Vorträge über Descendenztheorie, 1, ch. xl
: ao SENS un SEXUELLE : dans s la deuxième que dans la première génération.
Nous avons vu que Darwin lui-même est loin de prendre l'inégalité numérique originelle entre les sexes pour base de ses déductions et qu’il fait plutôt
intervenir une inégalité numérique créée par des ee
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conditions temporaires. Que la solution donnéepar
lui soit satisfaisante ou non, cette objection n’en porte pas moins à faux. Ç On pourrait, il est vrai, supposer, dit-on encore, que les mâles pourvus de caractères ornementaux sont, en même temps, plus vigoureux et produisent une descendance plus nombreuse ou plus résistante, mais une pareille corrélation n’a pas été .observée et cette supposition serait arbitraire. À supposer même que, pour une raison Ou pour . une autre, les résultats de la sélection sexuelle arrivent à se maintenir et que tous les mâles qui sont dépourvus de caractères d’ornementation soient réellement éliminés par les femelles au moment de la reproduction, ce serait là, disent ceux qui font valoir cet argument, un processus non seulement inutile, mais même nuisible au point de vue du bien de l'espèce; il devrait alors tomber sous l’action de la sélection naturelle et disparaître. Le fait de la sélection par les femelles n’a pas été constaté expérimentalement, disent d’autres. Darwin a accepté par avance cette critique. Il donne de nombreux exemples des efforts du
mâle à séduire la femelle, mais très peu où l'on
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voie directement le choix exercé par cette dernière. Aussi conclut-il à sa réalité pour des raisons d’ordre général : on sait que les animaux distinguent les couleurs, les sons, les odeurs ; on peut donc leur supposer des préférences, des rudiments de goûts esthétiques, d'autant plus que ces derniers ont bien dû se développer graduellement pour devenir ce qu'ils sont chez l’homme. C’est certainement très vrai, mais il est vrai aussi que nous nous exposons à des erreurs nombreuses en attribuant aux ani-
maux, surtout aux animauxinférieurs, un sentiment
esthétique analogue au nôtre.Chez certains (les araignées par exemple), la vue est même trop imparfaite pour saisir les différences dont il s’agit. Certaines
manifestations des mâles, telles que les danses des
LE
insectes, qu’on attribue à la sélection sexuelle, se
passent dans des conditions où elles ne peuvent produire aucune impression sur les femelles : le tourbillon dansant est composé exclusivement de mâles, sans aucune femelle dans le voisinage. Et lorsque les oiseaux chantent, la voix d’un mâle qui se trouve plus près peut parfaitement paraitre à la femelle plus forte, sans qu’il soit véritablement meilleur chanteur!.
Les caractères ornementaux ne sont pas d’ailleurs toujours limités à un sexe; c’est bien le cas le plus fréquent, mais non pas une règle absolue, et la théorie ne nous explique qu’avec peine les exemples où les deux sexes possèdent ces caractères au
1. Ces deux derniers exemples sont mis en avant par V. L. Kellogg, Darwinism to-day, p. 115.
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Hi LA SÉLECTION SEXUELLE | 93
même titre, ou même les femelles plus que les
mâles. Mais ce qui parle surtout contre elle, ce sont
les couleurs vives des mâles pendant la saison de la
reproduction chez les animaux tels que les pois-
sons, où la fécondation est externe et la femelle
pond les œufs dans l’eau, sans jamais voir le mâle
qui viendra les féconder. Ici, il ne peut évidem-
ment être question d'aucune sélection, et si on
réussit à trouver une explication différente de ces faits, elle sera peut-être également valable pour
tous les autres, et la théorie de la sélection sexuelle |
deviendra inutile.
Certaines expériences, faites sur des insectes, |
fournissent également contre elle des arguments À
intéressants. Ainsi, Mayer et Soule colorent artificiellement les ailes des mâles d’un papillon, Porthetria dispar, et le changement de coloration ne produit aucune différence dans l'attitude des femelles; par contre, elles se montrent sensibles à la présence ou l'absence d’ailes et opposent une certaine résistance aux mâles auxquels les ailes ont été arrachées!. Le caractère ornemental reste donc en dehors de l’action de la sélection sexuelle qui s’exerce sur un caractère (la présence d’ailes) dont personne ne lui attribue l’origine. Mayer a fait une autre expérience curieuse, plus décisive encore peut-être : chez un autre papillon (Callosamia promethea), où le mâle possède une coloration noirâtre et la femelle est rouge-brun, il