SIG
Fig. 32. — Coupe schématique de Saint-Pierre-le-Vieux à Etivau, près Matour.
m. tufs microgranulitiques, v. schistes viséens avec nodules calcaires, c. arkoses et schistes tournaisiens, schistes micacés, f, cornes feldspathisées et amphiboliques famenniennes ? d. diorites frasniennes, y. granite. Echelle : 35,000 (hauteurs amplifiées 1 1/2 fois).
La coupe de St-Pierre-le-Vieux à Matour par Champ-Soly (fig. 32) présente la succession suivante : sous les tufs microgranulitiques, qui affleurent à St-Pierrele-Vieux, apparaît un niveau schisteux peu épais, à petits nodules calcaires, que
l’on peut rapporter au Viséen ; des bancs de grès arkosiens noirs et durs, alternant avec des schistes noirs (N. N. E:, pendage S. E.) s’étagent au-dessous ; ils rappellent les formations tournaisiennes du Morvan ; ils reposent sur des schistes maclifères et feldspathisés, peu épais, suivis par des cornes amphiboliques,puis per des diorites, largement développées jusqu’au col de Champ-Soly et formant des champs de roches des fées. Ces dernières représentent un Dévonien très important.
Au S. O. de cette coupe, la région St-Bonnet-des-Bruyères, Flambaye, Vozelles, Mussery, est composée par des cornes amphiboliques et des diorites, avec apparition de granite en leur milieu ; la montée de Mussery se fait dans des schistes micacés et maclifères ; les tufs microgranulitiques n'apparaissent qu’au-dessus de Mussery où affleurent des schistes froissés. Toute cette région S. O. du lambeau se montre très étirée ; mais les formations y sont très métamorphisées et l'indication d’une faille brusque de décrochement, mettant en contact le granite de Villemartin avec les formations paléozoïques au N. E., donne une idée assez inexacte de l'accident ; les couches étirées se retrouvent en son milieu ; les diorites, en particulier, existent entre St-Bonnet-des-Bruyères et les Canards.
Je ferai la même remarque pour le Nord du lambeau de Matour et sa liaison avec le lambeau de Trambly ; les couches de ce dernier ne sont plus N. N. E., mais bien N.-$. ; elles ont subi un fort étranglement entre Font-Pelly et Trambly et ne reprennent plus leur direction première ; au S. E. de Font-Pelly, dans la montée au-dessus de St-Léger, les couches schisteuses et surtout arkosiennes, inférieures aux tufs, paraissent plus largement développées qu'à l'Est de St-Pierre-le-Vieux, où nous les avons déjà rencontrées ; elles contiennent, à leur partie supéricure, de fins nodules calcaires (à St-Léger) ; on les suit sur la rive droite de la Grosne entre la halte de Pari-Gagné et Trambly ; j'ai trouvé dans leur partie supérieure un banc de calcaire noir, avec débris fossilifères peu déterminables, que l’on peut voir sur 500 m. du Sud au Nord dans le vallon Est des Perrières (à 400 m. à l'E. de Trambly). Il est probable que ce banc de calcaire est un témoin du Viséen inférieur. Le lambeau de Trambly comporte vers l'Ouest une succession de schistes et de grès (avec une intercalation de poudingues à faciès tournaisien, au col du Châtelet), puis des cornes amphiboliques et des diorites dévoniennes.
Au point de vue tectonique, il semble que l'on n’ait plus à faire ici qu’à ur anticlinal. Il faut tenir compte du flottement d’un grand lambeau de schistes maclifères à l'Ouest des diorites de Matour ; ces schistes bordent au Nord le massif microgranulitique de Dhun et s’enfoncent vers Matour en plein granite. Ils représentent vraisemblablement la retombée de cet anticlinal vers le Nord Ouest.
Certaines particularités différencient ces derniers lambeaux des précédents :
1° L'absence du niveau des poudingues viséens, immédiatement inférieurs aux tufs microgranulitiques ; ce niveau de poudingues, si régulièrement développé à Régny, à Montagny, et jusqu’à St-Bonnet-le-Troncy, se montre déjà en voie de disparition à Azolette et Propières ;
20 La réduction du niveau schisto-calcaire, viséen inférieur, qui est atrophié à St-Pierre-le-Vieux et faiblement développé à l'Est de Trambly;
30 Le grand développement du Dévonien que les accidents tectoniques et l'érosion amènent plus largement au jour depuis le lambeau d’Azolette jusqu’à celui de Trambly.
