‹ Les théories de l'évolutionChapitre 31 sur 162 · FR ENTRE · texte numérisé non relu

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sultat. Et il serait, à plus forte raison, tout à fait

nt Et comme les baleines proviennent des Lo mammifères terrestres, il a dû se produire chez elles une réduction graduelle des membres. Cette ie

réduction a-t-elle eu pour cause la sélection natu-

relle? A-t-il été, aux différents stades de cette évolution, utile pour l'animal que les os devenus sans usage se réduisent? C’est possible, si nous supposons qu’il en résultait une économie de nourriture. Or, dit Spencer, lorsque l'ancêtre terrestre de la baleine évoluait pour devenir cette dernière, il y avait un accroissement énorme de la masse du | corps, supposant un excès habituel de nourriture.

Dans l'embryon comme dans l’animal en voie de

croissance, il a dû y avoir pléthore chronique. Pourquoi donc ces parties inutiles n’ont-elles pas profité de l'excès de matériaux nutritifs? Et d'ailleurs, à supposer même que l’économie de nourri- (€ ture était devenue nécessaire à un moment donné, cet avantage ne pouvait être sensible que dans les premiers stades de cette réduction progressive. AcC- 4 tuellement, le fémur de la baleine pèse À once; quel avantage peut avoir l'individu chez quiilest réduit à ce poids sur un autre chez qui il pesait

un peu plus, 2 onces par exemple? Il suffit de

penser combien petite, en regard de la masse totale du corps, pouvait être ici l’économie possible de nourriture, pour voir que la sélection naturelle n’a pas pu produire, à elle seule, ce ré-

absurde de supposer que ce minime avantage n°

; À sa skcecrion NATURELLE APRÈS DARWIN LS puisse devenir pour l'animal une question de vie et de mort. H. Spencer en conclut que seule la perte de l’usage de l'organe et la transmission héréditaire de la régression consécutive peutent fournir une interprétation raisonnable du phénomènef.

A cette objection s’en rattache étroitement une autre, déjà formulée au temps de Darwin. Certains caractères ne peuvent être utiles à l'individu et donner prise à la sélection quelorsqu'ils sont complètement développés, ou, au moins, ont atteint un certain degré. Ainsi, il ne servirait à rien à un animal vivant dans les glaces polaires d’avoir une petite tache blanche ou un pelage un peu plus clair : pour pouvoir vraiment se dissimuler, il faut qu’il soit complètement blanc. Il en est ainsi dans tous les cas de coloration protectrice et de mimétisme : les premiers stades, où la ressemblance n'existe pas encore, ne peuvent rendre aucun service’ à l'animal. Kellogg dit que ses observations sur les insectes confirment cette manière de voir. Il a eu pendant longtemps à s’occuper de deux papillons américains : l’Anosia plexippus, qui porte aussi le - nom de Monarque, et le Basilarchia archippus, ‘ qu’on appelle Vice-Roi. Le premier de ces papillons à un goût désagréable pour les oiseaux qui, après l’avoir saisi une fois, le rejettent et ne s’attaquent plus à aucun papillon qui le leur rappelle. Les deux papillons appartiennent à des groupes

1. À rejoinder to professor Weismann. (Contemporary Review, déc. 1893 ; tirage à part, p. 24-26.)

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