté avec le sang de Jésus-Christ. Par le mouvement naturel des idées que suscite la prière, son âme s'élève et se dégoûte du mal, tandis que la force divine qu'il implore descend sur lui, le cuirasse et le fait impénétrable au péché 1

Les hommes qui jouissent de la vie la plus pleine et la plus heureuse, ce sont les hommes religieux : supérieurs aux plaisirs et aux peines, en possession de la plus haute vérité, ayant devant les yeux un avenir incomparable, ils

LES SECOURS Soi

vivent, grâce à leur richesse et à leur paix inté rieure, aussi délivrés que possible des infirmités delà condition mortelle. L'idéal des Stoïciens, en ce qu'il a de beau, est réalisé et dépassé. Le sentiment du divin tant vanté dans Spinoza, le voi là, chez les humbles chrétiens qui prient, plus fort et plus légitime. Les amis de Dieu, qu'ils tra versent ce monde, inconnus ou radieux, vénérés ou (( signes de contradiction », sont les plus admirables et les plus bienfaisants de nos frères et, dans une hiérarchie des hommes constituée d'après la valeur vraie et la seule éternelle, ils resplendissent au sommet.

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