‹ Les théories de l'évolutionChapitre 18 sur 162 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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rieur et dit, expressément qu'il faut éviter de tout attribuer à la sélection, même lorsque l’action du milieu apparaît comme plus probable. Il reconnait de même l’hérédité des caractères acquis sous l'influence de ce milieu ou par l’usage ou le défaut d'usage des organes. Il n’en est pas moins vrai cependant que la nature de l’organisme lui apparaît toujours comme plus importante que les conditions qui l’entourent, et que ces autres facteurs ne jouent pour lui un rôle qu’autant que la sélection naturelle peut s’exercer sur les structures produites par eux, qu'autant, c’est-à-dire, que ces structures sont utiles ou nuisibles.

Darwin prévoit lui-même les objections qui peuvent être faites à sa théorie et dont quelques-unes ont déjà été formulées de son temps. Un des cas les plus difficiles à expliquer par l’action de la sélection naturelle, est l’apparition d’organes très compliqués et très perfectionnés, formés de nombreuses parties et ne pouvant fonctionner utilement que si toutes ces parties sont très exactement adaptées entre elles. Tel est, par exemple, l’œil des animaux supérieurs. Sans résoudre cette difficulté, Darwin fait une remarque générale en disant que, vu l'existence d’organes de la vision très rudimentaires chez certains animaux et, d'autre part, l'existence de différentes formes de transition, il n’est pas impossible d'admettre que l’œil le plus compliqué se soit formé par une succession de variations (d'autant plus que des variations de l’œil ont été constatées) dont chacune se

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