II/ INTERPRETATION DES RESULTATS
Les cas les plus schématiques se présentent ainsi !:
de Les hépatites infectieuses, le plus souvent ictérisènes, se traduisent par une bilirubinénie auguent£ée, Si l'altération de la cellule hépatique est déjà avancée, la cholestérinase baisse, et l'index thymolé augmente. Cette dissociation cholestérinase/index thymolé est caractéristique de la lésion cellulaire, que celle-ci soit provoquée par une. in= fection, par une intoxication ou par tout autre pr cessus de destruction cellulaire. lille est d'un fâcheux pronostic et annonce la mort si elle persiste et s'accroit à des examens successifs.
Va
Come il n'y a pas G'obstacle mécanique sur les voies biliaires,
le taux des rhosphatases est pou modifié, en général.
20) - Les ictères par obstacle mécanique sont généralement caractérisés par un taux très élevé en hilirubine et, fait caractéristique, mr
une hausse sensible de l'activité phosphatique.
Si la choiostase n'est pas ancienne, et s'il n'y a pas hépatite associée, les valeurs de la cholestérinase et de l'index thymolé sont voi-
sines de la normale.
On 3 donc, par l'association de ces tests, un moven de différencier les ictèrcs par infection cellulaire des ictères par rétention mécanique, que cette rétention mécanique siège dans le choledoque (calcul, compression), le canal hépatique, où les canalicules biliaires. IL est probable qu'un spasme prolongé du sphincter d'Oddi, facile à détecter par
la cholansivgraphie préparatoire, puisse aboutir au mème résultat.
À la longue, la cholostase aboutit à une lésion cellulaire, qui se traduit par une dissociation cholestérinase/index thymolé, dont la
valeur pronostique est importante,
Dans les autres affections hépatiques, les résultats dépendent de l'intégrité de la cellule hépatique, et de la perméabilité des voies biliaires. C'est ainsi que le Professeur DERNARD avporte une inportante série d'observations concernant les cirrhoses, le foie cardiaque, le fcie
alcoolique et le cancer du foie.
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Le syndrôme biochimique fait le point sur la valeur globale de la cellule hépatique et de la perméabilité biliaire. Le terme "global" a son importance, car il chiffre une résultante fonctionnelle hépatique dans
le sang.
Or, dans certains cas de cancer, de cirrhose, il peut rester une quantité suffisante de parenchyme hépatique sain pour donner un métabolisme normal des lipides (cholestérol) et des protides (index thymolé). Mais, dans ces cas, les "instantanés!" successifs montreront l'effondrenent de la
cholestérinase et la hausse de l'index thymolé.
De mêne, dans toutes les affections hépatiques, un chiffre de phosphatases, qui atteint ou dépasse douze unités BODANSKI, incitezra à rechercher un obstacle sur les voies biliaires : cancer, compression par
anénie, brides, ou tuneurs sous-hépatiques.
En résumé, 'l'instantané hépatique!" que nous venons de décrire
peut rendre des services certains !
1°) - Dans le diagnostic étiologique des ictères par infection ou par obs-
tacle mécanique.
20) - Dans le pronostic des affections du foie par la mise en évidence de
la valeur fonctionnelle de la cellule hépatique. Car le syndrôme biochimique étudie deux ordres de faits :
D'une part, les métabolismes lipido-protidiques et par la même,
la valeur du foie.
d'autre part, la perméabilité des voies biliaires.
Il ne faut pas croire que ce soient là des indications uniquement biochimiques n'ayant qu'un intérêt théorique car elles acquièrent une valeur pratique certaine si on les intègre dans le tableau clinique aidé de la ra-
diologie.
De plus, des instantanés successifs donnent uneidée de l'évolution de la maladie vers l'amélioration ou vers l'aggravation. Ils parlent, de façon générale, dans le mêne sens que des examens cliniques répétés ou des ponctions biopsies en série, qui précisent l'évolution et les
effets de la thérapeutique.
T1 existe cependant des cas ou le syndrôme biochimique permet de craindre une évolution fatale. C'est, par exemple, le cas d'une hépatonéphrite dans lequel une dissociation cholestérinase-index thymolé est d'un pronostic franchement mauvais et coïncidant avec un tableau clinique
alarmant, et qui cependant aboutit finalement à la guérison.
Donc un seul "instantané" hépatique mauvais, tout en donnant l'éveil, ne suffit pas à formuler à tout coup un pronostic précis, pas plus d'ailleurs qu'un seul dosage d'urée, qui, s'il est élevé, peut être provoqué par une poussée transitoire de néphrite tout comme ici il peut ne s'agir que d'une poussée transitoire d'hépatite. Ce n'est que par des exa-
mens biochiniques successifs que l'on peut établir un pronostic,
Par contre, un taux de cholinestérase qui atteint l'unité est
toujours l'annonce de la mort prochaine.
Enfin ces tests ont un intérêt pour l'indication o;‘ratoire. La lésion hépatique traduit sa gravité par une hausse insolite de l'index thynolé comme par un abaissement de l'activité pseudo-cholinestér:sique,
il faut donc dans ce cas surseoir à l'opération.
De même, si la prothrombinémie indique une déficience hépatique dans le comportement de la coagulation sanguine, il faut retarder l'opération jusqu'à ce que la prothrombinémie soit ramenée à la normale, ce qu'on
obtient souvent par la vitanine K.
Dans les hépatites non ictériques, un abaissement progressif
du taux de prothrombine est toujours d'un pronostic sévère.
Une hypoprothrombinénie qui, après administration parentérale de vitamine K, se révèle dans un ictère, est en faveur du diagnostic d'ictère
par rétention.
À l'inverse, si elle persiste après un tel traitement on peut
conclure qu'il s'agitud'un ictère par hépatite.
Au cours d'une hémorragie chez un hépatique, la connaissance du taux de prothrombine peut renseigner sur la cause de cette hémorragie. Si l'on trouve une hypoprothrombinémie au-dessous de 20 %, une conséquence thérapeutique s'impose : le sang conservé, ou le plasma, aménera une amé-
lioration rapide.
Dans les hépatites, une hypoprothrombinémie qui va s'accentuant,. malgré un apport correct en vitamine K, est la signature d'une aggravation
certaine.
Il ne faut pas, cependant, s'exagérer l'importance des variations du taux de la prothrombine au cours des affections hépatiques : 18 à 20 Ÿ
des cas seulement présentent une hypoprothrombinénie.
La mesure de la prothrombinémie, quoi qu'il en soit, est importante au cours de toutes les affections hépatiarïes..Ellé nermet de mierx connaitre le métabolisme de cette protémie, nécessaire à la coagulation, de préciser le rôle de l'absorption intestinale et des sels biliaires sur l'assimilation de la vitamine K, et le rôle du foie dans la synthèse de
la prothrombine.
En réalité, le taux de prothrombine mesure la somme de la pro-
thrombine vraie et des accélérateurs de la coagulation.
J.B. SOULIER a d'ailleurs démontré récemment que, dans les affections hépatiques, non seulement la prothrombine vraie, mais encore un
accélérateur : la convertine, sont abaissés.
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