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APPENDICE au CHAPITRE di Ki
futur organisme est établie, il est impossible de
changer quoi que ce soit. Le règne de la néo-
épigénèse, et avec lui celui du cytoplasma, finit ici : la prépondérance revient ensuite au noyau, qui détermine tous les caractères typiques de la classe, de l’ordre, de l'espèce, et aussi tous les détails structuraux. Le cytoplasma est donc surtout le matériel qu’emploie l’épigénèse, le noyau celui qu'utilise l’évolution. Quel est le lien qui les rattache l’un à l’autre? On peut supposer que chacun exerce son influence indépendamment de
Vautre; on peut supposer de même qu'ils sont %
liés dune façon si étroite qu’il n’existe nulle part
ni une néo-épigénèse ni une néo-évolution à l’état
pur. Il est possible que la première prédomine dans l’activité du cytoplasma, la seconde dans celle du noyau.
Une contribution importante à l'étude des facteurs physiques et mécaniques du développement des organismes a été fournie, dans ces dernières années; par le travail de W. d’Arcy THOmPsON : Growth and form. L'auteur y étudie les consé-
quences mécaniques des rapports mathématiques
entre la surface et le volume; la forme des organismes envisagée comme fonction des différentes vitesses de croissance; les facteurs de la division cellulaire ; le rôle de la tension superficielle et de
la loi des « aires minima » dans la forme dela
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qui agissent dans la constitution d’un agrégat cellulaire; les causes des formations squelettiques,
des divers dépôts de substances solides ete.; les lois mathématiques de l’accroisement, les diverses formes en spirale, les loges des Foraminifères,
les cornes, la disposition des feuilles sur une tige ; la forme des différents œufs, celle de certains êtres
particuliers, tels que les Oursins; le rôle de la
résistance de la paroi dans le calibre des vaisseaux; l'explication mécanique possible de certaines struc-
tures adaptatives (celle des os, en particulier, et de la forme d'ensemble du squelette des Vertébrés), etc. etc. Ce livre constitue,. précisément par l’esprit général nettement antitéléologique qui
linspire, une tentative d'explication causale des phénomènes, extrêmement intéressante. (Lelecteur
trouvera une analyse détaillée de cet important
travail dans l'Année non dé 1917, vol.. XXII,
U P- tés
Le Néo-Mendelisme.
Le chapitre de ce livre auquel s’applique cet appendice présente un tableau du mendélisme tel qu’on pouvait le faire à l’époque où il a été écrit. Mais depuis la question a beaucoup marché. Dans tous les pays, des pléiades de travailleurs se sont on pourrait dire rués à la recherche de nouvelles applications de la loi de Mendel, séduits par l’espoir de fournir une base objective, matérielle et en quelque sorte tangible à des théories sur l'hérédité qui avaient été jusqu'alors presque exclusivement spéculatives. Cette base, ils l’ont trouvée dans les chromosomes, dont le comportement dans la vie cellulaire nous est révélé par le microscope et dont la constitution intime, totalement inconnue,
ouvrait un champ illimité aux hypothèses les plus fructueuses : trouver dans les chromosomes, disons plutôt: attribuer aux chromosomes une constitution et un comportement tels que toutes les particularités de l’hérédité s’en trouvassent expliquées est devenu le thème des chercheurs. D’un côté, les résultats précis et combien remarquables dans leur diversité infinie fournis par les expériences de croisements, de l’autre une liberté presque illimitée dans l’attribution aux chromosomes des propriétés requises par l'explication cela fournissait
aux mendéliens un thème de recherches d’autant
plus séduisant que le problème était toujours soluble, à la condition d’y apporter l’ingéniosité nécessaire; elle n’a jamais fait défaut, quant à l’arbitraire et à l’invraisemblance des propriétés attribuées aux chromosomes, on n’en avait cure.
Il est arrivé ià quelque chose de semblable à ce qui s’est passé pour le weismannisme, et le parallèle entre les deux théories est tout à fait frappant sous ce rapport.
Tant qu’elle n’a eu à expliquer que les faits de la différenciation progressive de l’organisme dans l’évolution ontogénétique et le transfert des particularités héréditaires aux descendants, la théorie de Weismann a eu beau jeu : la constitution des idantes au moyen d’ides ancestraux, celle des ides au moyen de déterminants représentatifs chacun d’un caractère déterminé, tout cela avait l'avantage sinon d’une haute vraisemblance, au moins d’une belle simplicité, et l’ensemble constituait un édifice harmonieux, solide, aux nobles proportions, et
* AVE à TESTS ar.
bien fait pour séduire les esprits imaginatifs. Mais quand il a fallu satisfaire aux exigences de certains problèmes particuliers, tels que la régénération, le bourgeonnement, la dichogénie, la réapparition des caractères latents et surtout la variation progressive, la théorie a été entraînée à des complications si embarrassées et si hautement invraisemblables qu’elle est tombée dans un complet discrédit.