Larmbeau de l'Ardoisière. — J'ai dit plus haut combien les formations primaires antérieures aux tufs microgranulitiques se montraient plus largement et plus régulièrement développées dans la partie du faisceau comprise à l'Est de la vallée de la Loire que dans celle qui s'intercale entre les vallées de la Loire et de l'Allier. fci, en effet, le métamorphisme, les bouleversements et l'érosion les ont réduites à. quelques lambeaux isolés. Ce sont ceux de l’Ardoisière, près Cusset, de Ferrières, de Laprugne et des Essarts. Ces lambeaux affectent, dans leur ensemble, une direction O. N. 0. ; on verra cependant que la direction des couches, dans chacun d’eux pris séparément, est N. N. E., par conséquent varisque, comme dans la partie du faisceau comprise entre la Loire et la Saône ; l'apparente direction armoricaine qu’affecte au milieu du granite l’ensemble des lambeaux, provient d’une série de décrochements vers le N. N. O. qui s’exercent non plus sur les lèvres N. E., mais bien sur les lèvres S. O. ; de telle façon qu’à l'Ouest comme à l’Est de la tranche Néronde, Régny, restée la plus méridionale, les tranches voisines sont toutes rejetées en escaliers inverses vers le N. N. O., donnant à la partie du faisceau qui traverse le Forez une fausse direction armoricaine et ne faisant qu’accentuer vers le N. N. E. la direction naturellement varisque de la partie qui traverse les monts du Lyonnais et du Beaujolais. Ce n’est qu'après la traversée de la grande écharpe N. N. E. houillère du Plateau Central, que les couches du faisceau prennent une direction vraiment armoricaine (Chat-Cros près Evaux).
Sur environ 10 km. de longueur de l'Ouest à l'Est et 5 à 6 du Nord au Sud, affleurent entre Cusset et Arronnes des formations dinantiennes et inférieures. La rivière du Sichon les recoupe en biais et y creuse une vallée profonde et pittoresque, fréquentée par les touristes (restaurant de l’Ardoisière).
Murchison dès 1850 [7] y découvrit l'existence d’une faune dinantienne dont Julien compléta l'étude en 1872 [15, p. 213]. Des coupes schématiques du lambeau furent données par ces deux auteurs. Sur la feuille de Gannat [77], on en trouve des contours détaillés et précis. Murchison y descendait le Carbonifère jusque dans la masse schistéuse, inférieure aux poudingues, au sommet desquels affleurent les couches fossilifères dinantiennes. Il était en cela plus près de la vérité que Julien qui soutint en 1896 que cette masse schisteuse appartenait à une série cambrienne discordante, inférieure aux poudingues
M. de Launay [77] ne voulant pas préjuger de l’âge des granites du Forez, mais pressentant leur rajeunissement probable, prit, pour les formations métamorphisées de la base, la notation dx (Dévonien possible), pour la masse schisteuse intacte (Cambrien de Julien) la notation dh, indiquant le doute entre le Dévonien et le Carbonifère.
La succession des formations, en commençant par le sommet, est la suivante (fig. 33). d
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Fig. 33. — Coupe schématique au N. N. O0. de l’Ardoisière et vers Arronnes.
m. tufs microgranulitiques, v. grés calcarifères bleutés, schistes et grés fossilifères viséens, calcaires et pondingues à galets de calcaire, c. poudingues à galets de quartzite, schistes tournaisiens, f. schistes psammitiques avec bancs gréseux à plantes, famenniens ? d. cornes amphiboliques, frasniennes ? Echelle 65.000 (hauteurs amplhfiées 5 fois).
Les tufs microgranulitiques forment une bande E.-0., légèrement N. E., correspondant à un axe synclinal ; quelques affleurements plus anciens, très déchiquetés par le granite, indiquent en effet vers le Nord une remontée anticlinale (vers Guillermière) ; au Sud, les tufs cessent insensiblement suivant une ligne E.-0. passant par la Grivas, les Bardels et Molles, et laissent apparaître des grès arkosiens gris bleu, très compacts, avec alternances de schistes noirs. Ces grès arkosiens sont calcarifères. La route de Cusset à Arronnes les traverse sur 2 km 500, entre le moulin du Capitan et le pont de fer sur le Sichon; leur épaisseur, en apparence, atteint 1.000 m. ; mais ils sont très plissés et faillés et ce chiffre doit être réduit des deux tiers environ.
