‹ Les Tests HepatiquesChapitre 10 sur 17 · QUES · texte numérisé non relu

QUES

- soit en provoçuant une déviation biliaire, par exemple en sup-

primant l'écoulement de la bile dans l'intestin.

- soit en réalisant une hépatectomie.

- soit en intoxiquant l'animal d'expérience par des substances

telles que le dicoumarol.

Sur trois de ces facteurs, deux sont hépato-biliaires, et l'on conçoit l'influence que, dans ces conditions, peuvent avoir les affections

hépato-biliaires sur le taux de la prothrombine.

Ces conditions expérimentales s'expliquent par la série de faits

suivants !

La prothrombine est une protéine dont la synthèse est réalisée par le Foie, c'est pourquoi l'hépatectomies la supprime. Cette synthèse ne peut se faire qu'en présence d'une certaine quantité de vitamine K, sans que cette vitamine K entre Mlenêne dans la molécule de prothrombine. C'est pourquoi le dicoumarol, anti-vitamine K, abaisse le taux de prothrom-

bine.

La vitamine K, elle-même, est une vitamine lipo-soluble, qui, pour être absorbée dans l'intestin, a besoin, comne toute les graisses, de bile et de sels biliaires. Donc les dérivations biliaires, supprimant la bile intestinale, diminuent l'absorption intestinale des graisses et de là

vitamine K, et entraîne une chute du taux de prothrombine.

Ces connaissances physiologiques permettent de supposer que les affections hépato-biliaires puissent entraîner une chute du taux de pro-

thrombine par l'intermédiaire de deux mécanismes : - soit par l'insuffisance cellulaire hépatique

- soit par la rétention biliaire.

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La technique de la mesure du taux de prothrombine est assez simple : elle consiste à mesurer le temps de coagulation du plasma du

malade, le sang ayant été préalablement recueilli sur du citrate de soude. On aduct alors, avec QUICK, que le temps de cette coagulation est

en relation avec le taux de prothrombine. Divers facteurs interviennent dans ce temps, et l'on exprime les résultats en "pour cent" de la normale,

qui est par définition de 100 %.

Pour des raisons techniques les chiffres compris entre 100 % et

70 % sont considérés comme normaux.

On classe comme hypoprothrombinémie moyenne des résultats compris entre 20 % et 50 %; et comme hypoprothrombinémie grave les résultats infé-

rieurs à 20 %.

Certains auteurs préfèrent exprimer le résultat brut en secondes :

c'est le temps de QUICK, dont le "normal" est de 12 secondes.

C'est en effet QUICK cui, ls premie”, a décrit l'hyroprothrombinémie au cours d'un ictère par obstruction. Depuis, de nombreux travaux ont été publiés sur cette question (POHLE, GILBRIN, IZARN et MATHIEU). Pour ces euteurs l'hypoprothrombinémie est très fréqueute dans ces ictères

par obstruction.

Mais pour d'autres auteurs, les conclusions sont moins catécoriques, et c'est à cette dernière opinion qu'on semble se rattacher aujourd'hui.

Le taux de prothrombine dans les ictères se présente comme suit

a) dans les ictères par obetruction - l'hypoprothrombinémie s'observe dans 70 % des cas. Dans 50 % elle est de 20 à 50 %, dans 20 % des oas elle est inférieure à 20 %, ce qui doit être considéré comme

d'un pronostic grave.

Ce dernier cas est la règle dans les obstructions de nature néoplasique.

b) dans les hépatites ictérisènes, l'hypoprothrombinémie se rencontre, mais plus rarement : 22 % des cas environ, et 6 à 8 % seule-

ment de fomes graves.

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c) dans les ictères hémolytiques (anémie hémolytique, hépatonéphrite à perfringens, ictères transfusionnels), le taux de prothrombine

est le plus souvent normal ou voisin de la normale.

L'exposé brutal de ces résultats ne fait sans doute pas ressor-

tir l'intérêt de la mesure de la prothrombine dans les ictères.

CS

Et pourtant cet intérêt est incontestable à un double titre :

- intérêt diagnostique d'abord, car l'hypoprothrombinémie quand elle existe, peut servir à distinguer entre les intères par hépatite et

les ictères par rétention.

- intérêt pronostique, car, sous certaines conditions, le taux

de prothrombine renseigne sur la gravité de l'atteinte hépatique.

En effet, le foie peut provoquer une chute de la prothrombinémie, par défaillance cellulaire (ou insuffisance hépatique), ou par absence d'absorption intestinale de la vitamine K, quand le flux biliaire est supprimé. Or ces différentes causes peuvent jouer dans les ictères : dans le premier cas, c'est un ictère par hépatite, dans le second, c'est

un ictère par rétention.

KOHLER, reprenant l'étude de la mesure de la prothrombine au cours des ictères, après trois à cinq jours d'injections intramusculaires de vitamine K (0,030 par jour). Ce faisant, il recharge l'ofganisme en vitamine K, et celle-ci arrive au foie par le courant sanguin, et sup-

prime ainsi l'influence de la non-absorption intestinale.

Dans ces conditions, il observe :

- soit un maintien de l'hypoprothrombinémie au même taux : c'est donc que le foie est incapable, en présence de vitamine K, de

synthétiser la prothrombine : il s'agit d'un ictère par hépatite.

- soit une remontée du taux de prothrombine, le foie est donc peu touché, l'hypoprothrombinémie étant due à l'absence de sels biliaires

dans l'intestion. Il s'agit d'un ictère par rétention.

Quant à l'intérêt pronostic de la chute de la prothrombinémie, il est évident. Lorsque l'ictère est dû à une hépatite, une chute pro-

gressive de la prothrombine indique une aggravation de l'hépatite.

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