Ilen est exactement de même pour le néo-mendélisme. Tant qu'il ne s’est agi que d’expliquer le mélange des caractères ou la dominance de l’un d'eux dans la première génération hybride, puis leur ségrégation à la génération suivante et leur répartition entre les descendants suivant des règles arithmétiques parfois simples (1 : 2 : 1), parfois compliquées (9 : 3 : 3: 1) mais toujours en parfait accord avec les règles du calcul des probabilités, les mendéliens n’ont eu à demander au comporte- ‘ment des chromosomes que ce qui était en accord avec les observations histologiques; la conception même des caractères-unités ne réclamait rien de plus que ce qu’on avait accordé à Weismann pour ses déterminants. Donc, jusque-là tout allait bien; mais il en fut autrement lorsque, par le progrès desrecherches, on rencontra des cas inconciliables avec la théorie primitive, et ces cas, d’abord considérés comme des exceptions, sont aujourd’hui si nombreux, qu’ils sont devenus la règle, tandis que les cas primitifs, formant la base du mendélisme ; initial, devenaient l'exception. Or, cette règlenou- | xelle, c'était l'incohérence des résultats. 1,320
Cependant les néo-mendéliens ne se sont pas tenus pour battus et, usant sans discrétion aucune de la liberté d'attribuer arbitrairement aux chromosomes et à leurs éléments constitutifs les propriétés requises pour la solution de chaque problème particulier, ils se sont livrés avec ardeur à cet exercice, sans comprendre qu’ainsi ils marchaient tout droit et à vive allure vers le Rp ne où le weismannisme s’était englouti.
Tel est le jugement d'ensemble que nous porterons sur ces choses; il faudrait maintenant en apporter la démonstration.
L’exiguité de la place qui nous est réservée ici par léditeur ne nous permet pas de le faire avec les développements désirables; on les trouvera dans notre article sur le même sujet publié ailleurs (Année Biologique, 1917).
Nous devons nous contenter ici de quelques exemples particulièrement suggestifs.
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La liaison des caractères (linkage) et l’enjambement
Va (crossing-over).
Dans la ségrégation des caractères-unités, on observe parfois que certains, au lieu de jouir d’une
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- | PET . Sy , Es # LE RoA , APPENDICE AU CHAPITRE XII < V'ÉTANNIRES NN À ,
* | - : AT indépendance absolue, les trouvent liés les uns # | aux autres de telle sorte qu’ils sonttoujourstrans- Du mis ou ensemble ou pas du tout, jamais séparé- ment. Ainsi, lorsqu'on croise la variété de Pois à 2 fleurs pourpres et à grains de pollen allongés avec d une autre variété, à fleurs rouges et à grains de à pollen arrondis, les deux caractères provenant du ; __ même parent se transmettent toujours ensemble.
Un plus grand nombre de caractères peuvent être
de la même façon associés dans la transmission dr: héréditaire. On les dit alors liés entre eux (linkage). __- Pourtrouver une base matérielle à ce phénomène, vy les mendéliens ont admis que dans ce cas les | déterminants de ces caractères sont situés dans le même chromosome. Aussi tant que le chromo-
Eu: some passe en bloc de la cellule-mère à la celluleït — fille, tous les caractères dont les déterminants ‘4 sont dans le même chromosome sont invariable- Fa ment liés entre eux. Cela permet un premier pas dans la localisation des déterminants et autorise à 12 dire que tels déterminants sont dans les mêmes ie chromosomes et tels autres dans des chromosomes 4 __ différents. On est même arrivé, dans le cas partise. culièrement favorable de la Drosophila (Mouche à 4 fruits) qui n’a que 4 chromosomes, inégaux en
longueur, à dire dans lequel de ces chromosomes se trouve tel ou tel déterminant, en attribuant aux plus long d’entre eux la catégorie la plus nombreuse des déterminants liés entre eux et au plus court la catégorie la moins nombreuse. Et les auteurs en arrivent à une localisation si précise On qu’ils déclarent que tel déterminant est dansle
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