‹ Les terrains primaires du Morvan et de la LoireChapitre 16 sur 47 · ON.0 ; E.SE · texte numérisé non relu

ON.0 ; E.SE

Fig. 35. — Route de Sainte-Colombe à Violay, avant la bifurcation de Bussière (E. de Montmain). Talus montrant la concordance du viséen sur les formations gneissiques.

v. Viséen, calcaires, poudingues, arkoses, schistes, c. Tournaisien, arkoses et schistes méta-

morphisés et gneissifiés, f.d. Dévonien schistes feldspathisés et amphiboliques, gneissifiés, Q. filon de quart antimonieux. Echelle 10.000 (hauteurs amplifiées 6 fois).

Il ne peut y avoir eu, à la base du Viséen, qu'une discordance de transgressivité. Elle a certainement eu lieu, car la miseen place du granite s’est faite durant le Tournaisien, à une certaine distance en profondeur, et le Viséen, qui contient des galets de granite a eu à décaper les couches tournaisiennes restées intactes en surface. pour atteindre celles métamorphisées et les remanier. D'ailleurs il ne faut pas exagérer l'épaisseur du Tournaisien qui à permis au magma granitique de se consolider près de la surface. La naissance de roches quartzifères dans le dôme de la montagne Pelée à montré sous quelle faible épaisseur de protection le quartz peut se développer dans les roches éruptives.

Le Tournaisien paraît représenté ici par certains schistes et grès à plantes (Bussière) et par une partie des cornes feldspathisées gneissifiées, l’autre partie de ces cornes représentant probablement le Famennien. Le Frasnien et peut-être des niveaux calcaires antérieurs apparaissent sous forme de cornes amphiboliques et de diorites qui cependant occupent toujours la même place dans la série des formations. Le Verrier a représenté ces dernières formations d’une manière trop compréhensive sur la feuille de Montbrison; si les lentilles de ces roches sont abondantes en bordure du gneiss, à l’Est de Néronde, elles sont loin d’occuper autant de place que les cornes feldspathisées au milieu desquelles elles apparaissent. Elles se sont formées par exomorphisme ou endomorphisme de bancs calcaires dévoniens, moins continus que ne paraît l'indiquer le figuré de la carte.

On remarque que le métamorphisme n’a plus ici l'allure tranquille que l’on constate sur la bordure Nord du faisceau de la Loire ou dans le faisceau du Morvan. La naissance de larges auréoles de schistes micacés, maclifères, puis de

schistes feldspathisés, avec conservation de l’ancienne stratification, par action de fumerolles granitiques à distance, dans des conditions de tranquillité relative (superposition) est remplacée ici par une brusque apparition, au milieu de formations intactes (lambeaux de Tournaisien schisteux et gréseux, conservés), de roches métamorphisées à aspect gneissique, avec injection granitique par lits minces (juxtaposition). Il semble que la mise en place du granite par simple digestion des roches sédimentaires, lentement descendues dans les géosynclinaux, ait été remplacée ici par une mise en place par digestion encore, mais accompagnée de déplacements du magma qui serait monté de la profondeur.

Cette apparence gneissique est générale dans les formations métamorphisées de la bordure Sud du faisceau. Elle accompagne d’ailleurs la présence d’une bande de gneiss qui précède au S. E. le granite.

Environs de Tarare, Saint-Clément, Létra, Affoux, Le Gouget. — La région dans laquelle nous entrons, en continuant d'avancer vers le N. E., sur la bordure méridionale du faisceau, est, à ce point, bouleversée par les failles en relation avec l'effondrement du Rhône, que les coupes y deviennent complexes et quelquefois difficiles à interpréter.

Les formations, déjà reconnues, s’y retrouvent cependant et méritent une rapide description.

Sous les tufs microgranulitiques qui présentent fréquemment, à leur base, des grès blancs, arkosiens ou micacés, s’étagent des schistes avec lits arkosiens à plantes, précédant des bancs de poudingues à galets de calcairé viséen.

Le niveau viséen, inférieur aux tufs, ne montre que très rarement des calcaires fossilifères en place : par contre, les galets de ces calcaires y sont partout reconnaissables ; il contient, en outre, des galets de quartzites lustrés, probablement tournaisiens, de quartzites feldspathisés et de cornes amphiboliques, qui prouvent nettement sa postériorité à la mise en place du granite. La route qui descend de Saint-Cyr-de-Valorges, à Joux et Tarare (à 1 km. à l'Ouest de Joux) présente une bonne coupe (fig. 36) de ces poudingues ; les schistes et grès supérieurs sont réduits et se confondent avec les grès blancs de la base des tufs Les poudingues acquièrent une épaisseur de 30 à 40 m., indiquant une érosion assez considérable des couches immédiatement antérieures.

Ces mêmes formations se retrouvent à La Morie au Nord de Joux (sur la route de Roanne à Tarare), à Peisselay (à 5 km. au N. de Tarare); elles couronnent les hauteurs qui entourent Valsonne, s’enfonçant sous les tufs dans le ravin de Dième (où elles transparaissent cependant à Chagnard) et affleurent de nouveau à l'Ouest de Ternant (aux hameaux de Ferat, de Colliard et de Travers), puis à Létra (et vers Lachal).

Une seconde bande des mêmes schistes et poudingues viséens occupe la partie occidentale de la montagne de Tarare (col de la Croix-Paquier), passe dans la ville même de Tarare (faubourg de Gonnet) où elle s’étrangle, se développe à nouveau depuis la station, vers le Sud, en passant au Rochat et à Saint-Marcel ; ur mince lambeau étiré de poudingues pleins de galets de gneiss et de roches granitoïdes, certainement de la base du Viséen, se retrouve près du hameau de

Pont, sur la route de Tarare à Feurs, au voisinage des lambeaux calcaires du Gouget et d’Affoux. Julien a reconnu dans ces calcaires Fexistence de polypiers (Zaphrentis). C'est, pour lui, du Viséen inférieur,

Au-dessous du niveau viséen ainsi défini, s’étagent des schistes et quartzites feldspathisés, des cornes amphiboliques, roches généralement très gneissiäiées et affectant un faciès ancien. Aussi mes prédécesseurs les ont-ils considérées comme précambriennes. Elles représentent pour moi le Dévonien supérieur. Les brusques discordances apparentes entre le Viséen et ces roches sont dues à des failles ; partout où l’on voit réellement la succession normale, les discordances, très faibles, sont dues à de légères transgressions.

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