‹ Les théories de l'évolutionChapitre 136 sur 162 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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dans la mème année beaucoup de mutations qui se

répéteront ensuite pendant plusieurs générations

successives dans le même sens. Il doit y avoir là quelque cause commune agissante.

Sixième loi : L'exposé de cette loi constitue un paragraphe où il est question des rapports entre la mutation et la variation fluctuante. C’est le poini le plus important. L’OEnothera lamarchkiana a montré les deux sortes de variations, mais les variations brusques ont seules fourni de nouvelles espèces. Les fluctuations gravitent toujours autour d’une moyenne; dans la mutation il n’y a pas de moyenne, mais seulement des extrêmes, sans intermédiaires. avec le type originel. La mutation n’est pas, comme on pourrait le croire, une fluctuation plus accentuée que les autres : elle ne se ramène à aucune des fluctuations observées et en diffère par sa nature même. Les descendants de la nouvelle espèce présentent des fluctuations autour d’une nouvelle moyenne qui sera celie de la nouvelle espèce.

Septième loi : Les mutations se produisent dans les directions différentes. Les mutations les plus variées surgissent, sans rapport aucun avec Puti-

lité de tel ou tel caractère nouveau; dans la suite,

la sélection naturelle intervient pour protéger celles qui sont utiles.

Tout en opposant sa théorie de Forigine des espèces par variation brusque à celle de l’importance presque exclusive des variations lentes accumulées, de Vries est loin de refuser un rôle consi-

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dérable à la sélection naturelle. Mais cette sélection, il l’envisage surtout comme agissant entre les espèces et non pas entre individus de la même espèce. La sélection intra-spécifique, dit-il, n’a qu’une importance secondaire; elle ne peut pro- “duire que des races locales qui s’éteindront aussitôt que la sélection aura cessé d'agir. Mème dans la sélection intra-spécifique artificielle, on atteint bientôt un certain niveau maximum qu’il est ensuite impossible de dépasser ; toute l’expérience des hortieulteurs le prouve. Les nouvelles améliorations ne peuvent alors. être obtenues qu’en modifiant les méthodes mêmes de sélection. Dans la nature, cela peut arriver lorsqu'il survient une migration ou un changement de climat.

La sélection entre espèces est beaucoup plus importante, dans la nature comme dans la culture ; c’est elle qui constitue le crible que certaines espèces seulement arrivent à traverser et dont l’existence suffit pour expliquer les structures, même les plus compliquées, les formes les mieux adaptées. C’est elle qui choisit entre les différentes mutations (et, par conséquent, entre les différentes nouvelles espèces) celles qui doivent subsister. La sélection naturelle et la sélection artificielle sont absolument analogues à cet égard, et leur rapprochement, tant critiqué par certains auteurs, est, au contraire, parfaitement légitime.

C'est le milieu extérieur qui agit sur l’évolution des êtres par l’intermédiaire de cette sélection; c'est ce milieu aussi qui détermine probablement

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le début d’une période de mutations. Mais à cela se borne son action : la nature de la mutation ellemême ne dépend en aucune façon des agents extérieurs, elle est d’origine toute germinale, congénitale, et tient à un changement survenant dans les cellules sexuelles mêmes. L'apparition de nouveaux caractères, le réveil des caractères latents ou, au

contraire, leur mise en latence, tout cela ne tient

qu’à des causes d’origine interne, inconnue, agissant dans les cellules germinales.

Ce point de vue, qui relègue au second plan les facteurs extérieurs et leur action, rapproche de Vries des weismanniens, malgré l’opposition où sa théorie se trouve en général vis-à-vis de la théorie classique de la sélection naturelle, et éloigne résolument de la tendance lamarckienne.

La théorie de la mutation a reçu auprès des naturalistes un accueil plutôt favorable et semble gagner sensiblement du terrain. T.-H. Morgan! surtout s’en montre un chaud partisan. Voici les avantages que la nouvelle conception présente d’après lui :

4. Les mutations surgissant spontanément et telles quelles nous dispensent de chercher les premiers stades du développement d’un organe; elles peuvent persister même si elles n'ont aucune valeur pour la race, se maintenir dans les générations suivantes et, dans certains cas, présenter un degré de développement suffisant pour conférer un avantage sérieux.

4, T.-H. Morcax. Evolution and adaptation, p. 298-299.

2. Les nouvelles mutations peuvent apparaître un grand nombre de fois, et avoir ponr points de départ un grand nombre d'individus ; ainsi se trouve écarté. le danger du croisement qui aurait inévitabiement effacé les traces d’une variation toute individuelle.

3. Le croisement devient de même impossible si l’époque de la maturité sexuelle de la nouvelle forme diffère de celle de l’ancienne.

4. Le même résultat peut être atteint si la nouvelle espèce est adaptée à vivre dans des conditions différentes et se trouve ainsi dès l’origine isolée.

9. C’est un fait que les différences entre espèces voisines portent généra ‘ent sur des caractères peu importants. C'est ià une difficulté pour la théorie de la sélection naturelle, mais non pour celle de la mutation qui s’en accommode parfaitement.

6. Des caractères nouveaux inutiles et même un peu nuisibles peuvent apparaître et persister s’ils n’affectent pas trop la vie de la race.

À ces arguments, Plate, qui a donné la critique la plus complète de la théorie de la mutation, répond point par pointi :

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