Ibid., p. 248 et suiv. 1e
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tinuellement d'y atteindre. Il est résulté de cette habitude, soutenue depuis longtemps, dans tous les individus de sa race, que ses jambes de devant sont devenues plus longues que celles de derrière, et que son col s’est tellement allongé, que la girafe, sans se dresser sur les jambes de derrière, élève sa tête et atteint à six mètres de hauteur »f.
De tout cela découle la première loi de Lamarck : « Dans tout animal qui n’a point dépassé le terme de ses développements, l'emploi plus fréquent et soutenu d'un organe quelconque, fortifie peu à peu cet organe, le développe, l’agrandit, et lui donne une puissance proportionnée à la durée de cet emploi; tandis que le défaut constant d'usage de tel organe, l'affaiblit insensiblement, le détériore, diminue progressivement ses facultés, et finit par le faire disparaître ».
Ces modifications n'auraient cependant aucune importance pour les destinées de l’espèce si elles ne se perpétuaient pas dans la postérité. Mais elles sont héréditaires, et c'est ce qui est énoncé dans la deuxième loi : « Tout ce que la nature a fait acquérir ou perdre aux individus par l’influénce des circonstances où leur race se trouve depuis longtemps exposée, et, par conséquent, par l'influence de l'emploi prédominant de tel organe, ou par celle d’un défaut constant d'usage de telle partie, elle le conserve par la génération aux nouveaux individus qui