IV. — Conclusion
Ainsi pourvu et nourri, vous aurez une règle sûre pour juger, un idéal pour grandir. Vous serez capable d' « adorer en esprit et en vérité ». L'action de la Providence qui s'exerce sans interiruption sur le monde et sur chaque cœur, sur-
tout par l'intermédiaire de la sainte Église catholique, vous deviendra présente et presque visible. Votre devoir privé et social de chrétien brillera devant vous, séduisant, irrésistible. Vous vivrez et presque à votre insu vous ferez vivre.
Sans doute, puisque vous resterez un homme dans la condition de l'épreuve, vous serez encore en butte aux tentations, mais à la manière dont un homme très sain l'est aux microbes de la tuberculose. Sa vigueur l'immunise ; il tue ces ennemis subtils par la chaleur de sa propre vitalité.
Envisageons, cependant, la pire des hypothèses. La tempête, par surprise ou par une demiconnivence de votre part, eût-elle grandi au point de bouleverser votre nature, de jeter bas vos résolutions, le péché vous eût-il précipité et retenu dans la boue, un espoir cependant subsiste, puisque en perdant vos sens et votre cœur, vous n'aurez pas perdu aussi votre tête. Les solides vérités qui l'habitent, la défendront contre la déraison. Malgré vous, elles se dresseront avec force devant votre conscience et continueront de lui imposer des jugements exacts. Au moins, au-dedans de vous-même, vous nommerez bien ce qui est bien, et mal ce qui est mal.
Aussi serez-vous dans la providentielle im-
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possibilité de goûter un repos paisible dani* le désordre; l'attrait de Dieu vous déchirera. Ayant fait le salutaire effort d'apprendre votre religion, vous en serez récompensé : la renier tout à fait, ou cesser complètement de l'aimer vous sera presque impossible, et, si Dieu permet que votre vie se prolonge, la vérité patiente et indomptable vous ressaisira tout entier. Veritas Uberabit vos \ a déclaré Notre-Seigneur, et cettei parole ne paraît pas claire au premier regard,, mais, c'est parce qu'elle est concise et profonde. La liberté, en effet, nous est donnée pour que. nous nous associions aux desseins de Dieu, en nous et hors de nous ; elle se corrompt dès qu'elle cesse d'être une acceptation aimante et active de la morale, c'est-à-dire, des conséquences pratiques de la vérité ; alors, sous une apparence illusoire d'indépendance, nous sommes esclaves des passions mauvaises, qui sont des maîtres très impitoyables. Obéissons-nous, au contraire, à la vérité, aussitôt notre esclavage s'allège. Notre nature d'homme et de chrétien, c'est-à-dire ce qui nous constitue nous-même, se redresse ; nos meilleurs et nos plus profonds désirs cessent enfin d'être opprimés au profit des plus funestes. Si être libre, c'est vivre en anar-