LR FER ET LE BOIS
C'est le principe même de sa construction.
Nous supposons connues les dispositions générales de la scène, des dessous et du cintre. Tous les théâtres étaient construits en bois au temps de Louis XIV. Us sont en bois aujourd'hui encore. A Paris, l'Opéra, l'Opéra-Comique et la Comédie- Françaisefont seuls exception. Londres, àcet égard.
n'a pas innové, hormis à Covent Garden et à Di ury Lane.
Les avantages du bois sont nombreux : il a une souplesse et une légèreté que ne possède pas le fer ; mieux que lui, il se prêle aux transformations, aux déplacements, aux démolitions, qui sont le sort ordinaire de la machinerie, dans un théâtre de mise en scène, où la cage des dessous doit être essentiellement mobile et démontable.
Mais ses inconvénients sont graves. D'abord il est inflammable. Ainsi qu'on Ta dit, un théâtre, avec l'échafaudage compliqué des poutres qui composent SOS dessous, avec son plancher de scène fait de lames minces et sèches, avec ses corridors ajourés du cintre, avec son gril à claire-voie, d'oij pendent, dans un emmêlement perpétuel, les rideaux, les frises, les fils de chanvre, les fermes, les châssis, est un admirable bûcher préparé pour rincendie, et l'incendie est le danger en puissance enferme dans l'armature de chaque fil électrique.
D'autre part, le bois n'a pas la rigidité du fer. Or, dans tous les théâtres, untassementse produit iiicessammentdansles dessous, une force continue pousse toute la charpente inférieure vers Tavant- scène. sous le poids du plancher incliné qui la jette contre le mur de face, en dépit de toutes les chaînes d'attache et des crochets d'écartement les plus solides.
Pour cette double raison, la supériorité du fer sur
le bois est incontestable. Du reste, le problème ne se pose même plus, si Ton se décide à l'emploi du moteur mécanique dont nous allons parler.
La machinerie métallique a déjà été essayée chez nous, mais maladroitement. Le Châtelet et le théâtre des Nations, où vécut TOpéra-Comique pendant onze ans, et où triomphe aujourd'hui M'^^Sarah Bernhardt, en virent la première expérimentation. Mais on se résolut bientôt à revenir au bois dans Tinstallalion des corridors de service, qui grondaient sous les pas des machinistes, et troublaient ainsi le silence des représentations. On ne s'était sans doute avisé de parer \ ce médiocre inconvénient, ni au moyen de tasseaux de bois habilement distribués, ni en obligeant les machinistes à se chausser d'espadrilles.