Vortrüge über Descendenztheorie
On remarque en même temps que la «lutte pour l'existence » et la «sélection » qui, dans l’Origine des espèces, ne sont qu'une façon de présenter des faits très connus, très familiers et très concrets, deviennent ici peu à peu de véritables abstractions, des sortes d’entités métaphysiques. Les diverses parties du vaste système de Weismann (car il embrasse toutes les questions de développement de l'individu et de l’espèce) se rattachent entre elles par cette idée de sélection et de lutte pour l'existence, mais appliquée dans des conditions si différentes et comprise dans des sens si variés qu’elle semble grouper sous une étiquette commune les choses les plus diverses. Qu’ont de commun, en réalité, la sélection darwinienne, la sélection « histonale » (lutte des parties de l'organisme de Roux) et la « sélection germinale » de Weismann ? Rien que le mot, destiné à en faire l’expression d’une même tendance. Nous aurons à parler plus loin des théories mêmes de Weismann; ici nous voulons simplement indiquer que c’est chez lui qu’il faut chercher l’expression la plus complète des idées de
tions en faveur de l’inné au détriment de l’acquis, de la prédétermination au détriment de l’action du milieu; avec sa schématisation extrême de la marche de l’évolution, avec la lutte pour l'existence, schématisée aussi, pour seul facteur.
Pour résoudre, en la rattachant à la sélection naturelle, une question à laquelle Darwin n'avait
l’école néo-darwinienne, avec toutes sos ri, |
pas réussi à donner une réponse précise, celle
ALI ed = ("2
RS DE SL Le ns enr en à
des organes rudimentaires, Weismann propose une Ve théorie spéciale : celle de la panmixie. ( Les organes rudimentaires sont très Ba dans le règne animal : yeux dégénérés des animaux vivant sous terre, membres des cétacés, appendice vermiforme et vertèbres caudales chez l’homme, et beaucoup d’autres dont chacun pourrait trouver des exemples autour de soi. Ces organes sont des restes d'organes plus développés qui étaient autrefois utiles aux ancêtres de l’animal et qui, maintenant, sont devenus superfius ou même nuisibles. Comment s'effectue leur disparition? Il peut y avoir là différents cas : quelquefois l’organe, si d’utile il devient nuisible, peut disparaître par le processus ordinaire de la sélection naturelle,
dirigée en sens contraire : ce sont les individus qui
ont cet organe le moins développé qui survivent et transmettent leur particularité aux descendants. Mais si l’organe est simplement inutile et si sa disparition ne peut présenter aucun avantage sérieux, il faut chercher à sa dégénérescence une autre cause. Elle réside, d’après Weismann, dans le fait de la suppression de la sélection par rapport à lui. La sélection ne fait pas seulement développer un organe, mais C’est elle aussi qui ie maintient à un certain niveau. Lorsqu'elle ne s’exerce plus, les individus qui possèdent l’organe considéré et ceux qui ne le possèdent pas ont des chances égales de survivre et de laisser des descendants.
Tous participent également à la génération : de là,
le nom de panmizie. Le niveau moyen s’abaisse
sinsi à chaque génération jusqu’à ce que l'organe 3'atrophie, ou même disparaisse complètement. La théorie de la panmixie a été la première des théories auxiliaires formulées par Weismann en vue d’une application logique du principe sélectionniste à ‘ous les phénomènes. Elle a le défaut de ne pas expliquer l’abaissement d’un organe audessous d’un certain niveau et de garder le silence sur le processus physiologique par lequel se fait cette régression. Une théorie créée ultérieurement et que nous examinerons plus loin, celle de la sélection germinale, est venue combler cette lacune.
En abordant l'exposé des critiques adressées aux théories sélectionnistes, nous devons d’abord poser une première question essentielle : la compétition entre membres d’une même espèce est-elle un fait aussi général que le suppose Darwin? Cette
lutte qu’il invoque existe-t-elle telle qu’il nous la
représente, lutte aiguë, rigoureuse, une lutte à mort? Beaucoup de naturalistes, surtout parmi les savants russes qui ont étudié les régions où les animaux ont à lutter contre des conditions naturelles défavorables, pensent que cette dernière lutte dépasse de beaucoup en importance celle qui peut se produire entre individus de la même espèce. Un auteur qui, pour des raisons théoriques que nous verrons plus tard, a particulièrement insisté sur cet argument, P. Kropotkinei, a eu l’occasion
4. P. KroPOTkINE, L'Entr'aide, un facteur de l'esolution, trad. française, 1906.
Cal es
d'observer la vie animale dans des régions au
climat très rigoureux, à la nature pauvre et inclé-
mente, dans l'Asie septentrionale. La lutte pour
l'existence y est acharnée, mais elle se poursuit
contre cette nature environnante qui exerce des ravages terribles et constitue un obstacle à la surpopulation autrement grand que la concurrence entre les individus. Les zoologistes russes Menzbir
et Brandt aboutissent, à la suite de leurs propres
observations, aux mêmes conclusions. D’ailleurs, un des darwiniens de la première heure, G. Seïdlitz, a indiqué, dès 1871, la distinction à faire entre la lutte à l’intérieur de l’espèce et
celle contre les obstacles naturels et les ennemis
communs.
Certains naturalistes affirment même n’avoir
jamais constaté de concurrence entre individus adultes. V.-L. Kellogg, par exemple, qui a patiemment observé la vie des insectes et étudié leurs variations, dit qu’en examinant deux lots d'insectes adultes : l’un composé d'individus ayant vécu en toute liberté et, par conséquent, soumis à toutes les rigueurs de la lutte présumée pour l’existence; l’autre comprenant des individus pris au moment juste où ils ont acquis la maturité, mais n’ont pas
encore eu le temps de subir les effets de la con-
currence, il a constaté exactement autant de variations dans la coloration, les dessins des ailes, etc., dans un cas que dans l’autre. Et il en