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CRUSTACÉS

Entomostracés. — Ordre des Ostracodes.

De très nombreux petits Ostracodes se rencontrent dans les schistes gréseux du Tournaisien (à la Varville, à Savigny-Poil-Fol) et dans le Viséen (l’Ardoisière).

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Julien les classe dans les genres Bairdia et Entomis (79, p. 10-11}. Sans insister sur ces derniers, je signalerai deux espèces du Famennien, nouvellement découvertes,

Fig. 37. — Beyrichia sp. Moule externe d’une valve gauche, montrant les 3 lobes et le réseau.

Grossissement : 15 diam.

L'une appartient à la famille des Leperditidae et peut être rangée dans le genre Beyrichia M'Coy (fig. 37 et PI. IV, fig. 12, 15). Sa coquille est petite (1 mm. de longueur) ; elle est allongée et bien bombée ; le bord cardinal est droit, le bord ventral est à peu près rectiligne ; elle est tronquée obliquement en avant et en arrière, le côté postérieur étant un peu plus large que le côté antérieur. Deux sillons transversaux partent au 1/3 et aux 2/3 du bord cardinal, sans dépasser le milieu de la valve entre le bord cardinal et le bord ventral. Ils séparent trois lobes : un lobe antérieur plus bombé et arrondi que le postérieur ; un lobe postérieur, réuni au lobe antérieur par un bourrelet longeant le bord ventral; un lobe central, placé contre le bord cardinal et ne dépassant pas le milieu de la valve, entre le bord cardinal et le bord ventral ; il est bien plus bombé que les deux autres lobes. La surface des coquilles est fortement réticulée ; le réseau est à mailles à peu près hexagonales, formées par des côtes très prononcées et aiguës, Les mailles sont sensiblement plus serrées sur le lobe central que sur le reste de la surface.

Cette espèce ne peut être rapprochée de celles décrites dans les ouvrages de R. Jones a. Kirkby et de Boll. Son ornementation rappelle celle de certains Primitia, décrits par Whidborne et par G. Gürich ; mais elle ne peut d'autre part faire partie de ce genre. Elle n’a d'intérêt que parce qu’elle constitue le seul organisme rencontré jusqu'alors dans les schistes psammitiques, immédiatement supérieurs aux calcaires frasniens de Diou, Gilly. Elle y est d’ailleurs très rare.

L’autre espèce nouvellement découverte (PI. IV, fig. 216) s’est montrée très abondante dans les niveaux schisteux à Clyménies, principalement à leur base. Elle se range dans la famille des Cypridinidae Sars. Elle rappelle par ses dimensions, sa forme oblongue, ses stries parallèlles, convergentes aux extrémités antérieure et postérieure, son sillon transversal plus ou moins accusé, Æntomis serrato-striata Sandb. Elle est conforme aux descriptions que donnent de cette espèce Gümbel et Richter.

Ordre des Trilobites.

Les Trilobites constituent, dans les terrains étudiés, l’un des groupes les plus intéressants au point de vue stratigraphique. Tous les niveaux en contiennent ; chaque niveau en présente une ou plusieurs espèces particulières.

Julien en décrit quelques-uns, trouvés dans le Tournaisien à la Varville d’une part, dans le Viséen à St-Germain- Laval et à l’Ardoisière d'autre part.

Il rapporte au Griffithides seminiferus Phill. quelques pygidiums et glabelles de la Varville [79, p. 5, pl. V, f. 10, 11, 14, 15, 16]. Cette détermination me paraît contestable ; les reproductions photographiques de son ouvrage et les spécimens de sa collection, que j'ai pu voir à Clermont-Ferrand, appartiennent au Phillipsia cf. subtruncatula D. P. OEhl. que j'ai trouvé à Apussy et que je décrirai plus loin.

La glabelle pour laquelle Julien a créé une espèce nouvelle, Phillipsia Barrandei Jul. [79, p. 7, pl. V,f. 12, 13, 17, 18], me paraît se rapprocher exactement de celle de l'espèce d’Apussy que je viens de signaler.

Cet auteur a découvert à la Varville une tête et un pygidium appartenant certainement au genre Brachymetopus. De Koninck, consulté sur ces empreintes, les rapporta au Brachymelopus discors M'Coy [46]. Julien crut devoir en faire une espèce nouvelle, qu'il appela Brachymetopus Duponti Jul. [79, p. 9, pl. V, f. 6, 7, 8, 9]. Je n’ai pas retrouvé d'empreintes de cette espèce, évidemment très rare.

