‹ Les théories de l'évolutionChapitre 107 sur 162 · LATE · texte numérisé non relu

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tances ont mis dans l’habitude d’avaler les objets dont ils se nourrissent, sans exécuter auparavant aucune masficalion, se sont trouvés exposés à ce que leurs dents ne reçussent aucun développemert. Alors ces dents, ou sont restées cachées entre les lames osseuses des mâchoires, sans pouvoir paraître au dehors, ou même se sont trouvées anéanties jusque dans leurs éléments ». Lamarck signale l’exemple du fourmilier dont l’habitude de-n’exécuter aucune mastication a provoqué la disparition des dents. Il en est de même de la baleine que l’on avait cru complètement dépourvue de dents et chez laquelle elles ont été retrouvées au stade embryonnaire.

« Des yeux à la tête sont le propre d’un grand nombre d'animaux divers, et font essentiellement partie du plan d’organisation des vertébrés. Déjà néanmoins la taupe, qui par ses habitudes fait . très peu d'usage de la vue, n’a que des yeux très petits et à peine apparents, parce qu’elle exerce

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très peu cet organe. L'Aspalar… qui vit sous terre

comme la taupe et qui, vraisemblablement, s'expose encore moins qu’elle à la lumière du jour, a totalement perdu l'usage de la vue : aussi r’offre-t-il | plus que des vestiges de l’organe qui en est le . siège; et encore ces vestiges sont tout à fait cachés sous la peau et sous quelques autres parties qui

les recouvrent et ne laissent plus le moindre accès

à la lumière ». De même, le protée qui habite dans les cavités profondes et obscures. « Enfin, ilentrait dans le plan d'organisation des reptiles, comme

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des autres animaux vertébrés, d’avoir quatre pattes dépendantes de leur squelette... Cependant, les serpents ayant pris lhabitude de ramper sur la terre, et de se cacher sous les herbes, leur corps, par suite d’efforts toujours répétés pour s’allonger afin de passer par des espaces étroits, a acquis une longueur considérable et nullement proportionnée à sa grosseur. Or, des pattes eussent été très inutiles à ces animaux, et conséquemment sans emploi : car des pattes allongées eussent été nuisibles à leur besoin de ramper, et des pattes très courtes, ne pouvant être qu’au nombre de quatre, eussent été incapables de mouvoir leur corps. Ainsi le défaut d'emploi de ces parties ayant été constant dans les races de ces animaux, a fait disparaitre totalement ces mêmes parties, quoiqu’elles fussent réellement dans le plan d'organisation des animaux de leur classe ».

Et il en est ainsi non seulement dans l’évolution

phylogénétique des différents ordres d'animaux,

mais aussi chez un même être pendant la durée de son existence. « On sait que les grands buveurs, ceux qui se sont adonnés à l’ivrognerie, prennent très peu d’aliments solides, qu’ils ne mangent presque point, et que la boisson qu'ils prennent en abondance et fréquemment, suffit pour les nourrir. Or, comme les aliments fluides, surtout les boissons spiritueuses, ne séjournent pas longtemps, soit dans l’estomac, soit dans les intestins, l’estomac et le reste du canal intestinal perdent l’habitude d’être distendus dans les buveurs, ainsi que

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dans les personnes sédentaires et cons appliquées aux travaux d’esprit, qui se sont habituées à ne prendre que très peu d'aliments. Peu à . peu, et à la longue, leur estomac s’est resserré, et

leurs intestins se sont raccourcis » 1.

Au contraire, « l'emploi fréquent d’un organe | devenu constant par les habitudes augmente les

facultés de cet organe, le développe lui-même et lui fait acquérir des dimensions et une force d’action qu’il n’a point dans les animaux qui exercent moins ». « L'oiseau que le besoin aitire sur l’eau pour y trouver la proie qui le fait vivre, écarte les doigts de ses pieds lorsqu'il veut frapper Peau et se mouvoir à sa surface. La peau qui unit ces doigts

à leur base, contracte, par ces écartements des doigts .

sans cesse répétés, l'habitude de s’étendre; ainsi avec le temps, les larges membranes qui unissent

les doigts des canards, des oies, etc., se sont for- : mées telles que nous les voyons. Les mêmes efforts

faits pour nager, c’est-à-dire pour pousser l’eau, afin d'avancer et de se mouvoir dans ce liquide, ont étendu de même les membranes qui sont entre les doigts des grenouilles, des tortues de mer, de la loutre, du castor, etc... De même l’on sent que l'oiseau de rivage, qui ne se plaît point à nager, et qui cependant a besoin de s'approcher des bords de l’eau pour y trouver sa proie, est continuellement exposé à s’enfoncer dans la vase. Or, cet oiseau, voulant faire en sorte que son corps ne

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