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‘suite qu’à se dépouiller de son enveloppe et grandir, la théorie opposée de l’épigenèse, tout cela n’a plus pour nous qu’un intérêt historique. Il faut pourtant avouer que les idées actuelles ne sont pas si entièrement étrangères à ces vues jurannées, et que dans certaines théories de l’hérédité en vogue aujourd'hui on constate un état d'esprit incontestablement parent de celui des anciens « évolutionnistes «. Weismann ne dit-il pas lui-même que, parmi les anciennes écoles, c’est au sein de cette dernière qu’il trouverait les premiers protagonistes de ses doctrines ?
Quoi qu’il en soit, actuellement la clef de l’hérédité ne peut être cherchée que dans une certaine conception de la matière vivante constituant la cellule, du protoplasma. Ses propriétés, héréditaires ou non, doivent nécessairement résulter de sa constitution physico-chimique. Mais la chimie des albuminoïdes et les propriétés des corps colloïdes, dont l’étude se développe de plus en plus et semble devoir nous donner certaines explications des phénomènes observés dans la cellule vivante, ne sont que très imparfaitement connues
encore. Nous avons, d’une part, les molécules chi- .
miques, d’autre part, des organes déjà compliqués que l'étude histologique nous montre dans la cel- Jule; mais quel est le groupement des molécules et iquel est l’arrangement spécial qui distingue le
complexe d’albuminoïdes qui constitue la sub--
stance vivante de cette même substance lorsqu'elle est morte? Qu'est-ce qui, dans la constitution du
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protoplasma, détermine son caractère de vie? Là, à nous sommes entièrement réduits aux hypoliésent Elles ne sont pas directement vérifiables et ne peu” vent être jugées par nous qu’à ce point de vue seul : telle concention donne-t-elle une explication vraisemblable des différents PheRer vilaux:
ontogénèse, hérédité, variation, etc.? Ces hypo- “ thèses sont nécessaires, car nous ne pouvons nous « résigner à n’avoir aucune idée sur ces questions » qui noue passionnent plus que toutes les autres. De | plus, seule une hypothèse qui guide le chercheur : peüt faire avancer l’étude de ce problème; c’est elle qui éclaircira les faits particuliers, les mettra M en valeur et montrera la direction à suivre pre 4 loin.
Cependant, à l'hypothèse aussi nous devons poser certaines conditions. Sans parler de cette condition essentielle, qu'il faut qu’elle ne contredise Rs fait connu, elle doit n’être pas trop artificiellement bâtie et ne pas multiplier à l'infini le nombre des « suppositions arbitraires. Elle ne doit pas permettre de se contenter d’une solution imaginaire là où, dans l’état des connaissances, il est du devoir d'un savant de rester sur le terrain des faits positifs. Il y a des hypothèses auxiliaires indispensables et des généralisations vivifiantes ; telle est la grande idée fondamentale de la bidloié : la conception méca- k nisie, physico-chimique de la vie, qui stimule les « recherches dans toutes les directions, et ilyena « d’autres (comme telles théories de l’hérédité que . nous aurons l’occasion d'examiner) qui donnent
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Mer pra LES THÉORIES DE L'HÉRÉDITÉ 101
une satisfaction trop facile à notre esprit, qui em-
brassent tout, expliquent tout et, si une difficulté se présente, la résolvent en construisant à chaque pas une nouvelle hypothèse adjuvante.
La grande majorité des théories créées en vue d’une explication des phénomènes de la vie, et par conséquent de l’hérédité, repose sur cette supposition qu'entre les molécuies chimiques et les organes de la cellule visibles au microscope il se place encore une catégorie d'unités : des particules protoplasmiques initiales qui, par leurs caractères et leur mode de groupement déterminent les diverses propriétés de la matière vivante.
Cette idée, bien qu’elle ne soit pas entièrement nouvelle et qu’on puisse la faire remonter jusqu’à
Buffon, avec ses particules immortelles se dissociant :
après la mort, mais pouvant reformer de nouvelles combinaisons vivantes, triomphe actuellement dans les doctrines les plus en vogue et semble trouver un argument en sa faveur dans les recherches, déjà anciennes, de Mendel sur lesquelles l’attention des savants à été récemment attirée. | Les partisans de cette sorte de théories ne règnent cependant pas sans partage, bien qu'ils soient de beaucoup les plus nombreux : certains naturalistes pensent, au contraire, que la forme du corps et les propriétés de ses différentes parties ne dépendent pas d’une fraction quelconque de la cellule qui lui à donné naissance, mais du tout, et qu’elles résultent du jeu et de la lutte réciproque de tous les éléments. cellules, tissus, organes, qui vivent cha-
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cun leur vie propre et arrivent à la fin à LORS ce É tout qui paraît être la manifestation d’une harmonie , préétablie et qui n’esten réalité qu’une résultante de. phénomènes indépendants. Leurs conceptions re-, montent assez loin, jusqu’à Descartes, mais elles se sont si profondément modifiées que rien, en « somme, ne subsiste des anciennes idées et qu’actuellement nous avons affaire, chez les « organicistes », représentants de cette tendance, à des théories toutes modernes.
Commençons par la première catégorie de sys- . tèmes. Ils ont été longuement décrits, sous le nom de théories microméristes, dans un travail précé-. dent, beaucoup plus détaillé et que nous avons « déjà eu l’occasion de citer. Ici, où nous ne traitons pas spécialement des questions d’hérédité, nous ne : pouvons qu'indiquer les représentants les plus « typiques et les plus influents de ces théories. |
En opérant un classement parmi ces théories, » nous voyons tout d’abord que certaines consi- \ dèrent les particules hypothétiques du protoplasma comme identiques entre elles, les mêmes pour tous les organes et toutes les parties d’un même organisme; les différences ne résultent, que du. mode d’agencement, des forces attractives agissantes, du mode de mouvement de ces parti-… cules. Voici, par exemple, comment se figure les . choses Spencer qui formula le premier une théorie w
1. Yves DeLaGe, L'hérédité et les grands problèmes de la biologie générale. L
Fa) | nes mm THÉORIES DE Ana fE 103 | basée sur les particules protonlasmieues et peut, à juste titre, être considéré comme l’initiateur, le père de cette idée qui s’est montrée si féconde par la suite.
Spencer donne aux plus petites particules de la matière vivante le nom d'unités physiologiques.
Ces unités seraient d’un ordre intermédiaire entre
les unités chimiques (molécules) et les unités morphologiques (cellules); elles seraient composées de molécules et elles-mêmes constitueraient les cel- Jules. La forme de l’organisme résulterait de leur arrangement, et celui-ci tiendrait à la forme des particules elles-mêmes : Spencer admet autant de catégories de ces unités élémentaires qu’il y a de races d’êtres vivants, chacune de ces catégories fournissant une forme donnée d’organisme.
Pour mieux faire comprendre leurs propriétés, Spencer compare les unités physiologiques aux substances cristalloïdes. Comme ces dernières, elles seraient douées de polarité, et, de même que les molécules chimiques d’une substance cristalloïde se groupent toujours en un cristal de forme définie (cube, prisme, rhomboèdre, etc.) de mème les unités physiologiques se grouperaient toujours de façon à constituer un organisme d’une forme qui peut être très compliquée, mais qui est tou-
jours la même pour un être d’une espèce don-
née. Du seul jeu de cette polarité, chaque unité serait forcée de prendre la forme de l’espèce à laquelle elle appartient : un oiseau aurait des
plumes, un bec, des organes internes de telle forme,
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