‹ Les théâtres anglais. Avec une préf. de Edwin O. SachsChapitre 3 sur 36 · PRÉFACE V · texte numérisé non relu

PRÉFACE V

(Tautrcs pays, comme par exemple ceux crAlleiiiagne et d'Auiriche ; mais je suis heureux de pouvoir ajouter aujourd'hui que les défauts sur lesquels j'ai alors attiré rallenlion ont été corrii;és, et qiie les théâtres nouveaux de la capi-

ile et des provinces témoignent d'un grand progrès, aussi bien dans leur architecture qu'au point de vue de la commodité, de la sécurité et de l'organisation de la scène.

Dans ces mêmes articles, je me risquais à

idiquer que la France s'était laissée distancer .lans la construction, l'organisation et la direction des théâtres, et n'avait pas fait, dans ces \ingt dernières années, les progrès que le monde attendait d'elle.

Et il serait en vérité infiniment flatteur pour r Angleterre, et méritoire pour les efforts accomplis par nos théâtres depuis quelques années, que l'étude de M. Georges Bourdon fut l'occasion de quelques améliorations dans la condition matérielle du tliéâtre français, auquel,

insi qu'il le dit si bien, il reste sans conteste nt à faire.

Toutefois, quelques exemples que, sous Finsl'iralion de ce livre, la France puisse em|)runter

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à TAngleterre, et si grande qu'ait été sur son propres métliodes l'influence des exemples allemands et autrichiens, les Français, du moins, pourront se souvenir avec fierté que les étonnants perfectionnements apportés, dans ces deux pays teutoniques, à la construction et aux effets de tliéàtre, sont dus à la vigoureuse impulsion donnée, de 1860 à 1870, par le grand architecte français, Charles Garnier. Car Charles Garnier n'est pas seulement, dans l'architecture théâtrale, le maître le plus illustre, il a aussi exercé, sur les maîtres du monde entier, la plus heureuse aclion et rénové l'organisation des théâtres en même temps que l'art scénique.

11 est incontestable, en elTet, que le grand maître de l'art théâtral, au siècle dernier, fut Charles Garnier, car nous retrouvons très visiblement son influence dans les idées du baron Hasenauer, à Vienne, aussi bien que dans celles de Gotlfried Semper, en Allemagne, et du professeur Schrœter, en Russie. Moi-même, je me considère humblement comme un adepte et un disciple de Charles Garnier : et les lettres que j'ai de lui, les visites que je lui ai faites à sa villa de Bordighère ne m'ont pas seulement

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appris — et avec quelle sùrelé! — bien des choses (le technique, elles m'ont encore et surtout imprégné de cet enthousiasme de perfection que, seul de tous les architectes que j'aie connus et que je connaisse, il était capable d'inspirer à de jeunes hommes.

Quand l'Angleterre est si longtemps restée en arrière, quand la France en a fait autant, il ne faut pas, je le répète, chercher d'autre artisan, direct ou indirect, du progrès réalisé ou à venir, (\ur ce grand Français qui s'appelait Charles Garnier, de qui tous les architectes du monde, tous les directeurs de théâtre et tous les ingénieurs de la scène restent si grandement les obligés.

Fn lisant le livre de M. Georges Bourdon, j'ai trouvé beaucoup de points sur lesquels je suis entièrement d'accord avec lui; mais il va de soi qu'il en est d'autres où nous ditTérons d'avis. Et, tout émerveillé que je sois de la précision avec laquelle il a, le plus souvent, su dégager les grandes lignes de son sujet, certains |)oints de détail, comme il fallait s'y attendre dans un ouvrage aussi vaste et complet, n'ont pas également entraîné mon adhésion.

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