Mc(noires secrets
ET DU BOULEVARD SOUS LOUIS XVL 29 i
leurs en fuite, la détacha et la reconduisit respectueusement à ses parents. Cet exploit avait été raconté par toutes les gazettes, illustré dans un tableau exposé au Salon, et la reine, ayant mandé le dragon, l'avait généreusement récompensé et fait entrer aux Invalides. Audinot eut l'idée de représenter cette aventure dans une pantomime et d'inviter le héros à y assister. Quelle chambrée, ce soir-là, et quelles recettes ! « Non seulement les amateurs s'empressèrent d'avoir des billets pour entrer à ce spectacle, mais une foule compacte se pressa sur le boulevard pourvoir passer le personnage qu'il s'agissait de célébrer; on eût cru que le roi ou la reine allait venir. Enfin, il est arrivé, précédé d'une trentaine d'Invalides, ses camarades. Tout l'état-major de l'Hôtel s'était fait un devoir de s'y rendre, et le directeur avait amené le héros du jour dans sa voiture. Il a été reçu aux acclamations de toute l'assemblée, et afin que personne ne pClt le méconnaître, on était convenu qu'il resterait, durant tout le spectacle, le chapeau sur la t(^te, avec une cocarde blanche. A la fin de la pantomime, intitulée le Maréchal des Logis, qui n'est que la représentation de sa glorieuse aventure, on l'a fait monter et asseoir sur le théâtre pour entendre deux couplets à sa louange ^ »
Ainsi, dans les pantomimes de la Foire, comme dans les comédies, on voyait autre chose que des malpropretés indécentes.
Ces divertissements salutaires et cette é])uration,