Ces grès deviennent à leur base (sur 50 m. d'épaisseur) moins compacts et plus schisteux ; ils contiennent alors la faune relativement riche, étudiée par Julien et dont le gisement se trouve sur le chemin de montée aux Chabannes qui part du pont de fer, jeté sur le Sichon, à 1 km. en aval du restaurant de l’Ardoisière.
Immédiatement sous ces schistes gréseux fossilifères, existe un niveau de poudingues et de grès qui contient à sa partie supérieure quelques bancs d’un calcaire noir à tiges d’encrines ; ce calcaire forme une petite lentille au Sud du chemin de Chabannes, affleurant en forêt, à 40 m. au-dessus du Sichon, sur sa rive droite ; elle a été l’objet d’une exploitation aujourd’hui abandonnée ; le passage du niveau calcarifère est jalonné vers l'Ouest par un affleurement de poudingue à galets de calcaire sur la rive gauche du Sichon. À 2 km. vers VEst, j'ai trouvé, sur la route du Gué-Chervais à Molles, un banc calcaire de ce niveau, non indiqué sur les cartes, dans lequel cependant fut ouverte autrefois une carrière ; il se trouve exactement dans le détour que forme lé ruisseau de Mancent, au $. O. de Molles. Les poudingues se continuent, sous ce niveau calcaire, sur une épaisseur considérable de 100 à 200 m. et forment un cordon très prolongé sur les hauteurs de la rive gauche du Sichon (sommets 502 et 490) vers l'Ouest ; le Sichon les traverse en cluse abrupte, entre le pont de fer et
l’Ardoisière ; ils occupent le sommet 499 sur le château de Péroux, puis sont recoupés par la route du Gué-Chervais à Molles, à l'Ouest du domaine de Bost : ils s'infléchissent alors vers le Sud (au sommet 475, à l'Ouest de la Chapelle) et sont élirés par le décrochement qui sépare le lambeau de l'Ardoisière de celui de Ferrières. Ces poudingues sont à pâte quartziteuse et ne contiennent de galets de calcaire qu’à leur partie tout à fait supérieure ; ils sont riches en galets de quartz, d'arkoses et de quartzites lustrés à cassure brillante et présentent quelquefois des galets de porphyrites.
Les conclusions de Julien, au point de vue paléontologique, sont que la base des schistes et grès arkosiens gris bleu (calcschistes et grès) représente exactement le niveau des calcaires gris de Régny (Viséen inférieur, V; de la carte de Belgique); mais pour lui, alors que la faune de Régny a un caractère vaseux (alternances schisteuses, abondance des algues), celle de l’Ardoisière a un faciès quasi récifal, ou mieux de destruction de récifs (poudingues et grès quartzeux); dans des eaux limpides abondaient les polypiers constructeurs (Lithostrotion, Diphyphyllum, Syringopora), accompagnés de polypiers simples (4mplexus) d'Hydrozoaires, de Bryozoaires, d’Echinides nombreux (Archæocidaris, Palæchinus, Pholidocidaris) avec de grands Productus (Prod. Giganteus Mart., Prod. corrugatus d'Orb.), le Spirifer bisulcatus Sow., et des Tribolites (Philipsia Eïichwaldi Fisch.).
Dans le marbre noir, en lentilles conservées au sommet des poudingues, immédiatement inférieur au niveau précédent, Julien vit l’analogue du marbre belge des Pauquys à Hydrozoaires ; il en fit du Waulsortien ; on sait, par des travaux plus récents de MM. de Lavallée-Poussin et Dewalque, que cet ancien sous-étage n’est qu'un faciès coralligène latéral, à rattacher soit au Tournaisien supérieur, soit au Viséen inférieur.
Des plaques minces m'ont permis de découvrir dans le calcaire de lArdoisière, à côté de sections de polypiers, des Foraminifères identiques à ceux du marbre noir de Régny (Ændothyra, Valvulina). 1] n'y a pas lieu de le séparer du niveau fossilifère des schistes et des grès, immédiatement supérieurs, l’ensemble constituant la base du Viséen.
La grande masse des poudingues inférieurs doit, dans ces conditions, correspondre au Tournaisien.
