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CHAPITRE IV

La sélection naturelle après Darwin.

La discussion de Îl2 sélection naturelle. — A.-R. Wallace le sélectionnisme exclusif. — Les néo-darwiniens ; A. Weismann. La théorie de la panmixie. — Critiques de la sélection. La lutte contre la nature et la lutte entre individus. — La sélection rigoureuse est-elle un facteur de progrès? — Le rôle des conditions favorables. — Le hasard et les particularités individuelles. — Les caractères isolés et l’ensermble des caractères.

La discussion de la théorie de la sélection naturelle ne put être entreprise et menée à bonne fin qu'après que la victoire des idées transformistes eut été complète et définitive. Il fallait cette victoire de l’idée la plus générale qui inspirait toute

la campagne darwiniste pendant les premières

années de lutte ardente, pour qu’on püt, dans les

années suivantes, aborder les questions subsidiaiïres soulevées par Darwin. Il fallait d’abord déblayer le terrain; on a pu ensuite, sans avoir

à se préoccuper des arguments pris en dehors du domaine scientifique, discuter entre transformistes

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| des-espèces.) La sélection naturelle se trouvait au premier rang de ces facteurs, car l’œuvre de Darwin avait, au début, absolument éclipsé les travaux de

| ses prédécesseurs, tels que Lamarck, qui avait mis

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en avant d’autres facteurs de ce même processus.

Déjà A.-R. Wallace, qui conçut lidée de la sélection naturelle en mème temps que Darwin et indépendamment de lui, oppose nettement cette idée aux conceptions de Lamarck. Dans ses Æssais! dont les deux premiers ont été écrits avant que l’auteur ait pu connaître les idées de Darwin, et les suivants sous l'influence des idées darwiniennes, il parle de la lutte pour l'existence et de la survivance du plus apte comme du facteur unique de l’évolution. Ces Æssais sont, pour la plus grande partie, consacrés à montrer comment la sélection naturelle a pu produire certains caractères, tels que la coloration protectrice des animaux et les faits du mimétisme, et nulle part nous n’y trouvons aucune mention d’autres facteurs, même secondaires.

Plus tard, les naturalistes de la génération suivante exagérèrent encore, comme cela n’arrive que trop souvent pour toute idée nouvelle, le rôle de la sélection naturelle qui prit pour eux des formes

4. A.-R. WaLrace, La Sélection naturelle. Essais, trad. L. de Candolle, 1872, Paris. Le deuxième Essai, qui a pour titre : « De la tendance des variétés à s'écarter indéfiniment du type primitif », a paru en 1858. C'est là que l'auteur expose pour la première fois ses idées sur l& sélection naturelle ; une rubrique de cet Essai porte le titre : « Que l'hypothèco ici présentée diffère beaucoup de celle de Lamarcks.

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bien différentes de celle qu’elle avait chez l’auteur de l’Origine des espèces. Les idées lamarckiennes étant rejetées en bloc, l’action directe du milieu sur l’organisme et la réaction de ce dernier au moyen de l'usage ou de non-usage de ses organes ne semblaient plus avoir de l'importance. Et si, pour Darwin, la sélection naturelle agit en maintenant et en développant soit ces caractères d’adaptation directe, soit d’autres caractères individuels, dus au hasard, dans l'esprit de ceux qu’on appelle les néo-darwiniens tout se réduisit à ces derniers.

L'influence directe du milieu se trouva d’auiant mieux reléguée au second plan que ses effets paraissaient, dans les conceptions des néo-darwiniens, être transitoires et ne pas dépasser les limites d’une seule génération. Weismann, fondateur et principal représentant de cette école, concluait, en effet, par sa théorie de l’ontogénèse et de l’hérédité (théorie que nous examinerons dans un des chapitres suivants) à la non-hérédité des caractères acquis au cours de l’existence individuelle et enlevait ainsi à ces caractères toute importance pour les destinées de l’espèce. La sélection naturelle des variations innées et dues au hasard reste ainsi la seule cause de toutes ces transformations. La toute-puissance de la sélection naturelle, titre significatif d’un des ouvrages de Weismann!, est le point de vue général et absolu auquel il envisage tous les phénomènes

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