Dans le Viséen, Julien indique l'existence de deux espèces ; à St Germain- Laval, il a trouvé un pygidium qu'il rapporte avec doute au Phillipsia globiceps Phill. ; à l’Ardoisière se rencontre en abondance Phullipsia Eichwaldi Fisch. [79, D-20: DIV, CELL XVIL NA 27191

Mes recherches n’ont permis de réunir d'assez nombreux débris de Trilobites qui se rapportent à cinq espèces différentes et que je vais décrire ; trois sont dévoniennes ; les deux autres tournaisiennes.

Phacops cf. fecundus Barr., mut. supradevonica Frech (fig. 38 et PI. IF, fig. 1 a, b, c, d). Parmi les fossiles provenant des calcaires frasniens de Diou, que

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Fig. 38. — Phacops cf. fecundus Barr., mut. supradevonica Frech (calcaire de Diou)

a. tête en plan, b. tête vue de côté, c. pygidium, d. section transversale de la tête, e. section transversale du pygidium.

m'a communiqués M. Giraud, se trouvent douze échantillons de têtes et de pygidiums d’un Phacops qui se rapproche du PA. fecundus Barr., mut. supradevonica Frech., trouvé par M. Frech. dans les environs de Cabrières, jusqu’au milieu du Dévonien supérieur. Ces échantillons sont tous des moules internes ; aussi mes déterminations ne doivent elles être considérées que comme approchées.

Céphalo-thorax. — Sa forme générale est subsemicirculaire vers l'avant, légèrement concave vers l'arrière; il est presque uniformément bombé ; sa partie médiane est presque plate sur une grande largeur ; ses joues mobiles sont com primées et brusquement inclinées à plus de 45°.

Glabelle. — Elle est nettement pentangulaire, presque équitalérale, très peu bombée ; le bord frontal est obtusément pointu et surplombe généralement la bordure marginale. Elle occupe plus de la moitié de la largeur de la tête, atteignant 13 mm. de large, alors que la tête entière ne dépasse pas 20 à 22 mm. Sa longueur est d'environ 12 mm., y compris l'anneau thoracique.

Les sillons latéraux postérieurs sont seuls bien visibles ; ils limitent un lobe basal en forme d’anneau intercalaire, portant à ses extrémités deux légers tubercules ; certains échantillons montrent une faible indication de deux sillons moyens. L'anneau occipital est plus large et plus bombé que ce lobe basal en forme d'anneau.

La joue mobile est triangulaire, très déclive autour de l'œil, bordée par un limbe assez étroit qui n’est séparé d’elle que par un sillon marginal à peine indiqué ; l’angle génal est régulièrement arrondi.

Les yeux sont très gros et proéminents, sans toutefois que leur niveau supérieur atteigne celui de la glabelle : ils vont de l’angle antérieur de la joue jusque tout près du sillon occipital. Le lobe palpébral est légèrement réniforme, plat et séparé par un léger sillon de l'angle proximal de la joue fixe. La surface oculaire est inclinée à plus de 70° vers l’extérieur ; elle a la forme d’une bande rectangulaire vers l'avant, en pointe arrondie vers l’arrière. Elle comporte sur le moule interne environ 15 files verticales, composées chacune de 5 lentilles hexagonales de grande taille et toutes égales, les files postérieures présentant toutefois un nombre régulièrement diminué de facettes (le nombre total des facettes est de 60 à 70).

Toute la surface de la tête est finement granulée ; les granulations sont plus marquées sur la glabelle que sur les joues. Les fortes granulations de la giabelle sont à peu près de même taille que les facettes des yeux et contribuent ainsi à une ornementation générale uniforme.

Pygidium. — Il a vers l'arrière un contour légèrement polygonal, se rapprochant d’un demi-cercle ; il est assez bombé transversalement et ses flancs ont leur talus faiblement incliné. Sa largeur atteint 20 mm., sa longueur 8 mm.

L'axe est bombé, coniqu®, terminé postérieurement en pointe obtusément arrondie avant le bord du limbe, qui forme un talus régulièrement déclif ; il se compose de 8 à 10 anneaux, présentant uue inclinaison plus raide vers l'avant que vers l'arrière et recouverts de 6 à 10 granulations disposées en une file un peu sinueuse. Les anneaux postérieurs sont soudés et coalescents.

Les plèvres portent cinq larges côtes rayonnantes vers l’arrière, se Lerminant sans limites précises au bord du limbe ; les deux dernières sont plus ou moins obsolètes.

Rapports et différences. — L'espèce de Diou peut être rapprochée des trois espèces suivantes :

Phacops granulatus Münst.

Phacops batracheus Whidborne.

Phacops fecundus Barr. mut. supradevonica Frech.

