Principes de biologie, vol, I, p
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Aux différents faits allégués en faveur de la thèse lamarckienne, Weismann et ses disciples opposent, d’eilleurs, non pas une interprétation différente, &i une critique des observations et des expériences, mais leur point de vue général, l’impossibilité théorique de la transmission héréditaire des caractères de cet ordre. Nous avons vu comment l’idée de la séparation absolue entre le plasma germinatif et le plasma somatique entrainait cette impossibilité comme conséquence nécessaire. Il est certain que tout ce que nous connaissons à l'heure actuelle du mécanisme de l’hérédité ne nous donne aucun moyen de répondre victorieusement à l'objection de Weismann. Comment par exemple, le développement des callosités du chameau par le frottement peut-il influencer la celiule germinale de façon à produire chez le descendant une modification identique? Nous avons vu, en parlant des théories de l’hérédité, les différentes tentatives faites dans ce sens. Ici, nous ne pouvons que répéter, à propos de cette question spéciale, ce que nous avons déjà dit : ce qu'il faudrait opposer au système de Weismann, ce n’est pas un nouveau système analogue : c’est une théorie partant d’une conception tout à fait différente des droits et des levoirs du théoricien.
C’est peut-être la chimie du protoplasma, encore
bien mal connue, qui nous donnera un jour la solutio Ce res questions. Pour le moment, nous n: XC:70us que formuler des considérations très geztr.lcs, peut-être même un peu vagues; mais
ce qu'il y a d’essentiel, c’est d'indiquer la méthode à suivre.
Nous ne pouvons, à cet égard, que reprends:
‘ne idée qui a déjà été émise! et qui avait été en partie suggérée à son auteur par celle des « substances formatives » de Sachs. En quoi l'œuf se distingue-t-il des autres cellules de l’organisme? En ce que, pendant le développement embryogénique, les cellules auxquelles il donne naissance, d'abord semblables entre elles, arrivent à se différencier et à se spécialiser dans certaines fonctions, et deviennent incapables, tant qu’elles sont ainsi différenciées, de donner naissance à un organisme tout entier, tandis que la cellule germinale conserve cette faculté. C'est cette différence qui semble rendre impossible le retentissement sur l’œuf des modifications subies par les parties spécialisées de l’organisme et l'explication de la transmission héréditaire des caractères acquis. En l’examinant de près, cependant, on voit qu’elle n’est pas aussi profonde ni aussi fondamentale qu’on pourrait croire.
La différenciation ontogénétique consisteen grande partie en ce que certaines substances se trouvent être prédominantes, par rapport aux autres, dans les différentes cellules. De ces substances, certaines prennent naissance de novo dans ces cellules, d’autres leur viennent de l’œuf dont elles dérivent. Aïnsi l'œuf, comme toute cellule, possède une cer-