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190 LES THÉORIES DE L'ÉVOLUTION rh È 4
l’hérédité des caractères acquis se maintient malgré toutes les critiques et la question semble loin encore d’être tranchée.
La discussion porte en somme sur deux questions bien distinctes : d’une part, la réalité et l’interprétation exacte des faits cités par les néo-lamarckiens comme preuve de l’hérédité des modifications acquises ; d'autre part, la possibilité ou l’impossibilité de cette transmission héréditaire, c’est-à-dire l'existence ou non d’un mécanisme par lequel une modification survenue sous l'influence du milieu extérieur ou comme réaction à ce milieu, dans une partie du corps, puisse être transmise aux cellules germinales et réapparaitre sous la même forme dans leur produit. Voyons d’abord la discussion des
faits et expériences. | Cette discussion, avec toutes les critiques et
toutes les polémiques qu’elle a soulevées a conduit à mieux définir ce qu’on entend par caractères innés et acquis et à mieux distinguer les différents cas de transmission et de non-transmission. C’est là
un grand mérite de Weismann, d’avoir, par ses
critiques, provoqué un examen plus approfondi de la question et un contrôle plus sévère des faits. Par caractère acquis, il faudrait entendre un caractère qui, chez un individu, est non seulement nouveau par rapport à ses parents (car toutes les variations innées seraient dans ce Cas), mais qui ne tient ni à l’œuf ni au spermatozoïde. On peut, d’autre part, donner à ces mots un sens beaucoup
plus large, comme le fait Montgomery, par exem-
plei, où un sens beaucoup plus restreint, comme le fait Weismann.
La question est mal posée, dit Montgomery. Il
faut demander non pas : « les caractères acquis -
sont-ils héréditaires ? » mais : « quels sont, parmi les caractères acquis, ceux qui sont héréditaires ? » « Dans tous les faits de la transformation des espèces, à chaque stade des changements subis par elles au cours de leur existence, nous avons des exemples incontestables de la transmission héréditaire des caractères acquis au cours de l’histoire de la race. Car chaque pas en avant dans cette transformation est un nouveau caractère qui a été acquis. » De deux choses l’une : ou bien nous devons supposer que tout le développement des êtres a été prédéterminé dès le début par la nature du plasma germinatif ancestral, de sorte que la phylogénèse n’a été que la réalisation de ce plan primitif, et alors nous admettrons que les variations apparaissent dans le plasma germinatif automatiquement; ou bien ces variations sont « l’expression des énergies du plasma germinatif combinées avec les influences du milieu. » C’est à cette dernière solution que nous devons nous arrêter, car d'une part le plasma germinatif n’est pas isolé, anatomiquement et physiologiquement, du reste de l’organisme, et, d'autre part, admettre la possibilité de variations sans cause serait aussi