Au-dessous de ces poudingues et sans discordance de stratification, serencontrent des schistes gris foncé, psammitiques, très fissiles, contenant quelques intercalations de grès à plantes. Ils forment une série épaisse, mais dans laquelle les plis et replis sont multiples. On les suit depuis l’Ardoisière jusqu'au delà du Gué-Chervais sur la route d’Arronnes, et depuis le vallon du Bost jusqu'au même gué sur la route de Molles. Je signalerai la présence de débris végétaux à 100 m. à l'Ouest de l'Ardoisière sur la grande route et en trois points sur la route de Molles, avant Chervais. Ce sont ces schistes psammitiques que Julien a cru cambriens. Ils appartiennent pour moi au Famennien; ils deviennent au Sud micacés, maclifères et feldspathisés, de même vers l’Est, aux environs de La Chapelle. M. de Launay indique au Moulin-Chaulnier vers le S. E.,
au milieu de roches très feldspathisées et gneissifiées, le passage d’une corne verte (dirigée E. N.E.) amphibolique, passant à la diabase, La série apparaît donc ici complète et telle que nous l’avons vue sur la rive droite de la Loire ; le Dévonien est révélé à la base par des roches dioritiques. Une difficulté subsiste cependant : c’est la délimitation précise entre le Famennien et le Tournaisien ; on pourrait, en effet, faire rentrer dans le Tournaisien une partie des schistes psammitiques avec intercalations de grès à plantes, immédiatement inférieurs au poudingue. La présence de végétaux en débris informes ne suffit pas pour trancher cette question.
Il est intéressant de noter qu’à l'inverse de ce que l’on constate à Régny et à Montagny, la période où l'érosion s’est manifestée avec le plus d'intensité, indiquée par les bancs de poudingues, se place ici au Tournaisien, au-dessous des calcaires du Viséen inférieur et non au-dessus d'eux. 11 n’y a pas ici de bancs de poudingues entre les calcaires et les tufs microgranulitiques, mais seulement des niveaux schisto-gréseux et gréseux, indiquant un régime côtier avec courants peu intenses, au voisinage de rivages sans falaises.
La transgression marine, d'ailleurs légère et de courte durée, que dénotent les calcaires du Viséen inférieur, paraît avoir fait suite à une émersion tournaisienne considérable ; cette transgression a été suivie par une régression fort lente (grande épaisseur des grès bleutés) qui a précédé l’émersion définitive, correspondant aux dépôts des tufs microgranulitiques.
Lambeau de Ferrières. — Au lambeau de l’Ardoisière fait suite, vers le S. E., au milieu du granite, celui de Ferrières ; il est allongé dans le sens S.E.-N.0., transversalement à la direction E. N.E. des couches, par suite des failles et décrochements N. E. du Forez. Quelques auteurs se sont occupés de ce lambeau, mais leurs conclusions ne concordent pas. Je ne m'arrêterai pas aux indications sommaires de Boulanger [#, p. 102], ni à celles de Jourdan qui découvrit la présence de fossiles dans les grés de Ferrières ; j'indiquerai seulement la succession établie par Julien [79] à l'aide de la paléontologie et celle à laquelle fut conduit Le Verrier [67] par l’étude stratigraphique et pétrographique de la région.
Sur un substratum de terrains cristallophylliens et de schistes maclifères cambriens, Julien vit un Carbonifère discordant, comprenant de bas en haut :
1° Des poudingues durs à galets de quartz, de lydiennes et de schistes, identiques à ceux de l’Ardoisière ;
2° Des masses lenticulaires de marbre cristallin à encrines et polypiers (Zaphrentis) dont il fit l'analogue du calcaire waulsortien belge des Pauquys ;
3° Des grès supérieurs, altérés et tendres, près de Ferrières, siliceux et durs près de Chevalrigond, avec la faune du Viséen inférieur (V,) de Régny :
4° Les tufs orthophyriques.
Le Verrier n’accepta pas l'assimilation des calcaires de Ferrières très cristallins, au niveau carbonifère. Il attribua, avec doute, la série de schistes maclifères et micacés au Dévonien en y comprenant les calcaires qu'il rattachait au sommet de cette série; au-dessous, il rangeait les schistes feldspathisés et
amphiboliques avec un âge non défini, au-dessus, et en discordance, le Carbonifère, réduit au poudingue et au quartzite de la base des tufs du Culm:; il y aurait eu, pour lui, lacune des schistes argileux et des calcaires viséens.