Mais dans la première, l'œil est plus en avant ; les facettes sont moins nombreuses (36) ; son niveau supérieur atteint lc niveau de la glabelle. Les granulations sont plus fortes, principalement sur les joues ; le sillon marginal est bien plus marqué.

Dans la seconde, les granulations n’existent que sur la glabelle ; l'œil est plus proéminent. ;

Dans la troisième, au contraire, la tête et le pygidium sont très semblables à ceux des échantillons de Diou. La seule différence, qui ressort de la diagnose de M. Frech, réside dans une plus grande finesse de la granulation de la tête.

C'est de cette dernière espèce que celle de Diou paraît la plus voisine.

Phacops aff. cryptophtalmus Emm. (fig. 39 et PI. IL, fig. 2 @, 6).

Le gisement fossilifère du Moulin-du-Roi, près de Bourbon-Lancy, m'a fourni plusieurs échantillons, assez écrasés, d’un Trilobite appartenant à la famille des Phacopidæ et dont voici la description.

Sa forme générale est elliptique, largement arrondie en avant et en arrière. Longueur, 27 à 30 mm., largeur, 14 à 16 mm.

Fig. 39. — Phacops cf. cryplophtalmus Emm.

(schistes famenniens du Moulin-du- Roi, près Bourbon-Lancey).

a. ensemble de l’animal, b. section longitudinale de la glabelle, r. section d’un segment thoracique,

Céphalo-thorax. — Largement circulaire en avant, rectiligne en arrière, peu bombé. Sa longueur est égale aux 2/3 de sa largeur (longueur, 7 à 8 mm., largeur, 12 à 13 mm.).

Glabelle large au front, étroite vers le sillon occipital ; elle présente en coupe verticale une convexité marquée au premier tiers antérieur, mais n’est nullement gibbeuse ; elle s’avance jusqu’au bord frontal et laisse à peine voir le sillon marginal. Ses sillons dorsaux sont très obliques, mais forment cependant entre eux un angle aigu (compris entre 70 et 80°). Une seule paire de sillons latéraux, la postérieure, apparaît sur mes échantillons ; elle est très rapprochée du sillon occipital et délimite des lobes postérieurs étroits, simulant dans leur ensemble un anneau intercalaire, terminé par deux petits tubercules.

Les joues sont triangulaires, légèrement bombées, bordées par un limbe large et peu proéminent ; ce limbe diminue rapidement de largeur en se rapprochant de l’extrémité antérieure du sillon dorsal ; il est bordé intérieurement par un sillon marginal peu profond et se confond postérieurement avec l’anneau occipital qui est étroit au droit des joues.

L’angle génal est très largement arrondi et légèrement tombant en arrière et latéralement.

L’œil est très petitet étroit({ mm. 1/2 de long), très peu proéminent au-dessus de la joue, réniforme et franchement oblique au sillon dorsal; son extrémité antérieure part de l’angle que fait ce sillon avec le sillon marginal, alors que son extrémité postérieure est plus rapprochée du sillon marginal que du sillon dorsal, se trouvant d'autre part à une distance du sillon occipital au moins égale à la longueur même de l’œil. La surface oculaire, étroite et allongée, est peu visible ; elle paraît peu inclinée vers l'extérieur.

La surface de la glabelle et celle des joues sont finement granulées, les granules étant irrégulièrement répartis, mais toujours assez écartés les uns des autres.

Le limbe et l’anneau occipital sont lisses.

Thorax. — I se compose de 11 segments, les postérieurs étant presque égaux aux antérieurs.

L’axe est bombé et plus étroit que les plèvres. Il a 4 à 5 mm. de large tandis que les plèvres en ont 6 à 7 mm.

Chaque segment de l'axe porte un léger sillon, incurvé, qui occupe le tiers antérieur du segment et est plus convexe vers l’avant que le bord postérieur du segment. Latéralement, chaque segment s’incurve vers l’avant et se termine par un tubercule large et peu bombé.

Les plèvres portent un sillon au quart postérieur de leur largeur et sont partagées en deux portions inégales, une portion antérieure large et formant un bourrelet aigu, plus déclif vers l’avant que vers l'arrière, une portion postérieure étroite et très légèrement bombée. Le sillon est arqué vers l’arrière et cesse d'exister aux 2/3 de la plèvre qui s’incurve assez brusquement vers l'arrière dans sa partie distale, en même temps qu’elle devient fortement déclive vers l'extérieur. Cette partie distale présente une courbure légèrement concave vers l'avant ; elle porte un bourrelet qui va en s’atténuant progressivement vers l’extrémité et qui n’est que la prolongation de l’épais bourrelet antérieur de la partie proximale. La plèvre est régulièrement arrondie à son extrémité postérieure.

