‹ Les théories de l'évolutionChapitre 16 sur 162 · L - . < RSR ot · texte numérisé non relu

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entre eux certaines différences, et il en est ainsi à plus forte raison entre individus de la même espèce mais n'ayant pas de parenté aussi proche. Ces caractères distinctifs sont généralemeni légers et peu saillants, mais ils n’en sont pas moins utiles ou nuisibles à l’être qui les possède. S'ils sont utiles, cela lui donne une supériorité sur les autres et lui permet de survivre là où les autres périssent. C'est ce que Spencer a appelé la « persistance du plus apte ». Darwin donne, comme nous l’avons vu, à ce phénomène le nom de sélection naturelle : la nature choisit parmi les différents individus, comme les éleveurs choisissent parmi les animaux domestiques ou les cultivateurs parmi les plantes cultivées, les individus présentant au plus haut degré le caractère qu’ils tiennent à conserver. Ils font reproduire ces individus à l’exclusion des autres,

les croisent entre eux, et il arrive que le caractère

voulu s’accentue de plus en plus, pour devenir enfin tout à fait fixe et héréditaire. Une nouvelle race ou variété est ainsi créée.

Darwin étudia de très près les transformations subies par les différentes races domestiques sous Vinfluence de cette sélection artificielle. Son attention fut attirée par un groupe d'animaux particulièrement propices à ce genre d'étude : les pigeons domestiques. L'élevage des pigeons est un art très ancien, connu depuis l’ancienne Égypte; il était également répandu dans l’empire romain où l’on tenait soigneusement des registres spéciaux de leur généalogie. Dans certaines cours des princes

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asiatiques, on élevait, de même, des milliers de pigeons. De cette façon, depuis des siècles et par des modes d’élevage les plus divers, on est parvenu à créer des races et des variétés très nombreuses qui présentent entre elles des différences beaucoup plus marquées que certaines espèces. Tout diffère chez elles : forme, couleur, dimensions, instincts. Tout le monde connaît les pigeonsvoyageurs, avec leur instinct topographique spécial; il y a aussi les pigeons-culbutants qui ont l'habitude de se retourner dans l’air, où ils s’élèvent en troupe, et de se lajsser tomber ensuite; les pigeons-paons, dont la queue ressemble, par la disposition de ses plumes, à celle de cet oiseau; d’autres ont des touffes de plumes, des replis divers de la peau, des transformations du bec et des pieds, etc. Darwin se procura toutes les races qu’il lui fut possible de trouver; on lui expédiait des échantillons de tous les pays du monde. Il se mit en rapport avec les éleveurs et les amateurs les plus célèbres, s’affilia à des sociétés colombophiles et, après des années d’étude, parvint à montrer que toutes ces races si diverses (que les éleveur croyaient dériver d’autant d'espèces sauvages)

avaient pour ancêtre une seule espèce, le pigeon bleu des rochers (Columba livia).

Ce que les éleveurs font d’une façon consciente, la nature le fait inconsciemment, et son outil dans

cette œuvre, c’est la lutte pour l'existence : lutte

des animaux et des plantes contre les conditions du monde inorganique (froid, chaleur, séche-

s'éirdact :

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__ resse, etc.), lutte contre des êtres f'Ésntosd un # rentes dont l'être se nourrit ou dont il peut, au contraire, devenir la proie, lutte contre les individus de la même espèce pour la place au banquet de la nature. Darwin donne dans son livre quelques exemples de l’envahissement de la terre par cer- «A tains êtres, ci ne manquerait pas de se produire ‘si quelque c4 se ne venait en supprimer un grand nombre {. Nos animaux domestiques, lorsqu'ils L redeviennent sauvages et que les conditions sont favorables, se multiplient avec une rapidité remar-

quable, comme par exemple les chevaux et les

bestiaux dans l’Amérique du Sud et en Australie. Ilen est de même des plantes : dans certaines iles, les plantes importées ont envahi tout le pays en

moins de dix ans. Dans les plaines de La Plata, de

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