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LS, RSA CONCLUSION 361
chant leur nourriture, sifflant-et jouissant de la vie. Plus loin, presque sur chaque vague, un canard se balance, tandis qu’au-dessus on peut voir des bandes de canards cesarka. La vie exubérante abonde partout.
« Et voici les brigands, les plus forts, les plus habiles, ceux qui sont « organisés d’une façon « idéale pour la rapine ». Et vous pouvez entendre leurs cris affamés, irrités et lugubres, tandis que, pendant des heures entières, ils gueitent Poccasion d'enlever dans cette masse d'êtres vivants un seul individu sans défense. Mais, sitôt qu’ils approchent, leur présence est signalée par” des douzaines de sentinelles volontaires, et des : centaines de goélands et d’hirondelles de merse mettent à chasser le pillard. Affolé par la faim, le pillard oublie bientôt ses précautions habituelles ; il se précipite soudain dans la masse vivante; À mais, attaqué de tous côtés, il est de nouveau : forcé à la retraite. Désespéré, il se rejette sur les canards sauvages; mais ces oiseaux, intelligents et sociables, se réunissent rapidement en troupes ns et s’envolent si le pillard est un aigle; ils plongent à dans le lac si c’est un faucon, ou bien ils soulèvent un nuage de poussière d’eau et étourdissent l’assaillant si c’est un milan. Et tandis que la vie continue de pulluler sur le lac, le pillard s’enfuit avec des cris de colèrè et cherche s’il peut trouver “ quelque charogne, ou quelque jeune oiseau, ou une 4 souris des champs qui ne soit pas encore habituée vi, à obéir à temps aux avertissements de ses cama- 5%
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Bf 362 LES THÉORIES DE L'ÉVOLUTION
4e rades. En présence de ces trésors de vie exubé- :# rante, le piliard idéalement armé en est réduit à PA se contenter de rebutsi ». La voilà bien, la force 4 comparée de la lutte égoïste et isolée et de l’action fs solidaire!
î . L'association, dit l’auteur, est, à l’origine même 3 du règne animal, liée à la constitution physiolo- | gique même chez certains invertébrés, comme les | fourmis ou les abeïlles, plus consciente et purement sociale chez les oiseaux et les mammifères. Elle y joue un rôle au moins aussi grand que la lutte entre les différentes espèces et les différentes classes, et certainement plus grand que la lutte et la concurrence au sein de la même espèce.
Ce sont bien les mieux adaptés qui survivent, mais quels sont ces mieux adaptés? Ce sontles animaux, les espèces qui ont acquis des habitudes Ne d'entraide. Parmi les adaptations diverses que Re nous rencontrons dans le règne animal, beaucoup | ont précisément pour effet d'éviter cette compétition au sein d’une mème espèce. L’accumulation
ï des provisions chez les fourmis, les migrations des oiseaux ou des castors, le sommeil hibernal qui vient au moment même où une compétition féroce
e pour la nourriture pourrait commencer, le change- He) ment de nourriture, sontautant de moyens employés A1 par la nature pour éviter la lutte. Et alors la sélec- + tion naturelle intervient etexerce, en effet, une action puissante. Mais comment? Précisément en assu-