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De même, parmi les plantes, il peut arriver (exemple cité par Romanes d’après Darwin) que i# pollen de deux variétés différentes vienne tomber sur un même pistil, mais que ce pistil exerce une sorte de pouvoir électif entre les deux; il s’établit ainsi un croisement exclusif qui finit par donner un nouveau type. On pourrait citer bien d’autres cas encore de répulsion sexuelle entre variétés d’une : même espèce, de modifications légères dans la structure ou le fonctionnement des organes, etc.

Vernon a proposé une variante à lui de las théorie de la ségrégation physiologique. Son idée fondamentale est celle-ci : il admet qu’au sein de chaque espèce les individus plus ressemblants sont plus féconds entre eux que les individus moins ressemblants; il en résultera que les formes extrêmes finiront par l'emporter sur les formes moyennes et il se produira une divergence de caractères à laquelle il donne le nom de divergence reproductrice. Si, par exemple, il y a, au sein d’une espèce, des individus grands et des individus petits et que les grands soient plus féconds entre eux qu'avec les petits (et les petits aussi), il arrivera que les moyens, produits de croisement entre les petits et les grands, disparaïitront peu à peu et l’espèce se trouvera divisée en deux variétés : la grande et la petite.

La théorie de Vernon repose sur une ve

4. H.-M. Vernon. Reproductive divergence : An additional factor in Evolution. (Nat. Sc., 1897, p. 181.)

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cition arbitraire : la fécondité plus grande des parents semblables. Or, depuis Darwin la supériorité des produits de croisement sur ceux de la reproduction entre semblables est une notion unixersellement admise, et les quelques exemples que cite Vernon à l’appui de sa thèse sont insuffisants pour l'infirmer. Sa théorie comporte aussi une démonstration mathématique, dont les conclusions se rapprochent de celle de la loi de Delbœuf dont nous avons parlé ailleurs, et sont passibles des mêmes critiques.

Pour en revenir à la sélection physiologique typique, celle de Romanes, disons qu'elle est loin d’avoir acquis beaucoup d’adeptes parmi les naturalistes. On lui reproche les nombreuses coïncidences qu’elle exige (les variations de l’appareil sexuel, par exemple, devant nécessairement se produire chez les individus des deux sexes et en même temps), l'insuffisance de cette sorte de variations pour produire une race nouvelle (pourquoi, objecte-t-on, les descendants des individus variés sous ce seul rapport se distingueraient-ils par d’autres caractères encore du reste de l’espèce?), l'impossibilité pour ces variations sexuelles de s’accumuler sans le secours de la sélection naturelle, laquelle, si elle intervenait, aménerait au contraire la disparition de cette stérilité au sein d’une espèce, etc. Ce qui est certain, c’est que, si la variation sexuelle porte ici sur un nombre d'individus restreint, si en d’autres termes, elle reste une variaiion individuelle telle que se la

figure Darwin, il y aura pour ces individus beaucoup plus de chances de périr sans laisser de postérité que de faire souche d’une forme nouvelle. Et si cette variation est générale, elle donnera peut-être naissance à un polymorphisme (comme dans l’exemple des papillons de Kellogg), mais on ne voit pas pourquoi la divergence s’accentuerait au point d'aboutir à une différence spécifique. Cette dernière objection, nous pouvons d’ailleurs l’adresser à toute théorie de ségrégation en général, qu'il s'agisse de l'isolement topographique ou de lisolement physiologique. Une espèce est scindée en deux parties par l'intervention d’une barrière naturelle. Il y a, dès le début, entre les deux parties, certaines différences que la séparation empêchera de disparaître par le croisement; elles subsisteront donc, mais quelle est la cause qui les rendra plus accentuées dans la génération suivante? Leurs destinées uliérieures dépendront peut-être, suivant les conditions du milieu, de caractères n'ayant absolument rien de commun avec ces caractères différentiels {il doit, en particulier, en être ainsi dans tous les cas d’apogamie de Romanes); et s’il en est autrement, si la division a eu lieu en raison de quelque caractère de valeur spécifique, la question se pose de l’origine même de ce nouveau caractère, et la cause qui nous l’expliquera expliquera en même

temps la formation de la nouvelle espèce, en pas-

sant par-dessus le fait intermédiaire de la ségrégation.

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Ici encore, çe qui importe, c’est le mode d’ac ion

tion de ces conditions et non la circonstance qui a fait ï tomber les individus donnés sous leur influence. S L’isolement, géographique et physiologique, peut Me as ___ incontestablement jouer un rôle important dans la différenciation des espèces, mais il ne peut être un facteur indépendant et, à plus forte raison, exclusif. Au point de vue théorique, il ne sera jamais qu'un auxiliaire, offrant un champ nouà la sélection naturelle ou introduisant un

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