Pygidium large et court (14 mm. de largeur, 5 mm. de longueur).

L’axe, conique, est peu bombé et se termine par une extrémité arrondie au bord d’un limbe étroit ; 6 à 8 segments le composent ; les quatre antérieurs sont larges et bombés transversalement ; les quatre postérieurs sont rapidement diminués ; ils présentent vers l'avant une courbure concave au milieu, convexe aux extrémités.

Les plèvres sont très plates ; elles se composent de 4 à 5 segments dont les trois postérieurs sont très obliques vers l'arrière ; un léger sillon les divise au tiers postérieur de leur largeur.

Une fine granulation paraît recouvrir toute la surface.

Rapports et différences .— L'espèce décrite est assez analogue au Phacops cryptophtalmus Emmerich, décrit par Sandberger, dont la diagnose et les figures :

sont malheureusement peu complètes et par Salter, Elle pourrait être rapprochée de Phacops lævis Münster, mais la surface finement ponctuée de sa glabelle et de ses joues et le plus grand développement de ses yeux l’en distinguent nettement.

Phacops cryplophtalmus Emm., paraît caractéristique du Famennien ; il existe dans les schistes à Cypridines du Nassau et de Thuringe, dans les calcaires à Clyménies du Cornwall, etc... Il est donc bien à sa place dans les environs de Bourbon-Lancy, au milieu des schistes psammitiques à Cypridines et à Clyménies.

Dechenella cf. pusilla Gürich (fig. 40 et PI. IL, fig. 3 à, à, c).

J'ai recueilli dans les schistes du Famennien un assez grand nombre de débris de ce petit Trilobite ; la désarticulation des éléments constituants est le cas général et les échantillons complets sont très rares.

La forme est, dans l’ensemble, celle d’une ellipse légèrement rétrécie postérieurement. C'est à la tête que le bombement est le plus considérable. Les dimensions moyennes sont : longueur, 14mm., plus grande largeur (à la base du thorax), 8 mm., largeur en avant du pygidium, 6 mm. ; quelques rares glabelles isolées prouvent, par leurs dimensions exceptionnelles, que l’animal adulte pouvait atteindre 20 mm. de long.

Fig. 40. — Dechenella cf. pusilla Gürich.

(Schistes famenniens du Moulin-du-Roi).

a. reconstitution de l’animal, b. section longitudinale de la tête, c. section transversale de la tête, au droit des yeux, d. section transversale du thorax, e. section transversale du pygidium.

Céphalo-thorax. — Il est subsemicireulaire vers l’avant, limité vers l'arrière par une ligne presque droite ; ii est assez fortement bombé. Il a 4 mm. de long et 8 mm. de large.

La glabelle est conique vers l'avant ; elle est brusquement rétrécie au droit des sillons latéraux antérieurs ; son lobe frontal est régulièrement diminué et vient se terminer avec une pente ménagée contre le sillon marginal profond qui précède le limbe. 11 y a trois paires de sillons latéraux, peu avançants vers le centre, mais bien marqués, les sillons postérieurs se réfléchissant à angle obtus vers le sillon occipital. L’anneau occipital est légèrement convexe vers l’avant et porte en son centre un tubercule évident.

La Joue fixe s’étend horizontalement autour de la glabelle, développée vers le front, très réduite en arrière ; elle se termine en avant par un limbe large, bombé en un fort bourrelet frontal et bordé intérieurement par un sillon marginal assez profond.

La grande suture est facilement visible ; elle est sinueuse, mais, dans l’ensemble, parallèle à l'axe médian ; en arrière elle vient mourir en pointe aiguë vers extérieur, sur le bord postérieur du bouclier céphalique ; elle dessine, au

milieu, un lobe palpébral, réniforme, qui embrasse les trois paires de sillons latéraux, puis, vers l’avant, elle s’écarte du centre pour mourir, au front, en une courbe obtusément arrondie.

Les joues mobiles sont triangulaires, plus longues que larges, rapidement déclives jusqu'au sillon marginal étroit et peu profond, que borde un limbe assez large et bombé en un bourrelet marqué ; la doublure du limbe est finement striée. Deux pointes génales aiguës, ayant le tiers de la longueur de la tête, terminent les joues mobiles vers l’arrière.

Les yeux, réniformes, vont du premier sillon latéral jusqu’au milieu du lobe postérieur et sont ainsi sensiblement plus rapprochés du sillon occipital que du sillon frontal. Ils sont garnis de très fines lentilles hexagonales, au nombre de 150 à 170 (suivant 15 à 17 files verticales de 10 lentilles) ; la surface visuelle est légèrement déclive autour du lobe palpébral, horizontal.

