Die Darwinsche Theorie. 41 Vorlesungen
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conclut qu'une sélection naturelle rigoureuse, basée sur ces variations, sélection telle que l'exige la théorie, n’est pas intervenue icif.
La deuxième objection faite à la théorie sélectionmiste est celle-ci. Darwin dit très justement qu’ «une grande diversité de structure peut main-\ tenir la plus grande somme de vie? », mais est-il vrai que cette diversité soit obtenue par une lutte très vive entre individus, par une sélection très
rigoureuse ? N’est-il pas plus juste de penser que ?
Ce sont, au contraire, les conditions favorables, une vie relativement facile, qui font apparaitre et protègent les variations nouvelles?
Plusieurs auteurs pensent ainsi. Kropotkine que nous venons de citer fait remarquer, en parlant des régions pauvres du nord de l'Asie, que la vie y est rare et iorsqu'une période particulièrement difficile survient, lorsque la nourriture manque, on voit les animaux (les chevaux et les bestiaux à demi-sauvages de la Transbaïkalie, les ruminants, ïes écureuils, etc.) sortir tous si affaiblis de l'épreuve qu'aucune évolution progressive de lespèce ne saurait prendre pour base la concurrence entre eux.
Certains résultats de la statistique humaine parlent dans le même sens. Les mauvaises conditions non seulement éliminent les plus faibles, mais altèrent la santé de ceux qui restent; à cet égard, elles ne peuvent jamais être utiles. Ainsi, dans un travail
. 4. V.-L. Kerocc, Darwinism to-day, p. 82-83, 1908. 2. Origine des Espèces, 0. 121, #
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AVE sur la mortalité des nourrissons!, Kœppe ME N que les années de sélection sévère, les années où, de par suite d’une température trop rigoureuse, ÿ 4 4e d’épidémies, etc., il meurt beaucoup d’enfants, il x naît une génération plus faible, donnant ultériew … , rement une mortalité plus élevée. ENS 2 Deux naturalistes surtout se sont placés à ce ‘1 ni point de vue, et ce qui est très significatif, c’est * que leurs points de départ et le genre de leurs F5 études sont absolument différents et même op- F: posés entre eux. L'un est le botaniste russe A Korschinsky, dont la théorie de l’hétérogénèse a bé précédé de quelques années celle, toute récente, D de de Vries, dont nous parlerons plus loin. L'autre j ‘4 est non pas un théoricien, mais un savant faisant | ces œuvre pratique; c’est Luther Burbank, un culti- 4 “ :: vateur de Californie, devenu célèbre. Son œuvre “94 est très considérable et ses conclusions d'autant ss ___ plus précieuses qu’il à eu la possibilité de faire de 1 # l’expérimentation sur la plus grande échelle jus- 0 qu’à présent connue dans ces sortes d’études?. Et 4 bien, Luther Burbank affirme avoir toujours consa taté qu’un sol riche et des conditions générales | ‘4 favorables déterminent l’apparition de nouvelles.
nrÉ variations, tandis que la pénurie d’alimeñts, ou
‘2 leur surabondance excessive, conduisent à la.
4. Münch. Med. Wochenschrift, t. Il, p. 1541. CP 2. Voir l'article publié à ce sujet par V. L. Kellogg dans Popular Science Monthly, 1906, vol. LXIX, p. 363-374. Des
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5€ extraits en sont reproduits dans l'ouvrage déjà cité du même ‘ol 1 auteur : Darwinism to-day, p. 310 et suiv. 16592 M:
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Plus ces conditions seront avantageuses pour lui,
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régression. Burbank s’abstient d’en tirer des arguments théoriques, mais ceux-ti en découlent d’euxmêmes : les nouvelles variations apparaissent non pas là où la lutte pour lexistence est la plus vive, c’est-à-dire dans les conditions les plus défavorables, comme le supposait Darwin, mais au contraire là où cette lutte est la plus atténuée, où les besoins des êtres sont satisfaite.
C’est également la conclusion de Korschinsky, conclusion qui, à linverse de celle de Burbank, semble découler chez cet auteur de considérations plutôt théoriques. Les nouvelles formes, dit-il, n'apparaissent pas dans des conditions d’existence rigoureuses, Ou, si elles apparaissent, elles s’éteignent rapidement. Leurs débuts sont liés à certains troubles dans l'organisme, surtout dans ses fonctions reproductrices, et pour qu'il puisse donner des descendants, il ne doit pas avoir à. lutter contre des conditions par trop inclémentes.
plus ces variations se trouveront protégées et mieux lespèce pourra évoluer. Or, c’est au contraire dans les conditions défavorables que la lutte pour l'existence et la sélection sont le plus vives. Ce sont donc des facteurs qui, loin de pousser, ralentissent l’évolution, en restreignant les variations et en.éliminant les nouvelles formes en train de se constituer t,
1. Korscamnsxy. Hétérogenèse et évolution. Contribution à la théorie de l'origine des espèces. (Mém. Acad. Saint-Pétersb., IX, 1899).
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L'idée de Korschinsky sur Je rôle plutôt négatif et conservateur de la sélection naturelle et de la lutte pour l'existence est juste dans une grande
mesure; malheureusement, lorsqu'il s’agit de pro- :
poser une autre explication de l’évolution (de laquelle Korschinsky distingue soigneusement l'adaptation, cette dermière pouvant prendre une forme régressive), il la cherche dans l'existence d’une tendance interne au progrès, inhérente aux êtres, et s'éloigne ainsi dans le domaine des spéculatrons métaphysiques.
En continuant d'exposer les objections faites à la théorie sélectionniste par ordre de généralité, nous trouvons ensuite cet argument bien des fois formulé : est-ce vraiment à quelques particularités dans l’organisation qui donneraient à un individu plus de chances qu’à un autre dans la concurrence universelle, que certains êtres doivent de survivre à l’exclusion des autres? Si des êtres innombrables périssent sous l’action de l’inclémente nature, estce bien parce qu'ils étaient mal adaptés à la Jutte? Il faut remarquer que ce qui est surtout sacrifié dans la nature, ce ne sont pas les êtres adultes capables de lutter et d’entrer en concurrence entre eux, mais bien plutôt les œufs et les larves, Et qu'est-ce qui décide de leur vie ou de teur mort? Ce ne sont pas leurs caractères individuels, mais des conditions indépendantes de ces caractères. C’est généralement grâce au hasard qu’ils ne sont pas dévorés par un autre animal,