E. Mcrcunxorr. Études sur la nature humaïne
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Jl y a aussi le défaut d'adaptation des instincts : ainsi, les insectes volent à la lumière de la lampe et périssent, les animaux les plus différents ne savent pas reconnaître le poison dans leur nourriture, les lapines mangent quelquefois leurs petits ou les abandonnent, un grand nombre d’animaux gardent leur nid, bien qu'il n’y ait plus à aucun œuf, etc., etc. £
Il ne s’agit là que des organes ou des instincts nuisibles; ceux qui sont indifférents sont beaucoup plus nombreux, et les deux, pris ensemble, font peut-être la majorité chez les êtres vivants, et déchargent d'autant toute théorie phylogénétique incapable d'expliquer lPadaptation.
Dans les limites où cette dernière est réelle, nous axons, à côté de la question de la continuation de ses effets dans les descendents, celle qui divise les bilogistes en deux grands camps, les lamarckiens et les darwiniens : la question de savoir si lacaptation débute par la fonction ou par la structure, si la taupe a une patte fouisseuse parce qu’dle a eu à fouir ou si elle s’est mise à fouir parce qu’ele avait une patte qui était douée d’une conformtion particulière utilisable de cette façon? La quesfon n’est pas susceptible d’une démonstration directe, expérimentale ; elle ne reçoit sa solution que de la conception générale qu’on adopte. Et il nœus semble ici que tout ce que nous savons mainenant de l'insuffisance de la sélection naturelle gui part de la strücture) doit nous pousser à chercier une réponse, d’une part, dans l’excita-
tion fonctionnelle, étendue à toute la durée de la vie de l'organisme, d’autre part dans l’action qu’exercent sur sa physiologie les différents facteurs externes.
Avec ces derniers nous sortons du cadre des phénomènes adaptatifs. On ne perçoit pas encore nettement comment un facteur tel que le climat, la température, l’alimentation, etc., pourrait produire, en agissant sur un animal ou une plante, des modifications telles qu’elles lui facilitent l’existence dans les conditions données. Si le froid rend plus foncée la coloration des ailes chez les papillons, et si la chaleur provoque, au contraire, / la pigmentation plus accentuée de la peau chez l'homme on ne voit pas en quoi ces changements peuvent être utiles. [Il peut y avoir des cas ol il en est ainsi : le froid, par exemple, Sur fait blanchir les poils et les plumes, peut fn même temps rendre service aux animaux des gions polaires en les aidant à se dissimuler. Mais ce sont là de pures coïncidences sur D nous ne pouvons rien fonder.
Le champ d’action de ces facteurs non adætatifs est très vaste et sa portée d’autant plus gnnde que, dépendant des conditions d’existence quisont dans la nature communes à un grand nombre d'individus à la fois, ils provoquent une varütion. générale qui ne s’efface pas comme les variaions individuelles. Cette variation, pour être un fæteur de la transformation des espèces, doit êtrehéré- Gitaire; or, c’est bien parm les faits ï cette