LA LA
absurde que d’admettre la génération spontanée.
Toutes les variations sont donc acquises, et il n’y
a pas de raison pour réserver ce nom à celles-là seules qui apparaissent à une période plus ou moins tardive de l’existence et dont l'apparition a lieu sous nos yeux.
Un autre auteur néo-lamarckien, Le Dantec, donne, de son côté, une définition des caractères acquis qui semble rendre inutile toute discussion au sujet de leur transmission héréditaire. « Il faut réserver, dit-il, le nom de caractères acquis aux modifications définitives, à celles qui ne disparaissent pas avec la cause qui les a produites. C’est seulement pour ces caractères véritablement acquis que se pose la question de savoir s’ils sont susceptibles d’être transmis héréditairement. » Ces caractères véritablement acquis ne restent jamais purement locaux, car « l’organisme ne peut éprouver que des modifications d’ensemble » et toute influence locale provoque nécessairement un trouble dans l'équilibre général, trouble qui s'étend jusqu'aux éléments reproducteurs et, par conséquent, jusqu'aux êtres futurs auxquels ils donneront naissance. La modification acquise est ainsi nécessairement « inscrite au patrimoine héréditaire » et, par conséquent, transmise.
Comment expliquer, pourtant, ce fait qu'il existe des modifications acquises purement locales et non transmissibles, telles que les mutilations? Le Dantec s'efforce de sortir de cette difficulté à l'aide du
raisonnement suivant. Supposons qu’on coupe le bras à un homme. « Il pourrait donc y avoir, chez l'homme, un caractère acquis réellement local ? » « Pas le moins du monde, si l’on y réfléchit bien » … et il nous explique que ce qui est cause de la nouvelle forme prise par l’organisme après l’ablation du bras, ce n’est pas l’acte de celte ablation même, mais la forme qu’a acquise après cet acte le squelette. Or, cette forme persiste. « Si donc la propriété d’être manchot est un caractère local, ce n’est pas un caractère acquis au sens que nous avons défini plus haut. Nous appelions, en effet, caractère acquis un caractère réalisé par l'influence directe d’une cause étrangère à l’homme et persistant après que cette cause a cessé d’agir; or, dans l’homme manchot, la cause de la mutilation persiste; c’est l’ablation du squelette du bras. On ne peut donc pas dire qu’en devenant manchot, l'homme a acquis un caractère local. » D’une façon générale, continue Le Dantec, « nous ne pouvons plus concevoir qu’un caractère soit réellement acquis s’il n’est pas inscrit dans le patrimoine héréditaire », autrement dit s’il n’est pas transmissiblet..
La différence entre la manière de voir habituelle et celle de Le Dantec, est celle-ci. La cause de l’état du manchot est, pour le commun des mortels, le coup de hache qui à supprimé le segment inférieur du membre, et l'effet est l'absence de ce