Thorax. — 11 est formé par environ 10 anneaux très peu diminués d’avant en arrière. Il à 5 à 6 mm. de long. La largeur des plèvres est égale aux 2/3 de celle du rachis.

Ce rachis est fortement bombé; ses anneaux sont épais, un peu convexes vers l’avant ; formant une pente douce et longue en avant, raide et courte vers l’arrière.

Chaque segment des plèvres porte un sillon sutural, le partageant en deux parties égales ; il se termine en une pointe aiguë reportée en arrière ; la partie proximale des plèvres est légèrement bombée, la partie distale forme un talus rapide.

Pygidium. — Il est deux fois plus large que long (sa longueur est de 3 mm.) ; il est légèrement conique avec un axe renflé et des plèvres peu bombées; le limbe est assez large et moins déclif que les plèvres ; sa doublure est finement striée. Les sillons dorsaux sont rectilignes et convergent vers l’extrémité dorsale qui est arrondie et se termine contre le limbe.

Il y a environ 11 anneaux axiaux, 6 à 7, bien visibles et régulièrement diminués d'avant en arrière, les 4 ou 5 derniers coalescents. Chaque anneau présente vers l'avant une partie plate, assez large, vers l’arrière une partie en pente abrupte, très étroite.

Les plèvres portent 7 à 8 segments aplatis qu’un sillon sutural divise en deux parties égales et qui se terminent brusquement contre le limbe.

La carapace de l’animal est très finement granulée, comme chagrinée, sur toute sa surface.

Rapports et différences. — L’espèce ainsi décrite se distingue des espèces thé nanes (Dechenella Verneuil Barr., Dechenella verticalis Burm., du calcaire À Stringocéphales (Givétien) de Hagen en Westphalie) par ses moindres dimensions, sa glabelle plus allongée et moins pointue au front, ses yeux plus petits, son lobe palpébral moins proéminent, son pygidium plus court (les formes rhénanes ont 16 anneaux).

Elle diffère de Dechenella Romanowsky Tschernyschew, du Dévonien inférieur de l’Oural oriental, qui possède une glabelle courte et pointue et 16 segments au

pygidium; de Dechenella hofensis Leyh, qui est plus grande, a une glabelle plus dodue, pas de pointes génales et se rapproche des Proetus par son petit nombre d'anneaux au pygidium (8 à 10) (couches inférieures du Carbonifère de Hof-a.-Saale). Dechenella Escoti V. Kæœnen [49, p. 163; du Frasnien de Cabrières est insuffisamment décrite par son auteur pour être utilement comparée ; Von Kænen, toutefois, la rapproche de l'espèce de Adorf, dont Holzapfel a figuré une glabelle ; cette dernière est de petite taille; les joues sont inconnues; il y à 10 segments au pygidium; leur surface est finement ponctuée. Dechenella Haldemani J. Hall, du Givétien (Hamilton Group), a une glabelle plus large à la base, moins longue, des yeux bien plus grands, des joues mobiles sans pointes génales, un pygidium avec 11 ou 12 anneaux sur l'axe, plus conique.

Gürich en 1896, dans une étude sur les terrains paléozoïques de Pologne, décrit deux espèces du Dévonien moyen, Dechenella dombrowiensis et Dechenella polonica qui diffèrent nettement de la mienne par les formes de la glabelle et du pygidium, par l’ornementation, etc. Par contre, il signale un céphalo-thorax, sans les joues mobiles, trouvé dans les couches marneuses du Dévonien supérieur entre Psiarnia et Kadzielnia, qui rappelle, dans tous ses détails, les parties similaires de mon espèce ; malgré l’état incomplet de ses échantillons, il a créé pour eux un nom d’espèce, Dechenella pusilla ; le céphalo-thorax à 2 mm. 5 de long ; la glabelle est bombée, nettement délimitée vers l'avant, avec sa base bien plus étroite que sa longueur ; en avant, elle arrive tout près du limbe qui porte un bourrelet saillant ; les sillons latéraux sont nets; la troisième paire est fortement arquée vers l'arrière ; les lobes palpébraux sont petits, semi-circulaires et embrassent le lobe moyen et la moitié des deux lobes contigus. L'anneau occipital est nettement délimité, avec un fort tubercule en son centre. La carapace est très finement ponctuée.

Malgré que les joues mobiles, le thorax et le pygidium de Dechenella pusilla Gürich, soient inconnus, Je rapproche mon espèce de cette dernière plus volontiers que de toute autre. La glabelle et les joues fixes, la forme de la grande suture sont identiques dans toutes deux. Néanmoins, cette assimilation est faite sous toute réserve et mérite confirmation.