La coupe que j'ai relevée depuis Chevalrigond jusqu'à Ferrières et Lavoine, par Matichard (fig. 34), me conduit à comprendre la succession stratigraphique
N.0 SE SÉVincent ié Matichard °*?” Chevalrigond Ferrières-s-Sickon à 8307 … | ps: 5h 6307 b !
Fig. 34. — Coupe schématique du lambeau de Ferrières.
m. tufs microgranulitiques, v. viséen, grés blancs fossilifères, poudingues à galets de calcaire ; calcaires entremêlés de bancs arkosiens et de poudingues, c. Tournaisien, schistes maclifères, poudingues métamorphisés, f. Famennien, schistes maclifères et feldspathisés, d. cornes amphiboliques et diorites, gisement fossilifère dans les arkoses blanches viséennes. Echelle 70,000: (hauteurs amplifiées 2 fois).
du lambeau de la manière suivante : les tufs microgranulitiques affleurent aux environs de Chevalrigond ; ils passent à leur base à des grès arkosiens silicifiés et à des quartzites, contenant quelques galets de quartz, de quartzites, de calcaire et de granite (à 200 m. à l'Est de la bifurcation du chemin de Lachaux); c'est dans ce niveau gréseux que se rencontre la faune viséenne (V;) étudiée par Julien ; il correspond exactement au niveau des schistes fossilifères et des grès bleutés de l’Ardoisière.
A sa base, s’étagent de puissantes lentilles de calcaire cristallin blanc, avec bancs noirs veinés de blanc, atteignant 20 m. d'épaisseur et affleurant suivant deux bandes (E. N.E., pendage N.) ; je n’y ai trouvé que de mauvais débris d’encrines ; au microscope, le calcaire se montre à l’état recristallisé et sans fossiles. Il se rencontre en 6 ou 7 carrières anciennes ou exploitées, au N. O. et à l'E. de Ferrières ; vers le S. O., sur le prolongement des couches, affleure un poudingue à galets de calcaire (route de la Guillermie), à environ 2 km de Ferrières. Il faut comparer ces calcaires à ceux de l’Ardoisière ; leur situation statigraphique est tout à fait analogue ; ils sont, pour moi, à la base du Viséen.
Le bane le plus méridional repose sur une puissante masse de poudingues et de schistes, jusqu’au sommet de laquelle le métamorphisme du granite paraît s'être exercé ; les poudingues sont à pâte micacée et maclifère, et rappellent tout à fait ceux des bois de Luzy ; je les crois tournaisiens ; plus au S.E., depuis le filon de quartz des « Souches » jusqu'à 200 m. à l'Ouest de Matichard, la route reste constamment dans des schistes maclifères, avec, par place, des couches psammitiques intactes. C’est la reproduction exacte des schistes inférieurs de l'Ardoisière, mais avec un métamorphisme plus général et montant plus haut
dans la série. Il s'agit ici de couches de la base du Tournaisien, ou mieux du Famennien.
Dès les premières maisons de Matichard, les schistes deviennent amphiboliques ; sur la route, 100 m. plus vers l'Est, affleurent des diorites et des diabases, qui forment les hauteurs du roc Saint-Vincent qu’elles tapissent de grands blocs épars (roches des Fées); des cornes feldspathisées séparent ces dernières du granite de Lavoine.
Aucune discordance de stratification ne peut être relevée le long de cette coupe, et rien ne s'oppose à ce que les roches amphiboliques et les diorites de Matichard soient considérées comme résultant du métamorphisme de calcaires dévoniens, analogues à ceux de Diou.
La succession des formations dévoniennes et carbonifères apparaît, d'après la description qui précède, comme parfaitement identique à celle de l’Ardoisière. Il est cependant un fait très particulier au lambeau de Ferrières : l’action métamorphisante du granite se manifeste beaucoup plus haut dans la série stratigraphique qu’à l’Ardoisière ; le Famennien probable y est, en grande partie, intact ; ici, non seulement ce Famennien est complètement transformé en schistes maclifères, mais encore les poudingues tournaisiens et leurs intercalations schisteuses sont métamorphisées jusqu’en haut.
