‹ Les théories de l'évolutionChapitre 26 sur 162 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

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La sélection naturelle après Darwin (Suite).

L'apparition des variations : leur foree numérique; la loi de Delbœuf. — L'accumulation des variations. — Leur nature; l'utilité et le degré de développement d'un caractère. — Le cou de la girafe et le fémur de la baleine. — Le développement excessif d’un caractère. Les papillons imitant les feuilles. — Les adaptations parallèles. — Les organes trop parfaits. — Analogie entre la sélection naturelle et la sélection artificielle. — Les critiques d'ordre secondaire. — Le véritable rôle de la sélection.

De ces objections concernant le mode d’action de la sélection naturelle, passons maintenant à deux autres, très importantes, parce qu’elles visent la base même sur laquelle cette sélection doït opérer : l’apparition des variations et leur transmission héréditaire. La première est celle-ci : les causes de variation étant plus faibles que les causes de fimité, celle-ci doit nécessairement l'emporter sur celle-là. Cet argument a été longuement discuté ailleurs, à propos de la loi de Delbœuf, mais

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4. L'Hérédité et Les grands problèmes de la biclogie générale, 2° édit. 1903, p. 398 et suiv.

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LA on NATURELLE APRÈS DARWIN 59

comme il s’agit là d’une question de toute importance, nous allons la reprendre ici. Ce qu’on appelle la loi de Delbœuf, c’est cette affirmation que quelque faible que soit le nombre des individus variés par rapport à celui des non-variés, le nombre des variés ira toujours en croissant et finira par dépasser celui des individus restés invariables. Cette affirmation se base sur le calcul suivant, Désignons par À la forme initiale d’une espèce, et par À +1, A Æ 2, etc., les individus, variés à différents degrés par rapport à un même caractère qu'ils présentent en plus ou en moins. Supposons aussi que, dans chaque génération, chaque individu donne naissance à n individus semblables à lui et à deux individus variés d’undegré, l’un dans lesens positif, l’autre dans le sens négatif. A la seconde génération, nous aurons donc :

nA + 1(A+L1)+1(A —1) ensuite, si nous prenonsla descendance de A + 1, par exemple, nous aurons dans cette toifétie génération :

Et, quel que soit le nombre de ces générations, les individus variés finiront toujours par l'emporter sur les non variés. En effet, le rapport entre les variés et les non variés est, au début, de 2/n ; si les deux variés (A + 1) et les n non variés ne produisaient que des individus semblables à eux-mêmes, ce rapport persisterait ; mais il n’en est pas ainsi.

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Considérons, en effet, séparément la PS des non-variés et celle des variés. Si, à une génération donnée, le nombre des non-variés est # et celui des variés 2, les n non-variés donneront, d’après l'hypothèse de Delbœuf, n? individus semblables à eux-mêmes et 2>x<n individus différents

d'eux qui iront grossir le nombre des variés. Au À | contraire, les 2 variés, après avoir donné 2%xXn jindividus semblables à eux-mêmes, qui resteront dans la catégorie des variés, donneront seulement 2%X2 d'individus variés par rapport à eux. De ces

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