Phillipsia nov. sp., voisin de Phillipsia subtruncatula D. P. OEhlert, man. (fig. #1 et PI. IF, fig. 4 a, b, c, d, e).

J’ai recueilli à Apussy, dans les schistes gris psammitiques du Dinantien, une quinzaine d'empreintes qui se rapportent au bouclier céphalique et au pygidium d'un même Phillipsia, appartenant au groupe des Phillipsia gemmulifera Phill., et uncatula Phill.

Un seul échantillon montre l’ensemble de l'animal qui est largement elliptique, arrondi en demi-cercle vers l'avant, faiblement anguleux postérieurement. Sa longueur atteint 14 mm., sa plus grande largeur (à la base de la tête) 9 mm. Sa surface est entièrement recouverte de gros tubercules.

Céphalo-thorax. — T est bien plus large que long (4 à 5 mm. de longueur, 9 mm. de largeur à la base); il est régulièrement circulaire vers l’avant et légèrement concave postérieurement,

La glabelle est plus longue que large (4 mm. de longueur, 3 de largeur), légèrement conique vers l'avant, renflée antérieurement ; elle n’est séparée du bord frontal que par un limbe étroit. Les sillons dorsaux sont presque parallèles et forment vers l'avant un angle très aigu. 11 y a trois paires de sillons latéraux ; les sillons antérieurs sont peu apparents ; les sillons postérieurs sont très mar-

qués ; ils se réfléchissent vers l'arrière et délimitent des lobes postérieurs arrondis.

Fig. 41. — Phillipsia nov. sp., voisin de Phallipsia subtruncatula D. P. Oehl., man. (Schistes tournaisiens d’Apussy, près Ternant).

a. ensemble de l’animal, b. section transversale de la tête.

L’anneau occipital est un peu convexe vers l'avant. Le sillon occipital est étroit et profond. La grande suture forme un angle très aigu vers l'extérieur avec le bord postérieur ; elle rejoint aussitôt le bord de la glabelle pour ne s’en écarter qu’en avant de l’œil et atteindre le bord frontal sous un angle droit, laissant entre elle et cette dernière une surface triangulaire assez grande. La joue fixe est ainsi réduite à cette surface; le lobe palpébral est très petit.

La joue mobile est quelque peu quadrangulaire ; elle présente sur la moitié extérieure de sa largeur une déclivité prononcée; elle se prolonge en une pointe génale très longue et aiguë, qui atteint la partie postérieure du thorax.

La limbe céphalique porte des nervures saillantes, concentriques, qui se prolongent le long des pointes génales (PI. II, fig. 4 c).

Les yeux sont de dimension moyenne et réniformes ; ils s'étendent de la moitié du lobe postérieur au sillon latéral antérieur et sont à peine plus rapprochés de la partie postérieure que de la partie antérieure ; la surface oculaire est garnie de lentilles très nombreuses et très fines; elle est régulièrement bombée et arrondie autour du lobe palpébral saillant.

Toute la surface du céphalo-thorax, le limbe excepté, est garnie de forts tubercules formant de véritables épines, creuses en leur milieu ; elles sont très abondantes et réparties irrégulièrement sur la glabelle, la joue fixe, la joue mobile, l'anneau occipital et jusque sur la surface intérieure des pointes génales, sur lesquelles elles ressemblent à des dents de scie, réfléchies vers l'arrière (PI. IT, fig. 4 d). La base extérieure de l’æœil est garnie d’un chapelet d’épines, très fines et régulières, disposées sur un seul rang, suivant un anneau dont la déclivité est intermédiaire entre celle de la surface oculaire et celle de la moitié interne de la joue mobile. Cet anneau de fins tubercules (au nombre de 10 à 12), autour de l'œil, constitue un caractère qui paraît très constant (PI. IL, fig. 4 6, c).

Thorax. — Mal connu ; je ne possède que deux échantillons, en présentant des restes brisés. Il est formé de 7 à 10 segments fortement tuberculés.

Pygidium. — Sa forme générale est parabolique. Il est plus large que long (9 mm. de largeur, 6 mm. de longueur). Il est bombé au centre et brusquement déclif sur les bords latéraux; il est dodu à sa partie postérieure. Le limbe est moins déclif que les plèvres; il est plus large sur le bord postérieur du pygidium que sur ses bords latéraux.

