I. Cf. De Imitatione Christi, liv. I, chap. i
3io LES TENTATIONS DU JEUNE HOMME
beaucoup mieux qu'un maître en théologie », disait saint Bonaventure à frère Égide*. — Pas nécessairement, et, en tout cas, à moins de miracle, il n'y aurait pas longtemps de vieilles femmes croyantes, si, par impossible, les maîtres de théologie disparaissaient de la terre. Que chez tous les croyants règne l'unique foi du charbonnier, et bientôt il n'y aura plus de charbonnier ayant la foi.
La science rend orgueilleux. — Parfois, en eîTet, quand elle tombe dans une âme de qualité inférieure ; mais l'ignorance produit encore plus sûrement la suffisance et l'entêtement indocile, sans compter qu'elle expose aux pires séductions. Quel abus n'a-t-on pas fait de ces deux petits mots de saint Paul : « scientia inflat^ », comme s'il ne parlait pas uniquement de la ssience séparée de la charité, comme si le Christ, la Vierge Marie, les apûtres, y compris saint Paul lui-même, et tant de docteurs n'avaieni pas uni la plus sublime science à l'humilité !
Enfin, direz-vous, je suis un laïque ; membre de l'Église enseignée, ce n'est pas mon affaire d'étudier la religion I — Vous ériger en docteur dans l'Église, non, sans doute, ce n'est pas votre