Sansox. L'Hérédite normale et pathologique
peau dans un pays sec, mais pendant plusieurs générations encore les moutons ont continué à souffrir de cette maladie, jusqu’à ce qu’on ait remplacé tous les individus malades par d’autres de la même race, mais n'ayant pas subi les mêmes influences. Un caractère acquis a bien été transmis, mais comme il s’agit là d’une maladie d’origine chimique (et peut-être microbienne), ce cas est passible de l’objection dont nous avons parié plus haut.
Un exemple classique, cité et discuté dans tous les écrits concernant cette question, est celui des cobayes de Brown-Séquard. Pendant de longues années (de 1869 à 1891) et expérimentant sur des milliers de cobayes, il déterminait chez eux, au moyen de certaines lésions nerveuses (hémisection transversale de la moelle épinière ou section du sciatique), une certaine forme d’épilepsie, et …l a observé des cas où les petits des parents ayant subi cette opération présentaient la même forme d’épilepsie. Ces expériences ont été depuis confirmées par certains, mises en doute et discutées par d’autres; Weismann leur a opposé précisément cette objection que l’épiiepsie peut être une maladie microbienne inoculée aux parents pendant l’opération et directement transmise par le germe. Il est vrai qe c’est là une supposition que nous n’avons aucun droit, pour le moment, d’avancer comme une certitude, mais on a fait d’autres objections encore, telles que la facilité avec laquelle les cobayes, en général, deviennent épileptiques (les
écoliate de Brown-Séquard pourraient ainsi n'être ds qu'une simple coïncidence) ou l’hypothèse de kB transmission d’une substance chimique. C’est cette dernière hypothèse que suggèrent Voisin et Péroni qui expliquent ces expériences par la production, dans l’épilepsie, d’une toxine qui vient influencer les cellules sexuelles. Quoi qu’il en soit, ces expériences très discutées doivent être considérées comme douteuses au point de vue des conclusions et ne constituent pas d’argument décisif dans la controverse qui nous intéresse.
Passons aux exemples dans lesquels certaines modifications incontestablement produites par une influence extérieure se retrouvent aussi incontestablement chez les descendants; tels sont les faits d'adaptation des plantes aux différents climats. On voit les rejetons de ces plantes présenter d’emblée les modifications que leurs ancêtres n’ont acquises que progressivement, en un grand nombre de générations ; tel est le cerisier qui, transporté à Ceylan, y devient un arbre à feuilles persistantes (exemple raconté par Detmer). Mais dans tous les cas semblables les causes modificatrices continuant à agir, il est impossible de déterminer la part de l’hérédité dans la fixation des nouveaux caractères.
Il y a cependant d’autres cas où les plantes modifiées, retransportées dans le pays d’origine, conservent pendant quelques générations les carac-