LS INTRODUCTION
D hodes et les généralisations p-opres à l’étude de la
nature inorganique. La tâche était difficile, d'autant plus difficile que l'insuffisance des connaissances acquises et la complexité plus grande du problème là où il s’agit d’être vivants étaient loin de constituer le plus grand obstacle : la nouvelle tendance voyait se dresser devani elle toute la puissance des préjugés, des idées profondément enracinées et de l'inertie intellectuelle. Les représentants de la tradition religieuse et les autorités reconnues de la science se coalisaient pour la combattre, car elle renversait toutes les idoles que, pendant des siècles, l'humanité avait appris à vénérer.
C’est ici, dans l’étude de la vie, que s’est développée l’idée de l’évolution au sens strict, c’est-àdire d’un processus dont les différents stades ne sont pas seulement rattachés par un lien de causalité, mais présentent une série ininterrompue et irréversible, dans laquelle un retour en arrière, une répétition exacte de ce qui est devenu du passé est impossible. C’est dans ce sens que nous parlons de l’évolution d’un être vivant au cours de son développement embryonnaire (et c’est même à ce développement que ce terme a été appliqué tout d’abord),
. et c’est dans ce sens aussi que nous parlons de
l’histoire de tous les êtres vivants pris dans leur ensemble. Ici, l’idée de l’évolution devient l’idée de la descendance de toutes les formes organiques les unes des autres, celles plus compliquées se développant des plus simples, et ainsi à travers toute l’histoire du monde organique, en remontant jus-
qu’à l’origine même de la vie. C’est l’idée transformiste, la seule qui nous apparaisse maintenant comme capable de fournir une réponse satisfaisante à la question de l’origine des êtres vivants qui peuplent la terre. Que les espèces soient nées les un e£ des autres, ce n’est pas là seulement une déduction qui s’appuie sur des faits, car les faits peuvent être contestés et surtout interprétés d’une façon différente, mais une notion qui s'impose à notre esprit comme la seule acceptable, dès le moment où nous avons abandonné la théorie de la création surnaturelle.
Après avoir, enfin, conquis son droit de cité dans la question de l’origine des espèces animales et végétales, la pensée évolutionniste se vit conduite à faire un nouveau pas en avant et à se préoccuper de l’origine de homme. Dans les conceptions du sauvage primitif, l'homme ne se sépare pas du reste de la nature : tout est envisagé au point de vue humain, la nature est peuplée d’êtres semblables à l’homme et menant une vie analogue à la sienne ; l’origine de l'humanité n’est donc pas plus mystérieuse que celle de toute la nature. Plus tard, les conceptions religieuses plus raffinées et les 5hilosophies métaphysiques creusent un abime entre eux; les destinées de l’homme sont élevées bien an déstus des phénomènes de la nature, hors de l’atteinte des sciences qui s’occupent de PRET. Cet abîime n’arrive à être comblé qu’au moment où la pensée transformiste moderne se voit obligée d'appliquer ses déductions à l’homme, d’englober