CHAPITRE IX
Les théories de Weismann.
Les deux sortes de protoplasma ; le plasma germinalif. —
* La constitution du noyau; ides, idantes, déterminants, biophores. — La différenciation ontogénétique. — La dissociation des déterminants et la sortie des biophores du noyau. — La continuité du plasma germinatif. — La ressemblance héréditaire. — Les déterminants de réserve.
Ce qu’on a appelé la doctrine weismannienne est
un édifice très vaste et très compliqué, comprenant des théories qui se tiennent et constituent un tout harmonique, capable de répondre à toutes les grandes questions biologiques : hérédité, variation, reproduction sexuelle, adaptation, évolution phylo-
génétique, régénération, etc. Son système n’a pas été créé en une seule fois ni tout d’une pièce :ila
subi des modifications variées et profondes à mesure que se développait, sur un espace de plus de vingt ans, la pensée de son auteur. Le lecteur
pourra trouver dans le travail que nous avons déjà
cité l'exposé détaillé et en quelque sorte histo-
du Yves Derace. L'hérédite et les grands pros de la
biologie générale.
. . . le: e | | Ë ES rique des différentes vues de Weismann; ici, où la
place est limitée, nous ne pouvons suivre ainsi sa pensée. Nous n’exposerons donc la théorie weismannienne que dans sa forme actuelle, telle qu’elle apparaît, par exemple, dans le dernier travail
d'ensemble de Weismann, dans les Vorträge über :
Descendenztheorie, parus en 1902 et constituant, comme l'auteur le dit lui-même, une espèce de récapitulation de son œuvre scientifique. Au moment où ie système était exposé dans l’Hérédité, l’auteur de ce dernier livre a pu dire que « la théorie a traversé une période de formation, une de perfectionnements et atteint son apogée; nous allons voir qu’elle donne maintenant quelques signes de déclin ». Ces signes, c’étaient certaines restrictions et certaines concessions importantes qui, à ce moment déjà, venaient entamer ses bases mêmes et rompre son harmonie. Nous pouvons dire maintenant que cette appréciation s’est complètement vérifiée par la suite. Mais exposons d’abord ce qu’il y a dans ce système de fondamental, de constant et d’immuable.
in part de la notion introduite par Nægeli des deux sortes de protoplasmas : le morphoplasma (plasma nutritif de Nægeli) et l’idioplasma. Le premier joue un rôle subordonné : il peut se nourrir, s’accroître, se diviser, mais ne peut subir par luimême aucune modification qualitative. Le cytoplasma de la cellule est formé par lui. Le second, au contraire, est la substance importante qui, d’une part, constitue la « substance héréditaire » et, de
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