BORDURE MÉRIDIONALE DU FAISCEAU DE LA LOIRE
Environs de Saint-Germain-Laval. — Tout au voisinage du bassin tertiaire de Montbrison affleure un banc de calcaire viséen, au milieu des formations dinantiennes et antérieures; mais ici, les dislocations ont atteint une telle intensité que la stratigraphie locale, encore incomplètement débrouillée d’ailleurs, ne nous offrira pas une succession suffisamment complète pour servir à l'étude générale que nous poursuivons, Toutefois, ce calcaire fossilifère viséen n’en est
pas moins un jalon précieux, le seul existant sur la bordure Sud du faisceau synclinal, à l'Ouest du bassin de Montbrison. Des carrières y sont ouvertes entre Saint-Germain-La val et Saint-Julien d'Oddes, plus près de ce dernier village. Les couches ont une direction N. NE. avec pendage vers l'E. $. E. ; on trouve à leur base des poudingues à galets de quartz et de quartzites, à leur sommet des schistes et des tufs.
Le soubassement des poudingues apparaît sur la route de Grésolles ; il est constitué par des schistes micacés, puis par des cornes amphiboliques.
Grüner {10, p 387] signale l'existence de fossiles dans les calcaires de Saint- Germain-Laval. Julien y a recueilli une vingtaine d’espèces, pour la plupart viséennes [79, p. 205]. Les plaques minces m'ont permis d'y trouver les Foraminifères viséens déjà signalés (Ændothyra sp., Valvulina sp , Nodosinella sp.).
Nous retiendrons donc des environs de Saint-Germain-Laval, que le flanc Sud du faisceau synclinal, à l'Ouest du seuil de Roanne présente une bordure plissée de couches antérieures aux tufs microgranulitiques, avec apparition d’un banc de calcaire, certainement viséen, supérieur à des formations riches en cornes vertes et en roches amphiboliques (avec cipolin, Moulin-Philippon).
Environs de Néronde, Bussière, Violay, — Le bord Sud du faisceau présente à l'Est du bassin tertiaire de Montbrison et jusqu’à Tarare la succession des terrains antérieurs aux tufs microgranulitiques avec des caractères particuliers que nous n'avons pas encore rencontrés jusqu'ici.
La continuité des formations, dans la longueur, s'affirme sur plus de 15 km. de Balbigny, Néronde, à Joux, Tarare, sans affaissements, ni décrochements appréciables. Voici l’ensemble des successions relevées dans les coupes transversales de Néronde, de Montmain, de Violay, en allant du N. O0. au S. E. A la base des tufs microgranulitiques, on rencontre des grès blancs arkosiens ou micacés, avec intercalations de tufs; ces grès prennent une grande extension autour de Sainte-Colombe ; la route qui vient de Néronde les longe depuis le château de Chenevoux.
Cet ensemble de tufs et de grès repose sur une série de schistes, gris verdätre, entremêlés de bancs d’arkoses et de poudingues, faciles à étudier sur la route de Balbigny à Néronde ou sur celle de Sainte-Colombe à Montmain; à leur base, les bancs de poudingues se multiplient et forment un niveau très constant. Ces poudingues sont immédiatement supérieurs aux calcaires viséens ; ils sont riches en galets de calcaire, de quartzites à faciès tournaisien, de roches métamorphisées et granitoïdes. Je les ai retrouvés au sommet de toutes les carrières de calcaire des environs de Néronde et au-dessus des calcaires de Montmain, sur la route de Violay à Joux.
Les calcaires gris bleu foncé, à faune viséenne, affleurent en de nombreux pointements, alignés dans une direction N. 50° à 600E., immédiatement sous les poudingues ; ils forment plusieurs lentilles, épaisses de 20 à 30 m., reliées par des bancs fort minces ou simplement par des brèches ou des poudingues calcarifères, affectant ainsi une allure en chapelet. Cinq carrières, anciennes ou encore exploitées, y sont ouvertes entre la Chapelle et la Fay, au N. E.
de Néronde; deux autres entaillent, au Nord et à l'Est, la butte dû Colombel. Une brèche calcaire transparaît sur la route de Bussière à Sainte-Colombe, À l’éperon du bois de la Chaux. En continuant vers l'E. N. E., on rencontre une forte lentille calcaire au Sud de Chatelut; mais à Montmain, l'importance des calcaires va rapidement en décroissant et sur la route de Violay à Joux le niveau n'est plus jalonné que par des poudingues à galets de calcaire.
La faune étudiée par Julien [79, p. 197, 199), dans les carrières de Néronde et à Montmain, est, pour lui, la même que celle de Régny, c’est-à-dire du Viséen (V:). Je signalerai la présence indubitable de Goniatites dans les carrières de La Chapelle (sur Néronde) ; malheureusement je n’ai pu recueillir que des sections, qui ne m'ont permis aucune détermination précise.
La faune des Foraminifères viséens se retrouve dans les calcaires de Néronde et de Montmain (Ændothyra sp., Nodosinella sp.).
À la base des calcaires s’étagent des schistes psammitiques, mêlés de bancs de grès à plantes et de poudingues à galets de quartz et de quartzites. Ils appartiennent vraisemblablement au Tournaisien. Le premier kilomètre de la route de Bussière à Sainte-Colombe en offre une bonne coupe. A Montmain les calcaires reposent sur de minces bancs arkosiens, directement assis sur le substratum de terrains métamorphisés. Les phénomènes de métamorphisme se manifestent brusquement dans ces schistes et grès, inférieurs au calcaire, par l’apparition de roches à aspect gneissique ; ce sont des cornes feldspathisées, injectées de granite (par juxtaposition). On peut étudier cette brusque transition à la Frénée entre Néronde et Chindo, à Bussière (sur la route de Sainte-Colombe), à l'Est de Montmain (sous aux Combes) et sur la route de Violay à Joux, vers le Gros.
Au milieu de ces cornes feldspathisées et gneissifiées affleurent des cornes amphiboliques, passant à des diorites: elles me paraissent représenter ici encore le Dévonien; elles forment des lentilles plus ou moins larges, allongées vers le N. E. et s’alignant assez régulièrement suivant une bande unique. La vallée qui descend de Bussières vers Pouilly-les-Feurs en a décapé de nombreux pointetements (en particulier sous Chindo). Alors qu’au S. E de Néronde, ces roches amphiboliques sont distantes de la couche viséenne calcaire d'environ 1 km, au S. E. de Montmain, où elles réapparaissent, elles n’en sont plus qu'à 100 m. environ; leur affleurement est légèrement oblique à celui des calcaires; on les retrouve sur la route de Violay à Joux, près de Michaud et à la Truche, à 300 m. de la limite du Viséen qui débute ici par des poudingues à galets de quartzites, de cornes feldspathisées et amphiboliques, contemporains du calcaire de Néronde.
Au S. E. de ces formations, le gneiss franc couvre une assez grande surface, percée d’amphibolites et encore séparée du massif granitique de Saint Laurentdu-Chalmousset, le Bois d'Oingt, par une nouvelle bande N. E. de cornes feldspathisées.
La succession nous apparaît, en résumé, la suivante, dans cette zone N. E. Néronde, Violay, Joux (de haut en bas) :
Tufs microgranulitiques et grès blancs.
Schistes et grès arkosiens.
VISÉEN Poudingues à éléments calcaires et granitiques. Calcaires fossilifères.
Grès et poudingues à éléments granitiques.
Schistes, arkoses à plantes avec quelques pondingues à TOURNAISIEN galets de quartzites.
Cornes feldspathisées gneissifiées.