CONSTANCE
Ahî vous commences trop loL
Cette iéUexion de Constance est ûne et bien en scène. H. Desvallières la reproduit textuellement; et ce n'est pas la seule. Varin et liesvergers euxmêmes, observons-le en passant, donnent sans façon à leur femme d'emprunt le nom de Constance, qu'Étienne avait déjà donné à la sienne. Vais-je faire une querelle à M. Desvallières, l'appeler pJagiaire, pirate et bandit? Mes lecteurs ne s'y attendent pas; depuis le conûit Ucbard-Saidou^ ils connaissent mes maximes sur la matière. Je ne fais que constater, par l'exemple de M. Desvallières, la manière dont les auteurs opèrent et dont il est inévitable qu'ils opèrent.
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Hien ne eerail plus propre qu'une analyse alleulivo et détaillée des diverses (uuvi'es, isèiies d'tene heure de mariage^ à monlrer combien les idées actuelles en vogue sur la propriété des œuvres drainaliques sont incompatibles avec le mécanisme naturel do l'inventiou poétique et les lois éternelles du travail littéraire. Dans ces pièces» que j'appelle tout simplement parentes, et que les séides de propriété littéraire appelleraient des pièces usurpées l'une de l'autre, tout est semblable, mais é^alcnicnl tout diiïère ; le patron sur lequel est taillée Tétofte la iiiulumorphose. Uans la môme situation scéniquc où Tun avait mis un homme, l'autre met une femme ; là où c'était, avec l'un, le neveu qui voyageait, c'est l'oncle, avec l'autre ; Etienne fait un acte, M. Desvallières, deux ; M. Albert MiUaud, trois ; cés légers écarts entre des pièces parties d'un niénio point Unissent par établir entre elles de fort grandes distances. GermëuU, lé héros d'une Heure de mariage, est réellement marié; mais c'est avec une atitre femlûe qud celle qu'exigeait son oncle Marcé; il a épousé en secret Elise et son oncle côihmàndalt qu'il épousât Gonstàidce ; Gerineuil prend le parti de présenter, en effet, à Marcé cette Constance, comme étant sa femme, et le fort intérêt de la pièce, ses complications, l'éclat qui amène le dénouement viennent des jalodsiés de Germeuil,
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doal la femme vérilable, Élise, crue fille, est Tobjet des poursuites pressantes de Sâînt-Ange, ami de Uarcé et de Uermeuil. Ùaos les autres pièces, le persorifaat^e qui se donile une remthe d'enijarunt, est, au contraire de Germeuil, célibataire. L'action ne nait pas chez Êlienne, comme chez les aiitres, de l'arrivée inopinée de l'oncle. C'est l'oncle, dans son château, qui Feint line ihaladie mortelle ; il mande auprès de lui son neveu pour lui imposer in exlremù la conclusion du mariage désiré avec Constance ; le néveu lui annonce alors de Lyon le mariage comme déjà ftiit, et il ne recourt à ce roman que parce que la mort de son oncle, qu'il a lieu de croire prochaiiie, arrivera avant que le subterfuge soil décbu-' vert. Uimbroglio sengage du fait que Germeiiil, arrivant ail château de Marcé avec Constance, la femme feinte, trouve son oncle debout et bien portant. Etienne lire de son idée (nous supposons toujours, sans en être certain, que c'est lui qui a trouvé ridéç) une pièce intéressante, adroitement déduite, serrée, sÂtis fissure, mïds oii le dialogue est terne, où l'on ne dislingue aucun caractère en relief, où les effets sont de finesse plutôt que de comique. Varia et Desvergers en tirent une grosse Luuilunnerie à l'usage du peU|>le; ils n'oiit d'attention qu'à créer un état croissant d'ahurissement pour le principal personnage, leqiiel était joué par Â^nal, qUi fut en
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sua leiiipsle roi desaJiuris. Arrive M. Albert Millaud. Comme Étienne avait déjà fait, il met en présence deux couples parallèles doiil les alleriiaiices d'amour et de jalousie engagent et nouent Tintrigue comique. Sans aucuu doute, M. Albert Millaud, quaud il a écrit la Créole^ connaissait une Heure de mariage ; c'est tout Étienne, transposé des temps du cousuiat en 168S. Je dis que c'est tout Etienne, parce qu'en ce moment je suis micrographe et que j'opère au moyen du microscope. Que je voie la pièce et que je me laisse aller à eu jouir au lieu de la décomposer, je dirai peut-être : ce n'est pas du tout Étienne. Non ! ce n'est pab Étienne. M. Albert Millaud emploie le procédé du retour imprévu dont Etienne n'a pas eu besoin, 11 ne se dégage pas nalurellemeut comme Etienne, de son labyrinlhe ; il en sort par un de ces éclats d'extravagance que Topéretie seule comporte et que, jusqu'à un certain point, elle exige. L'action, chez lui, est lâche et décousue de parti pris autant qu'elle est suivie chez Étienne. Mais sur l'action, M. Albert Millaud répand, sans compter, l'esprit, le sel, la verve comique dont Étienne nous sèvre complètement. Mais il enveloppe ses personnages d'un scintillement éblouissant. Mais il sème à pleines mains les arabesques, l'imagination sans peur, la fantaisie poétique alerte qui sont l'originalité de son talent. Toutes ces ballades, fraîches et savoureuses»
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naïves et subtiles, le rondeau de René au premier