L'auteur de Par le glaive a juslifié ce pronostic
LXVl PIVÉFACE.
à cet esprit de disceruement et de scrupuleuse équité, dont il nous serait facile de multiplier les preuves K Anmi, tout eu faisant justice, haut la laaia, de l'étrange décousu, des péripéties stupéfiantes, du sublime, tantôt banal, tan lût alaiiibiqué de ce drame de M. Villiers de Tlsle Adam (ie Nouveau numde)^ qu'une petite église d admiraleurs avait, longtemps à Tavance, préné comme une œuvre de génie, il avoue avoir eu plus d'un répit de froideur ou d'ennui en Técoutaut ; il y reconnaît et désigne < quelques belles [»arlies », certains moments « d'un eftet sim^ile et grand » , une fin héroïque de quatrième acte, et laulôt ici, tanlùtlà, de vrais coups d aile, Ses sèxériiés de tout à Fheure, d'autant plus vives, qu'elles répondaient au ridicule engouement d'un cénacle, s*atténuent par ces quelques réserves en sens favorable, dont on doit lui savoir gré; car elles témoignent d'un intérêt réfléchi et sincère pour le fier et malheureux auteur qu'il vient de malmener, et d'un besoin de répandre, en finissant, un peu de baume sur les blessures qu'il a dù faire.
1 . C/t'st en s'inspirant de cet esprit qu'il apprécie avec une s! remarquublc impartialité Henriette Maréchalj ce drame de MM. Edmond et Jules de Ooncourt, les romanciers réalistes, ja ils éloiifTé en naissant par une de ces émeutes de parterre qui tuent sans entendre, et dont la reprise, vin^'t ans après, en 188.'), offi-ait tout riotcrêt d'une i)remière. Voir Trois Années de théâtre, S»»*^ vol., p. 139.
PRfirACR. LXVIf
Si dans ses études sur le jeune théâtre oontem*
poraiû, il a quelquefois rempli saus ménagement, en toute rigueur, et même avec quelque rudesse et dureté son office de juge, c'est quaod il avait afiaire à ces prétendus régénérateurs de la scène, qui ont entrepris de fonder ua art nouveau, miroir exact de « la vie comme elle est », Fart naturaliste, sur les ruines des antiques conventions et des vieilles formules. Il n'a été en aucune occasion, plus acéré, plus âpre de critique, pluss vii et mordant de langage, plus fort de doctrine et de raison, qu'en examinant la dernière et la plus audacieuse des œuvres de l'homme d'esprit qui tient une place considérable dans cette école nouvelle: la comédie de la Parisienne. Dans les dix colonnes de feuilleton consacrées à cet uuique sujet, l'auteur, M. Henri Bccque, a été traité sans merci, et comme on dit» passé par les armes ^ A vrai dire, la patience et le sang-froid du maître feuilleUmiste étaient mis à rude épreuve, quand il entendait autour de lui vanter comme un pas décisif en avant, d'un utile et fécond exemple, cette pièce
1. C^est ceUe pièce seule, ou à peu près, qai attirait sur M. Eeoque de tels sévices. J.-J. AVeiss reconnaissait dans les ouvrages précédents du méœe (Midiel Pavper, les Honnêtes femmes, les Corheaux)y parmi de fâcheuses tendances, les signes non douteux d*an tempérament dramatique; et même dans et terrible feuUleton sur/a Panaîenfie, U 8*attaque moins au talent de Tanteur qu'au déplorable système dans lequel la pièce a été conçue et exécutée.