L’axe à 3 mm. de large en avant ; il est régulièrement conique vers l’arrière et arrondi à sou extrémité postérieure qui rejoint le limbe sous un angle de 90°; il est bordé par des sillons dorsaux bien marqués. II se compose de 16 à 17 anneaux, arrondis, portant chacun six tubercules spiniformes sur un rang, les deux du centre sensiblement plus forts que les autres. Ces tubercules s'alignent longitudinalement sur l'axe, suivant des droites qui convergent lentement vers l'extrémité.

Les plèvres se composent de 12 à 14 segments, séparés par des sillons profonds; ils sont anguleux, la partie antérieure étant un peu plus étroite et plus déclive que la partie postérieure ; 6 à 10 tubercules s’implantent sur la partie anguleuse du segment, avec une légère obliquité vers l'arrière. Les segments se prolongent sur le limbe en se réfléchissant brusquement vers l'arrière et restant tuberculés.

A la partie postérieure, le limbe porte 5 petites côtes rayonnantes; ces côtes rudimentaires sont chargées de tubercules comme les précédentes.

Rapports el différences. — Dans son ensemble, cette espèce se rapproche des Phillipsia gemmulifera Phill. et fruncatula Phill., décrits par Woodward. Elle s’en distingue cependant par les caractères suivants : PAill. gemmulifera Phil]. a sa glabelle moins conique et lisse ainsi que sa joue fixe, son anneau thoracique, ses pointes génales. Les segments des plèvres du pygidium sont obtusément terminés au bord interne d’un limbe lisse. PAU. truncatula Phill. possède une surface plus entièrement granulée que Phil. gemmulifera (sa joue fixe et ses pointes génales sont cependant encore lisses) ; mais ses pointes génales sont courtes et se terminent en pointes mousses ; la joue fixe entoure la glabelle qui s'arrête à une certaine distance du bord frontal ; le limbe céphalique est peu visible. Le pygidium ne possède pas de limbe distinct ; ses plèvres sont régulièrement déclives jusqu’au bord.

Dans des notes inédites, M. D.P. OEhlert distingue le Phillipsia gemmulifera, décrit par de Koninck, du PAuhpsia gemmulifera Phill., et propose de le débaptiser; ce Phulhipsia nov. sp., D. P. OEhlert, a sa surface entièrement hérissée de tubercules épineux, nombreux et saillants, creux et fragiles. Il se rapproche, par là, de mon espèce, mais en diffère par des pointes génales courtes et obtuses, par un pygidium dont l’axe n’a que 14 anneaux et point de limbe; les épines recouvrent les plèvres jusqu’au bord du pygidium, autour duquel elles transparaissent horizontalement; 4 ou 5 côtes rudimentaires rayonnent en arrière de l’axe, rappelant celles de mon espèce. Ce Philipsia nov. sp., D. P. OEhlert, se rencontre dans le Tournaisien,.

Un autre Phillipsia nov. sp., D. P. OEhlert, du Viséen, voisin de Phillipsia gemmulifera Phill., s’en distingue par la répartition des tubercules qui garnis-

sent jusqu’au limbe du pygidium ; ces tubercules sont petits et inégaux, en grand nombre (14 sur les anneaux de l’axe) et en lignes flexueuses. Ces caractères le différencient de mon espèce. Le pygidium en est d’ailleurs seul connu.

Enfin M. D. P. OEhlert décrit un Phillipsia subtruncatula D. P. OEhl., du Tournaisien, qui diffère de Phill. truncatula Phill., par ses pointes génales plus développées, par un limbe céphalique portant des nervures saillantes concentriques, par l’ornementation du pygidium qui porte, sur chaque anneau de son axe, 4 à 6 tubercules spiniformes, un peu couchés en arrière; toutefois les extrémités des anneaux sont lisses ; les segments des plèvres sont anguleux et moins déclifs en avant qu’en arrière.

Cette espèce paraît très voisine de la mienne qui a de nombreux caractères communs avec elle. Il y a grandesimilitude des pointes génales, du limbe céphalique, de l’ornementation en général. Certains caractères diffèrent cependant : le pygidium ne possède pas de limbe distinct ; la dissymétrie des plèvres est inversée. Le chapelet de fins tubercules, qui entoure l’œil de mon espèce, paraît ne pas exister dans celle-ci.

Néanmoins c’est de Phillipsia subtruncatula D. P. OEhl. qu'il convient de rapprocher mon espèce.

Les débris que M. Julien à attribués au Griffithides seminiferus Phill., à la Varville et à Siguret, m'ont paru appartenir au Phillipsia substruncatula D.-P:OEhl.

Phillipsia Derbyensis Mart. (fig. 42 et PI. IT, fig. 5 a, b, c).

