‹ Les théories de l'évolutionChapitre 25 sur 162 · Darwinism tr-day, p · texte numérisé non relu

Darwinism tr-day, p

Cet argument montre bien que le champ d’action de la sélection naturelle n’est pas aussi vaste

que le croient les darwiniens purs et que, dans tous les cas, elle ne peut pas être le seul facteur

agissant. Et dans les limites où elle ‘agit, son ac-. tion peut-elle s'exercer de la façon dont les sélec- :

tionnistes se la représentent? Non, disent leurs adversaires, on aous peint les choses d’une façon trop schématique : pour simplifier, on suppose qu’un seul caractère varie chez un être et que c’est sur ce caractère qu’agit la sélection naturelle, tandis que tous les autres caractères restent immuables; or, les variations, surtout les variations telles que les suppose Darwin, et encore plus les néodarwiniens, étant accidentelles et spontanées et non produites par une cause déterminée et unique, il n’y a aucune raison de croire qu’elles ne se ma-

“nifesteront pas dans toutes les directions et

n’iront pas se compenser mutuellement. H. Spencer imagine à l’appui de cette objection l’exemple suivant, déjà cité par l’un de nous dans un autre ouvrage {.

Supposons que des ST OR habitent un pays au climat peu clément, hanté par de nombreux

fauves. « Ceux qui ont l’ouie la plus fine enten-

dront de plus loin l’arrivée du fauve, mais ceux qui ont la vue plus perçante ou l’odorat plus parfait seront avertis aussi tôt qu'il est temps de fuir. Et que leur servira de s’enfuir plus vite ? D’autres,

1. Yves Derage. L'Hérédité et les grands problèmes de la biologie générale, 2° édit., p. 406.

plus rapides à la course, quoique partis au dernier moment, n’en échapperont pas moins. Survient la neige et un froid rigoureux. Ces individus plus rapides ou doués de sens plus parfaits n’ont pas en même temps la toison la plus chaude ni l'instinct le plus sûr pour trouver un abri, et le climat déci- A mera ceux qu'une première sélection avait proté- 4 gés. Après le froid, la disette arrive. Ceux qui 4 avaient eu jusqu'ici l’avantage seront peut-être les

moins capables de trouver à s’alimenter ou de sur- 7 vivre à une alimentation insuffisante. » e

Ainsi, aucun individu ne possède, à cause des (2 avantages portant sur un seul caractère, de supé- # riorité réelle et complète qui garantisse son succès À dans toutes les phases de la lutte pour lexis- “<

tence : les avantages sont disséminés et compensés par les défauts. Ceci est un argument d’une valeur très réelle et montrant bien qu’il ne faut pas, dans 3 ces questions, chercher à trop simplifier les don- | nées du problème et raisonner à la façon mathé- | matique, en supposant toutes conditions égales d’ailleurs, ce qui ne peut être vrai, et encore, que dans une expérience bien organisée et conduite 14 avec toutes les précautions nécessaires et non dans- | un phénomène que nous observons tel quel dans la nature.

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