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RSR eNE Mers MODERNES DU LAMARCKISME 979

nous la montrait comme un point de vue strictement mécaniste, plus capable peut-être qu'aucun autre avec la prépondérance qu’il accorde à l’action

Ke du milieu d'appuyer cette conception philosophique #4 de la vie. Et il en est ainsi dans l'esprit de presque ‘3 tous les néo-amerckiens. Il existe cependant (sur- {|}. « tout en Allemagne) une certaine forme du lamarc- D. kisme assez spéciale, qui a pris à la lettre les % paroles de Lamarck sur l'effort que fait l'être vivant à pour s’adapter à ses besoins, et l’a compris comme un effort conscient, résultat d’un jugement. Cette conscience se manifesterait, d’après les adeptes È

. de cette école (Pauly par exemple), non seulement à dans l'adaptation des organes aux différents be- à soins nouveaux (la transformation des membres PL.

chez les crustacés, par exemple), mais même dans ie les modifications des caractères histologiques, la Ne conscience étant une propriété non seulement de fi

+ l'organisme, mais même des éléments. Pauly attri- F3 bue, d’ailleurs, la même faculté aux corps inor- ë ganiques, espérant combler ainsi l'ancien abime | L entre la matière vivante et la matière brute. 3

C’est un lamarckisme vitaliste et téléologique, et À c’est celui que les adversaires des idées de Lamarck ë

peuvent combattre avec le plus de succès. Rien n’est aussi contraire, pourtant, à l’esprit de Lamarck, avec sa conception mécaniste de Pévolution e et sa méthode éminemment positivistei. On a

4. Le biographe de Lamarck que nous avons déjà eu «# l'occasion de citer, Marcel Landrieu, le montre très bien 74 dans les chapitres xxIr et xxur de son livre.

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altribué à Lamarck quelques idées ridicules, |

comme celle, par exemple, que, si la girafe a un long cou, c’est qu’elle s’y est appliquée consciemment. Lamarck ne l’a jamais dit ainsi, mais il est incontes-

. table que les connaissances psychologiques d’alors

lui permettaient de donner à son explication de la manière dont la « volonté » de l’animal intervenait dans l’exercice de telle ou telle partie de son corps, une forme que n’autoriserait plus une psychologie moderne plus fouillée. Aussi est-il étrange d’entendre parler, de nos jours, en se réclamant de Lamarck, du « jugement » émis par les éléments des tissus!

Mais nous pouvons laisser de côté ce « lamarckisme » trop spécial : il n’a emprunté aux idées de Lamarck que leur forme et certains détails inacceptables maintenant, c’est-à-dire précisément ce qu’elles avaient de périssable; ce n’est certainement pas par lui qu’elles arriveront à triompher.

Voyons maintenant, après avoir exposé la tendance lamarckienne, si on esten droit de l’opposer à l’idée darwinienne, surtout telle que celle-ci apparait chez son fondateur. Il est facile de voir que

non, et cela, non seulement parce que nous trou-

vons chez Darwin des conceptions lamarckicnnes, mais en raison du fond mème des idées dont il s’agit. Même, en laissant de côté leur base transformiste commune, nous voyons que les facteurs mis en avant par les deux écoles ne sont nullement contradictoires. Darwin ne s'arrête pas à la question

de l’origine des variations ; Lamarck s’occupe surtout de cette origine qu’il attribue à des causes dont Darwin, non plus, ne nie pas l’action. L'idée

maitresse de Darwin, la sélection naturelle, ne

s'oppose en rien aux idées lamarckiennes ; aucun, d’ailleurs, des lamarckiens actuels ne à rejette, tous lui attribuant un rôle important, quoique non exclusif. L'opposition n’apparait que lorsque de Darwin nous passons aux néo-darwiniens, avec le dogmatisme qui caractérise certains d’entre eux. Mais là aussi les faits obligent à faire certaines concessions, et ces concessions sont, comme nous l'avons déjà vu, en faveur du point de vue lamarckien.

D'ailleurs, pas plus que la sélection naturelle seule, l'interprétation lamarckienne ne donne la clef de tous les phénomènes. Beaucoup de questions restent ouvertes. D'abord, aucune théorie de l'hérédité n’a donné jusqu’à présent une explication complète de la transmission des caractères acquis ; ensuite le processus physiologique lui-même, par lequel un organe s’accroit par son fonctionnement, n’est pas encore élucidé, Spencer, par exemple, disant, pour l’expliquer, qu’ « une usure considé-

rable, donnant une faculté considérable d’assimi-

lation, est plus favorable à l'accumulation des tissus que n’est le repos avec son assimilation relativement faible {, tandis que Le Dantec nie, comme nous l'avons vu, l’existence de cette usure lors du

4. Principes de biologie, vol. I, p. 224.

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fonctionnement, et croit ce dernier accompagné,

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