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La théorie de de Vries n’explique pas plus ja

naissance de caractères utiles que la théorie dar-.

winienne, car les caractères différentiels légers n’atteignent pas, comme le reconnaît Morgan lui-

même, dès le début, le degré d'utilité nécessaire.

4. L. PLate. Darwinismus contra Mutationstheorie, cité dans Kellogg : Darwinism to-day, p. 368-372.

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4 IL faut pour cela un grand nombre de mutations se ÿ: suivant dans un ordre déterminé de manière à am- | plifier un même caractère. |

2. L’apparitior simultanée de la même mutation chez un grand nombre d’individus est un fait très rare, et l’autofécondation étant exceptionnelle

dans la nature, le croisement est inévitable.

Les points 3 et 4 de Morgan indiquent des obstacles à ce danger de croisement qui peuvent se produire aussi bien dans la variation fluctuante que dans la mutatiou.

Les points 5 et 6 (caractères indifférents ou même un peu nuisibles) établissent un fait qui reste aussi peu explicable dans i hypothèse de la mutation que dans celle de la sélection naturelle. Toutes les deux sont incapables d’expliquer Porigine des variations et sont obligées de les prendre comme données.

D'ailleurs, d’après Plate, ni dans les fluctuations ni dans les mutations une variation isolée ne joue aucun rôle : il faut pour cela des variations généralisées (Pluralvariationen), et ces variations généralisées sont en tout cas plus probables dans les fluctuations que dans les mutations.

Beaucoup d’autres arguments ont été avancés encore par différents auteurs, pour et contre, peutêtre plutôt pour que contre. Il serait fastidieux de les exposer ici. Ce que l’on peut dire, en conclusion, c’est que la nouvelle doctrine a peut-être été présentée à tort comme une explication générale de l’évolution phylogénétique, pouvant remplacer les |

4 Fi ; Vs .

Déc

autres hypothèses existantes : elle indique simplement une des voies possibles de cette évolution, A voie dont la réalité est démontrée par les nombreuses et exactes expériences de Vries.

La nouvelle théorie nous paraît insuffisante en ceci qu’elle ne fournit pas une explication quel- à conque du fait général et important de l’adaptation; | cette question semble être tout à fait en dehors. des préoccupations de de Vries. Une autre raison L qui fait hésiter à l’accepter comme une explication générale, c’est la rareté des cas observés. Il est vrai que, depuis que le travail de de Vries a paru, les observations se sont multipliées et de nouveaux exemples ont été signalés ; mais de Vries lui-même reconnaît qu’ils sont encore trop rares.

Il en donne des raisons qui paraissent être assez | justes, mais qui seraient d’ailleurs applicables à 3 toute autre théorie analogue : lorsqu'une mutation se présente à l’état sauvage, le naturaliste la prend pour une variété déjà ancienne et ne la relève pas. Des milliers de mutations peuvent ainsi se produire et disparaître, sans que nous arrivions à les découvrir. D’autre part, la lutte pour l’existence cause la mort prématurée de tous les individus qui s’écartent trop de la moyenne et sont incapables de se développer dans les conditions d'existence données. Il en est ainsi dans la mutation comme dans la variation fluctuante, et comme les mutations utiles sont rares, nombreuses doivent être celles qui disparaissent ainsi. De Vries n’a pu

en constater un certain nombre que parce qu’il a

pris toutes les mesures que la culture rend possibles pour les préserver.

Quoi qu’il en soit, les travaux de de Vries ont eu le mérite de montrer expérimentalement, d’une façon tangible, la formation des nouvelles espèces, et de prouver que leur formation peut avoir lieu autrement que par changements lents et graduels.

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