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LA SÉLECTION ORGANIQUE 285 se manifester que si chacun existait seul. Il arrive “ ainsi que la petite variation innée, trop faible par À elle-mème pour être utile, s’amplifie en quelque #
sorte par la variation acquise, semblable, qui vient se greffer sur elle, et les deux variations combinées deviennent suffisantes pour donner prise à la. sélection naturelle. Celle-ci préserve les individus ainsi favorisés à l'exclusion des autres et la variation innée se trouve conservée et transmise par l'hérédité grâce à l’utilité de la variation acquise. & Ensuite les choses se passent comme le repré- s sente Darwin pour le cas des variations innées 4 utiles : elles s'accumulent par addition progres- Fe sive et le caractère en question se trouve de plus 1 en plus développé. Darwin a d’ailleurs lui-même cité certains caractères qui, sans utilité par euxmêmes, peuvent profiter, pour se maintenir, de £ l'utilité d’autres caractères, corrélatifs des premiers. Il s'agissait là de deux caractères également innés ; ici l’un des deux caractères, celui qui joue | le rôle protecteur vis-à-vis de l’autre, est un carac- É tère acquis. | De cette façon se trouverait résolue, d’après ces auteurs, la question difficile des débuts des variations utiles, et cette autre, non moins embarrassante, de l’hérédité des caractères acquis : cette hérédité ne serait qu'une apparence, car ce qui Ÿ est hérité, ce n’est pas la variation somatique è visible, mais la variation innée coïncidente qui ne s'apercevait pas. Peu à peu, dans la série des
générations, cette coïncidence deviendra de plus A 13 r
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que c’est celle-ci qui a été directement transmise.
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en plus complète, car elle est avantageuse et la sélection naturelle arrive à éliminer graduellement les individus chez lesquels la variation adaptative n’a pas rencontré la variation innée correspondante. Ce sont bien les variations germinales qui se transmettront par l’hérédité, mais comme elles offriront des facilités pour l'adaptation ontogénétique qui ne manquera pas de s’établir, il semblera
La théorie des variations coïncidentes répond aussi à cette autre objection contre la sélection naturelle fondée sur le cas des adaptations paralk lèles, dont chacune, prise séparément, ne peut avoir aucune utilité : par exemple, les bois du cerf qui ne peuvent lui servir que si la musculature du cou et des épaules est développée en proportion. Get argument est, comme on sait, un des principaux mis en avant par Spencer dans sa polémique contre Weismann, comme preuve de l’hérédité des caractères acquis. Mais là aussi cette hérédité n’est qu’apparente : en réalité, c’est par suite d’une variation innée que, chez certains individus, les bois se sont trouvés un jour plus developpés que chez d’autres; ensuite, l’adaptation ontogénétique a amené chez eux l’accroissement correspondant des muscles du cou et des épaules qui a rendu utile la variation innée des bois. Inversement, dans une des générations suivantes, il peut arriver qu’une variation innée qui renforce les muscles surgisse; elle aurait été inutile et se serait effacée
‘si le développement préalable des bois, variation
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ee | LA SÉLECTION ORGANIQUE 287 innée conservée grâce à une variation acquise, ne,
lui avait pas assigné d’avance sa place dans le fonctionnement de l’organisme. La sélection naturelle
. la protège donc, et les deux variations continuent 2 ainsi à s’accroitre parallèlement. 8 Cette adaptation simultanée et exacte est parti- 4
culièrement frappante et difficile à expliquer par la L seule sélection naturelle lorsqu'il s’agit d’instincts complexes; là aussi l'adaptation ontogénétique personnelle développe chacun des instincts parti- . Culiers qui, pris isolément, n'auraient aucune utilité. Dans ce cas d’ailleurs, il y a une autre circonstance qui contribue à donner l'illusion de s: l’hérédité des instincts acquis : c’est l'éducation ‘4 des jeunes par les parents. Tout ce qu’une généra- | tion a acquis par l’adaptation ontogénétique, elle le transmet à la génération suivante qui se meut et
se développe-dans le cadre créé par la première et 4 imite l'exemple donné par elle. C’est là un résultat à: de la sélection organique, qui donne Flillusion 54 d'une transmission héréditaire directe. Baldwin Fa donne à cette sorte d’hérédité le nom d’hérédité KA sociale. ne
La théorie de la sélection organique explique D surtout pourquoi les variations peuvent se suivre | dans une direction déterminée. Cette détermination réside, d’après Baldwin, non dans les variations germinales, mais dans l’action sur elles des modifications acquises; par là, la théorie prend une certaine ressemblance avec celle de l’orthogénèse, mais, pour distinguer cette conception d’une véri-
table théorie SUOMI ut a, des x varia- Ve:
tions germinales, comme le fait d’ailleurs un autre
ï représentant de la sélection organique, Osborn), ‘à il donne à cette évolution déterminée le nom
À d’orthoplasiei.
$ ) La théorie que nous venons d’exposer atteint-
ne elle son but qui est, comme celui de la selection
à germinale de Weismann, de réfuter certaines D objections graves des antisélectionnistes, tout en
re leur faisant quelques concessions? Il nous semble LT que oui, mais dans une certaine mesure seulement. ;, Et d’abord, les théories qui s'appuient soitsurles À seules variations innées, soit sur les seules modi- 1 Fi fications acquises, pèchent, les unes comme les __ autres, par excès d’exclusivisme. Enfaisant sapart à l’une et à l’autre de ces deux conceptions fondaes mentales, la théorie de la sélection organique __ semble moins exclusive et plus proche de la vérité. “4 Elle peut, d'autre part, nous donner l'explication à de ce fait d'observation banale que lorsqu'un er- : 1 semble d'individus est soumis à une variation du ] À k milieu, ils ne répondent pas tous au même degré ; à l’excitation nouvelle. Pour prendre un exemple, si la fourrure sombre des animaux transportés ÉY dans un climat polaire vient à blanchir, elle ne
122 blanchira pas chez tous en même temps au même
4 degré, et ceux qui auront montré une sensibilité
A 4. M. BazmwiN. Development and Evolution (New-York et
15% London, 395 p., 1902), et LI. Morgan: On modification and F wariation. (Science, 18917, p. 133.) 4 LÉ
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