‹ Les théories de l'évolutionChapitre 19 sur 162 · È DA RO TANT S · texte numérisé non relu

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F (FE 2 trouvait être utile à l'espèce. Dans tousles as @Ù "0 x il, on ne peut pas montrer d'exemples d'organes complexes ne pouvant pas se former par une suc- 4 de cession de modifications légères et graduelles. Les ra é formes detransition peuvent manquer, mais il serait :

erroné d’en conclure qu’elles n’ont jamais pu exister. # On peut objecter de mème que beaucoup d’or- 4 ganes semblent trop peu importants ou trop peu n utiles pour que la sélection naturelle ait pu être la cause de leur conservation. À quoi peut servir, par exemple, la queue de la girafe, avec sa forme spéciale, sinon à chasser les mouches, but évidemment trop minime? Il faut cependant tenir compte de notre ignorance des multiples facteurs qui interviennent dans la vie des êtres. Il se peut que l’inutilité ne soit là qu'apparente et que dans les pays chauds les moustiques jouent dans la vie des grands mammifères un rôle que nous ne leur supposons pas (mais qu’on connait pourtant pour le bétail en Afrique). Il se peut aussi que la queue de la girafe Jui soit léguée par ses ancêtres aquatiques qui se servaient de cet organe pour nager, et qu’elle se % soit ensuite graduellement transformée et adaptée Er à son nouvel usage. Dans tous les cas, le principe d'utilité est incontestable, et il n’y a pas, il ne peut y avoir d'organes nuisibles pour l'espèce. Nous pouvons aussi nous tromper en attribuant à la sélection naturelle tel organe qui peut être dû à Faction du milieu, à la tendance au retour à une forme depuis __ longtemps perdue, à la corrélation, à la sélection sr” sexuelle, etc.

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Nate ignorance est de même pour beaucoup dans une autre objection qu’on peut faire à Fhypothèse de la sélection naturelle : celle d'organes qui ne peuvent être utiles que lorsqu'ils sont complètement développés : ainsi la même girafe se sert de son long cou pour brouter les feuilles des arbres, mais si, au temps où iss ancêtres des girafes actuelles n'avaient pas encore acquis ce caractère, il était arrivé à l’une d’entre elles d’avoir le cou de quelques centimètres plus long que chez ses congénères, quel avantage aurait-elle pu en retirer? Il est possible pourtant, répond Darwin, qu'au temps de la disette l'aptitude à brouter un peu plus haut que les autres puisse devenir une question de vie ou de mort. Il est possible aussi que son long coa permettant à l’animal de voir de loin lui soit très précieux au point de vue de Ia défense contre les bêtes fauves. Les avantages, en un mot, peuvent

être multiples, et nous pouvons les ignorer. ke En lisant dans l’ouvrage de Darwin cette discussion des différentes objections possibles, on s’aperçoit immédiatement que ce que l’auteur de l’Origine des Espèces tient à prouver, c’est que les différentes formes observées dans le monde organisé peuvent provenir les unes des autres, mais non pas qu’elles MU naissent au moyen de la sélection naturelle plutôt que de tel autre facteur. Il s’agit pour Darwin, sur-

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tout et avant tout, de montrer que, quelles que € soient les invraisemblances qui se peuvent ren- Le contrer dans son hypothèse, celle de l’origine indé- 34 pendante des formes, au moyen d’actes de création ; !

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séparés, est bien plus invraisemblable encore. Les objections contre la sélection naturzlle se confondent pour lui (et il en a été ainsi presque pour tous à son époque) avec celles que les partisans de

: la fixité des espèces peuvent faire contre la théorie

de la descendance elle-même; le dilemme se pose pour lui ainsi : fixité des espèces, ou bien leur descendance les unes des autres par la sélection! naturelle. Il ne prévoit aucune autre théorie transformiste possible.

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