CHAPITRE III
Darwin et la sélection naturelle.
L'idée de la sélection naturelle comme facteur nécessaire de la victoire du tranformisme. — La sélection naturelle et la sélection artificielle. La multiplication des êtres vivants et la lutte pour l'existence. — La divergence des caractères. — L'action directe du milieu. — Les objections prévues. — L'idée de la sélection naturelle comme argument décisif en faveur du transformisme.
C’est le fait d’avoir proposé, pour la transformation des espèces, une explication claire, naturelle et s'appuyant sur des faits connus qui décida de l'issue de la lutte entre Darwin et ses adversaires. L'idée évolutionniste sortait ainsi du domaine des hypothèses et devenait une déduction appuyée sur
l'observation et l'expérience. La victoire fut rem-
portée par tout l’ensemble des idées darwiniennes : la grande idée de l’évolution et l’idée secondaire, subordonnée, du mécanisme même qui préside à cette évolution. Mais si la lutte eut lieu et si elle fut si chaude, c’est parce qu’elle se poursuivait non pas autour de cette dernière idée particulière,
mais autour de la grande idée fondameniaie, avec
toutes ses innombrables conséquences, théoriques et pratiques. Qu'importait le moyen par lequel les espèces dérivent les unes des autres, pourvu que ce moyen fût naturel et n’exigeât aucune intervention miraculeuse lorsqu'il s'agissait d'établir Le principe même de la descendance! L’idée de la sélection naturelle était précieuse parce qu’elle indiquait ce moyen, et, quelles que dussent être ses destinées futures, düût-elle même être remplacée dans l’avenir par une autre explication, ce sera le mérite éternel de Darwin, qui rendra son nom à jamais immortel, d’avoir donné de l'adaptation paraissant si merveilleuse des êtres une expli-
cation basée sur le seul jeu des forces naturelles, | n’exigeant ni intervention divine, ni hypothèse)
finaliste ou métaphysique quelconque.
Voyons maintenant d’un peu plus près ce qu'est
cette « sélection naturelle », cette « lutte pour
l'existence » devenues si célèbres et dont on a tant abusé, surtout en dehors des limites biologiques.
Le nombre d'êtres vivants qui naissent étant, d’après la loi de Malthus, supérieur à ce que la terre peut nourrir, il doit se produire entre eux une compétition pour la recherche de la nourriture et des meilleures conditions de vie, une lutte dont l'issue dépendra des avantages que tels ou tels
individus possèdent sur d’autres. Ces avantages
existent nécessairement, car même les descendants d’un même couple de parents présentent toujours
4 ur DATE .
AR
Fe : CPS » LP LR « « À 2. A (+ (#7 peer $ Dh de
fee
Fa le par RSS AT
e ST