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ra
guide pour la conduite humaine si on renonçait à la conception spiritualiste ?
Il était naturel que la victoire de l’idée évolu-
tionniste fût ici plus difficile que dans tous les
autres domaines. Est-elle, d’ailleurs, complète, même maintenant ? Partout où il s’agit des questions qui touchent de près à l’existence de l’homme,
à ses besoins matériels et moraux, cette idée, en-
core de nos jours, se fraye son chemin à grand’'peine. En psychologie, en morale, nous nous heurtons
toujours à des conceptions spiritualistes, à des
tendances héritées de la philosophie métaphysique.
Ilen est de même dans les sciences sociales, dans l'histoire, le droit, l’économie politique, et les
questions pratiques qui s’y rattachent : là, on est obligé partout de combattre des points de vue surannés, dérivant des méthodes de pensée depuis longtemps rejetées hors des sciences naturelles.
Et, cependant, la marche de l’idée évolutionniste ne s'arrête pas et, là aussi, elle est sûre de rem-
porter la victoire, comme elle l’a remportée dans ses combats successifs du passé. Les obstacles sont ici infiniment plus nombreux encore que partout ailleurs : on a à lutter non seulement contre le
poser la question heurtait toutes les idées reçues,
toutes les conceptions qui paraissaient non seulement indiscutables, mais nécessaires même pour que l’homme fût vraiment l’homme. Que devenait, en effet, si l’on acceptait le nouveau point de vue, l'idée de libre arbitre, base soi-disant indispen- sable de toute morale? Et où chercherait-on un
à | INTRODUCTION 7 :JÈR À ‘défaut naturel d’audace dans la pensée, mais aussi … > contre la résistance consciente de ceux qui tiennent » 1 à s’opposer à la marche progressive de l'humanité. ! De plus, l'application ferme et logique des notions de causalité et d'évolution à des connaissances qui sont encore toutes jeunes et peu élaborées, offr2 par elle-même beaucoup de difficultés : l'esprit humain est depuis trop peu de temps en posses- Le sion de ces notions pour savoir les manier sans # hésiter.
0) Il n’entre pas dans notre tâche, d’ailleurs, de - parler de ces questions dans lesquelles l’applica- | tion de la méthode évolutionniste est encore presque tout entière dans l’avenir. Nous avons simple-
. ment tenu à les indiquer, pour marquer la portée :
4 immense de l’idée de l’évolution. C’est aux sciences | naturelles que la pensée humaine en est redevable;
même les sciences exactes n’auraient pu donner naissance à cette idée et lui assurer le triomphe. C’est dans le domaine des sciences naturelles, son
x domaine propre, que nous l’envisagerons dans les ; chapitres suivants. Ici, elle règne de nos Jours sans 1 conteste, et les seules questions qui se posent, les
seuls points en discussion ont trait aux voies et moyens de l’évolution des êtres vivants, aux facieurs ayant présidé aux transformations st sives des espèces.
jamais, en effet, la philosophie transcendante, ni
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