‹ Les théories de l'évolutionChapitre 66 sur 162 · + + ST · texte numérisé non relu

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que les autres); mais le reste ne se comprend pas

sans l’aide d’un autre facteur, la sélection germinale. Un être qui avait l'organe moins développé de naissance aura dans son plasma germinatif les

… déterminants correspondants un peu plus faibles.

Étant plus faibles, ils attireront moins la nourriture qui ira à leurs voisins; à la génération suivante ils se retrouveront plus faibles encore, et ainsi de suite jusqu’à la disparition complète de l'organe. Ainsi, la panmixie a été une condition préliminaire indispensable de cette décadence; la lutte pour la nourriture entre déterminants a fait le reste.

La sélection germinale vient, dit l’auteur de la théorie, prendre place à la base de la sélection naturélle et montrer comment la conception des

déterminants devient nécessaire à cette dernière.

La grande idée de la sélection doit être étendue à tous les degrés des unités vivantes; la lutte pour l'existence, c’est-à-dire pour la nourriture et la reproduction, se poursuit depuis les biophores hynothétiques jusqu'aux individus et même aux ligaées entières. Mais les trois stades principaux de la sélection sont : 1° Sélection entre individus (sélection de Darwin et Wallace); 2° Sélection histonale (lutte des parties de Roux), et, enfin, 3° Sélection germinale, formant la base de\tout et étant la dernière conséquence de l’application de la loi de Malthus à la nature vivante. « Cette application du principe de la sélection à tous les degrés des unités vivantes, dit à ce sujet Weis-

” sniié

LA SÉLECTION CERMINALE 119

mann dans son dernier livre {, est le noyau même Ale mes opinions. »

Telle est cette dernière théorie de Weismapn, proposée, comme il le dit lui-même, pour remédier à la faiblesse du sélectionnisme exclusif. Quel est le jugement que nous devons porter sur elle? On ne peut manquer de s’apercevoir des nombreuses concessions qu’elle fait aux idées non darwiniennes. C’est, d’abord et surtout, une théorie d’orthogénèse, mettant en avant, au premier plan, la direction définie du développement. Nous aurons par la suite à nous occuper des théories orthogénétiques; celle de Weismann est peut-être une des mieux fondées d’entre elles, car elle donne une explication, hypothétique, il est vrai, comme sont hypothétiques les déterminants eux-mêmes, de ces variations définies. C’est un essai d’explication causale et mécanique de l’orthogénèse. La théorie de la sélection germinale prétend expliquer pourquoi les variations utiles apparaissent toujours; en réalité, elle explique seulement pourquoi elles s’accentuent une fois apparues. Elle va même plus loin, et elle explique aussi bien pourquoi n'importe quelle variation (à moins d’être si nuisible que l’organisme doit en périr), peut se développer. Dans ce sens, elle va mème à l’er contre du but poursuivi.

On y voit en même temps les influences extérieures, soigneusement éliminées dans les pre-

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