Les premiers niveaux calcaires, qui se montrent au sommet de ces poudingues, paraissent même pincés dans les formations m ‘tamorphisées ; sur le chemin qui remonte du lavoir de Ferrières vers la route de Matichard, un banc calcaire a l’air de s’eugager entre des couches de schistes maclifères ; de même, sur la route du Mayet-de-Montagne, à 800 m. de Ferrières, un poudingue métamorphisé semble supérieur à un premier banc calcaire. Dès lors, on comprend les hésitations de Le Verrier qui vieillit ces niveaux et en fit des représentants du Dévonien. Une autre hypothèse pouvait être proposée : celle d’un métamorphisme remontant dans le Dinantien jusqu’au delà des niveaux calcaires viséens. Mais rien n'autorise jusqu'à présent à l’avancer avec de suffisantes raisons : le calcaire lui-même, quoique très cristallin, ne paraît en aucun point réellement métamorphisé par le granite et l’enchevêtrement de ses couches de base avec des schistes et poudingues maclifères, peut s'expliquer par la multiplicité des décrochements et des torsions que nous savons les accompagner. Il serait d’autre part bien surprenant que la mise en place du granite, qui partout ailleurs dans le Morvan et dans la Loire s’est terminée au Tournaisien, se soit, aux environs de Ferrières seulement, prolongée jusqu’au Viséen.
D'ailleurs, les poudingues immédiatement supérieurs contiennent des galets de granite.
Environs de Laprugne et des Essarts. Liaison entre les lambeaux précédents et ceux de Régny, Montagny. — Les lambeaux de Laprugne et des Essarts sont très réduits et disloqués. Je les cite ici afin d'établir, autant que possible, la relation tectonique existant entre les deux lambeaux de l’Ardoisière et de Ferrières, et ceux de Régny et Montagny.
Je rappellerai que Le Verrier signale un lambeau de calcaire bréchiforme
analogue à celui de Régny, immédiatement sous les tufs, à l'Est des Essarts, . (route de Roanne à Saint-Just-en-Chevalet).
La grande masse de microgranulite du Bois-Vague, Arçon, qui paraïtinterstratifiée, parallèlement à la direction moyenne des plissemnts hercyniens, est bordée au Nord par le lambeau de Laprugne, au Sud par les lambeaux des Essarts, Arpheuille et des « Cloux » ; elle jalonne un synclinal; si l’on tient compte des rejets, dus aux décrochements vers le N. O., à l'Est et à l'Ouest de la tranche Régny, Néronde, restée la plus méridionale du faisceau, on admettra aisément que ce synclinal correspond à celui de la Gresle et de Cours qui borde, au Nord, l’anticlinal de Fenouillet, Paton ; le calcaire bréchiforme des Essarts correspond donc au niveau de poudingues à galets de calcaire viséen, immédiatement inférieur aux tufs de la Gresle.
Le soubassement de schistes amphiboliques des environs de Chambodut et de Couzilly, développés au Sud des Essarts, jalonne un axe anticlinal, prolongement de celui de Fenouillet, Paton.
Il est probable que, dans le lambeau de Ferrières, l’anticlinal jalonné par les diorites de Matichard est la suite de ce dernier, décroché de 10 km. vers le N. N. O.; le synclinal des tufs de Chevalrigond serait alors la suite de celui de Bois-Vague, Arçon, c'est-à-dire de celui de la Gresle, Cours. De même, au sein du lambeau de l’Ardoisière, on retrouve le prolongement de ces deux axes tectoniques, décrochés encore d'environ 10 km. vers le N. N. O., dans l’anticlinal des roches amphiboliques du Moulin-Chaulnier, au $. E. du lambeau., et dans le synclinal des tufs de la Grivas, les Bardels, au Nord.
Un ou plusieurs nouveaux anticlinaux sont indiqués vers le Nord par l’existence, au milieu du granite, de lambeaux, malheureusement très discontinus et réduits, de formations métamorphisées. Il serait illusoire de chercher à en préciser le tracé.
Il semble donc, en résumé, que les axes tectoniques des lambeaux de Ferrières et de l’Ardoisière, lambeaux fortement décrochés et isolés du reste du faisceau synclinal, à l'Ouest du grand accident, depuis longtemps désigné sous le nom de faille du Forez, sont la suite des plissements reconnus sur la bordure Nord du faisceau, en particulier aux environs de Montagny. L'étude des environs de Laprugne et des Essarts permet d'établir cette relation.