‹ Les théâtres des boulevards (1789-1848) (volume 2)Chapitre 10 sur 41 · POLYCARPE · texte numérisé non relu

POLYCARPE

Une âme pieuse, mon frère, ne se rebute jamais.

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)endant qu'il confie à Babet l'honneur de déîs sandales, des villageois indiscrets osent la sainte besace, qu'ils trouvent remplie 5 d'œufs, et toucher à la bouteille sacrée, dont oivent la cloison intérieure et les deux goutratagème est découvert, les deux fripons jetés 2, et Charles, le fiancé de Babet, s'écrie :

camarades, vous venez de voir un échantillon des Is ont toujours été le fléau de4'humanité. Un temps eut-être où, sur les débris de la superstition et du , les Français élèveront un temple à la Raison et à )phie. En attendant, admirer Fauteur de la nature, t là notre culte ; chérir la liberté et l'égalité, que ce nos dogmes ; être utile à ses semblables et servir sa le ce soit là notre morale.

MATHURIN

Longtemps l'peuple crut bonnement \. tous ces jongleurs fanatiques ; ^ais on voit quel cas à présent 1 fait d'ieurs merveilles mystiques.

3n nVoit qu'not' Révolution Et ses infaillibles oracles Jui sach' fair' sans prétention Tous les jours des miracles.

MATHURINE

D'puis deux mille ans j 'étions d's idiots, Embêtés parla monacaille. Maintenant j 'faisons fair' d' fiers sauts \. toute c'te sainte canaille, ^arfois j 'rencontrons d's intrigants ; Mais l'sans- culotte est là qui guette

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Les traîtres et les charlatans Pour en faire une om'lette. »

L'attaque contre les monastères et les moines avait pu se produire brusquement et brutalement. Comme le prouvaient Mélanie, Ericie ou la Vestale, les Réchappées du couvent, la Fête de Sainte-Ursule, d'autres pièces encore, depuis longtemps composées, de pareils sujets étaient mûrs pour la scène, et les théâtres populaires ne pouvaient manquer de les adopter très vite : les scandales récemment dénoncés en faisaient des actualités, et ils renfermaient des éléments très dramatiques ou très comiques, c'est-à-dire ce que réclamait surtout le public des boulevards.

La critique des prélats à bénéfices et des abbés de cour devait tarder un peu plus et se montrer moins agressive. Elle n'offrait qu'un intérêt médiocre à des spectateurs, petits bourgeois, qui ne connaissaient guère ces gens-là : on ne les rencontrait pas, comme les moines quêteurs, à tous les coins de rue, devant la porte de toutes les maisons. On laisse donc à la Comédie-Française le plaisir de porter les premiers coups, qui ne sont pas bien douloureux : c'est, dans Epiménide, un simple couplet chanté sur l'air d'Orphée par un abbé de boudoir, personnage d'ailleurs tout à fait accessoire : *

« J*ai perdu mon bénéfice :

Rien n'égale ma douleur. »

Sur les boulevards, on s'intéresse d'autant moins à ces personnages inconnus, qu'on se flatte encore, en

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« Je perds une abbaye... Ohl bai'bares destins! Quelle abbaye encore I... Ahl de Bénédictins! On ne respecte rien, on a perdu la foi. »

A l'Ambigu, il ne provoque aussi que T hilarité, l'évêque de Spire, si malicieusement berné et puni par le général Custine de sa platitude et de son avarice.

LE GÉNÉRAL

« Nous ne sommes pas venus pour mettre les peuples à contribution. Notre mission est de les délivrer du joug et non de les pressurer.

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