J'ai trouvé dans le chemin qui monte vers Azy, à l'Est de la Forge de la Loge, au Nord de Saint-Seine, au milieu des schistes gréseux, gris jaunâtres du Tourpaisien, une trentaine de débris, têtes, thorax et pygidiums, désarticulés, d’un Trilobite de petite taille, spécial à ce gisement dans le Morvan, et dont les caractères rappellent beaucoup ceux de Phillipsia Derbyensis Mart., décrit par Woodward et par M. D. P. OEhlert (notes inédites).

Malgré l'absence de thorax bien conservé, on peut donner comme dimensions de l’animal, dans son ensemble : longueur 24 mm., largeur 12 à 13 mm.; dodu et de contours peu élégants, il devait être le plus souvent enroulé en boule, comme en témoignent les débris accolés du thorax. La surface est lisse ; un léger tubercule apparaît cependant au centre de l’anneau céphalo-thoracique.

Fig. 42.— Phllipsia Derbyensis Mart., schistes gréseux tournaisiens des environs de St-Seine (Saône-et- Loire).

a. reconstitution de l’animal, b. section transversale du pygi-

dium, c. section longitudinale du pygidium.

Céphalo-thorax. — I] est très bombé, à contour externe parabolique, à contour postérieur concave ; les angles génaux sont légèrement prolongés en arrière, mais ils sont arrondis et ne forment pas de pointes génales. Le bourrelet marginal est large et aplati sur les parties latérales du bouclier céphalique; il est

délimité par un sillon large et peu profond; ce bourrelet marginal et le sillon qui l’accompagne se cachent au-dessous du bord frontal.

La glabelle est subrectangulaire; elle est plus ou moins élancée suivant les échantillons (7 mm. de long sur # mm. de large, dans certains exemplaires ; 6 mm. de long sur 6 mm. de large dans d’autres) ; les déformations subies par les empreintes sont pour une grande part dans ces variations des dimensions relatives ; on peut considérer les chiffres 6 mm., 5 de long sur 5 mm. de large comme voisins de la réalité. :

La glabelle est partout renflée ; elle est régulièrement arrondie et un peu surplombante au front et vient border latéralement la grande suture qui subit une inflexion concave vers l'extérieur, au droit de l'extrémité antérieure de l'œil. Les sillons latéraux antérieurs et moyens sont faiblement indiqués, rapprochés et très obliques vers l'arrière ; les sillons postérieurs sont plus marqués; ils délimitent un lobe basal peu saillant et très déclif vers le sillon occipital, à l’angle externe postérieur.

Le sillon occipital est profond, surtout vers les extrémités latérales ; l’anneau occipital est assez large ; il est un peu convexe vers l'avant dans sa partie médiane et porte un tubercule central, peu proéminent, sur sa partie postérieure. Les joues mobiles sont triangulaires : l’angle génal est court, mais anguleux vers l’arrière ; il est dépourvu de pointe génale. Un sillon peu profond délimite un limbe à doublure finement striée.

Les yeux sont grands, longs, peu réniformes et légèrement saillants ; ils n’atteignent pas le niveau de la glabelle ; le lobe palpébral est allongé et étroit. L’extrémité postérieure des yeux vient toucher le sillon occipital, l'extrémité antérieure se trouve au droit du sillon latéral antérieur. La surface oculaire se compose de 50 à 60 files verticales de 18 à 20 lentilles ; au total 900 lentilles, sous une cornée lisse.

Thorax. — Je n’ai récolté que des fragments écrasés de cette partie du corps; sur l’un d'eux, 7 segments sont visibles, mais la partie voisine du céphalothorax est détruite ; il peut y avoir eu 9 segments; l’axe est saillant et plus large que les lobes latéraux ; il se rétrécit graduellement vers le pygidium.

Pigydium. — I] est semi-ovalaire, très bombé, presque aussi long que large; l’écrasement en a fait varier quelque peu les dimensions relatives comme c'était déjà le cas pour la glabelle (7 mm. de long sur 7mm. de large en certains échantillons, 5 mm. de long sur 7 mm. de large dans d’autres). Son axe est large et très saillant (3 mm. de large); il se rétrécit lentement vers l’arrière et se termine, à une distance assez considérable du bord postérieur par une extrémité obtusément arrondie. Il a 13 anneaux dont les derniers sont très coalescents ; ces anneaux sont aplatis et divisés en deux parties, une antérieure large et peu déclive, une postérieure courte et abrupte ; en section longitudinale le pygidium forme ainsi un escalier descendant vers la partie postérieure, Les anneaux sont comprimés au voisinage des sillons dorsaux.

HN 'ya 7 à 8 segments sur les plèvres; les derniers sont très obliques vers l'arrière ; leur séparation est peu nette près du sillon dorsal et va s’accusant en

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