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rable et que ce qu'il faut comparer, ce n’est pas la reproduction d’un protozoaire à celle d’un métazoaire, mais la division d’un organisme unicellulaire à celle de l’œuf de l'organisme pluricellulaire. Chez ce dernier, d’une génération à l’autre il y a une multitude de divisions cellulaires, et non pas une seule comme chez l’unicellulaire, et il se peut qu’au cours de l’ontogénèse une modification soit transmise, à partir de l’ovule, à un grand nombre de générations de cellules, mais qu’elle arrive à se perdre avant d’atteindre au terme du développement. De cette façon, une modification peut parfaitement être héréditaire et transmise, de même que chez les bactéries, bien que nous n’en apercevions pas de traces dans l’organisme adulte.
Ces restrictions et ces réserves rendent la discussion des exemples cités à l’appui de la thèse de la transmissibilité extrêmement difficile et confuse. En somme, ses adversaires systématiques déclarent, toutes les fois que la transmission d’un caractère est prouvée, que ce caractère n’est pas un « véritable » caractère acquis, et ne considèrent comme exemples probants que ceux où la transmission d’un caractère ne peut pas être prouvée et où on peut le supposer inné. Et c’est peut-être cette difficulté de satisfaire à toutes les conditions exigées qui est la raison de ce fait étrange que, loin
d’être innombrables, comme on pourrait s’y attendre si la théorie lamarckienne est juste, les exemples : cités en sa faveur par les différents auteurs st : relativement peu nombreux et toujours les mêmes.
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4 RICE AL PEN bus. PAUVRE , : « VARIE NE ve ; deg Ni, 200 LES THÉORIES DE L'ÉVOLUTION
Les partisans de l'hérédité des caractères acquis
citent des cas qui peuvent être expliqués par leur hypothèse; leurs adversaires en citent d’autres qui peuvent l'être également par la leur. Il faut aussi remarquer que ce qui rend également la discussion et la preuve difficiles, c’est que les uns et les autres doivent prouver une négative : les néo-lamarckiens, que telle modification ne peut pas être l’œuvre de la sélection naturelle; les néo-darwiniens, qu’elle ne peut pas, au contraire, être produite par la transmission héréditaire des caractères acquis. Or, on sait à quel point il est difficile de prouver une proposition négative.
Spencer, qui a toujours considéré l’hérédité des caractères acquis comme aussi incontestable que toute autre transmission héréditaire de caractères de la race ou de la famille, indique dans ses Principes de Biologie !, une de ses œuvres les plus anciennes (1864), la raison suivante, tenant non pas au mode de Ïa discussion, mais à la nature des phénomènes eux-mêmes, pour laquelle les exemples de cette hérédité qui devraient être si nombreux, ne sont en réalité qu’en petit nombre. Les
changements dans le volume des parties dus à.
l'usage ou au non-usage, dit-il, sont généralement peu apparents. Quand un muscle a augmenté de volume, on ne le voit guère généralement, à moins que l’exagération du volume ne soit excessive. On ne voit pas non plus les modifications produites
1. Principes de biologie, vol. 1, p. 296 et suiv. (Paris, 8° édition, trad. M. E. Cazelles, 1888.)
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sous l'influence du fonctionnement dans la distribution et le degré de développement des nerfs
ou dans la structure de quelque autre partie:
interne. Et s’il est difficile de constater ces changements sur l'individu même soumis à l'influence.
des conditions modificatrices, la difficulté est. encore bien plus grande pour son descendant où la modification peut facilement être masquée par:
d’autres, provenant d’autres conditions et d’autres habitudes, ou bien produite par la sélection naturelle ou artificielle. L’'hérédité des caractères acquis
est pour Spencer, comme nous l'avons vu, une: nécessité théorique et logique, de même que Fhy-
pothèse contraire l’est pour Weismann.
C’est entre ces deux esprits remarquables, entre-
Spencer et Weismann, que s’est poursuivie la polémique la plus précise, la plus vaste et la plus caractéristique au sujet de la question qui nous occupe{. La controverse a débuté par la critique, de la part de Spencer, du principe de la sélection naturelle comme unique facteur de l’évolution des espèces. Nous avons exposé, en parlant de cette question, les plus importantes de ses critiques. Ici
* nous ne nous OCCuperons que de ce qu’on pourrait